Jaguar XJR15 : De la piste à la route…



Jaguar et TWR, c’est une longue histoire d’amour, commencée dans les 80’s. En 88, les 2 partenaires s’associent officiellement et de cette union nait la marque JaguarSport. Son objectif ? La victoire du félin aux 24h du Mans, une gamme routière sportive et éventuellement, une supercar V12 qu’ils appelleront la XJR15.

C’est un sacré histoire que celle de la Jaguar XJR15. Comme je vous l’expliquais dans la magnifique intro (Mode jmelapete ON), Tom Walkinshaw commence à booster des Jaguar pour la compétition en 1982 avec le coupé XJS et lui offre le titre 1984 en ETCC. C’est cette même année que TWR décide de monter TWR Sport dont le but sera de commercialiser sa version de la XJ-S… la XJR-S.

En 88, TWR a déjà écoulé 1200 de ses versions ultimes, la plupart enAngleterre. Séduit par ce succès, Jaguar propose à Walkinshaw de renforcer cette collaboration. L’écossais accepte et JaguarSport voit ainsi le jour.


Rapidement, la berline XJ6 ouvre le bal. Elle reçoit un kit carrosserie plus que viril et à partir de 90, son 6 cylindres passe de 3,6 l à 4.0 l et fait un bond de 221 à 251 ch. A ses côtés, le coupé XJR-S et son V12 de 6.0 l pour 305 ch. La marque dynamise son image et cherche à séduire une clientèle plus jeune.

En parallèle, Jaguar et TWR s’alignent en endurance dans le très relevé championnat des voitures de sport, le Groupe C. Mais l’ambition Number One, c’est bien sûr la victoire au Mans qui finira par arriver en 1988 avec le proto XJR9LM puis en 90 avec la XJR12.

Bon, tout ça c’est bien. Les victoires, TWR et les sportives JaguarSport… on peut même rajouter l’arrivée de Ford qui rachète la marque en lui garantissant une sécurité financière bienvenue. Il va donc falloir valoriser tout cela et trouver un symbole.

Vous me voyez venir… pourquoi ne pas utiliser toute cette effervescence sportive pour la concrétiser sur la route à travers un modèle ? TWR sait faire des châssis, les moteurs sont dispo, reste plus qu’à trouver une robe et rendre le projet « bankable ». Un modèle commence donc à sortir des planches à dessins… et pour lui donner du crédit, Jaguar propose même à la FIA une formule monotype en ouverture des courses de F1.

Nous sommes en 90, en pleine ère des supercars, lancée quelques années auparavant par un duel mythique, celui de la Porsche 959 et de la Ferrari F40. La démesure bat son plein et Jaguar compte bien y apporter sa griffe (de félin !).

C’est donc là qu’intervient la JaguarSport XJR15. Presque 30 ans plus tard, on peut juger le projet totalement mégalo… Un challenge monotype, disputé en ouverture des 3 GP de F1 les plus prestigieux du calendrier, Monaco, Spa et Silverstone. Pour y accéder, il fallait bien sûr s’offrir une XJR15 pour 500.000 £. Ensuite, chaque victoire d’épreuve était récompensée par une prime de 46.000 £. Enfin, le champion empochait une prime d’1.000.000 de $ et une sculpture en argent ! Un peu glauque comme série…

Walkinshaw annonçait fièrement : « Avec cette formule monotype, nous offrons aux connaisseurs une opportunité de posséder une voiture de course à la valeur très élevée, et de les faire courir sur trois des circuits les plus mythiques. Pour le grand public, nous offrons un spectacle exceptionnel, avec pleins d’animations, et une chance pour les passionnés de sport mécanique de soutenir leurs héros passés, présents et futurs. » Ha ça se paluchait sérieux en 90 !


Pourtant… la XJR15 découle en droite ligne du projet « R9R », une évolution de la Jaguar victorieuse dans la Sarthe, la XJR9. Afin d’en garantir une côte élevée, il est prévue d’en fabriquer qu’une série limitée de quelques exemplaires seulement.

Le châssis est en carbone accompagné de liaisons en aluminium. Légèreté et rigidité. Amortisseurs Bilstein réglés sur « morceau de bois », fond plat pour l’effet de sol, freinage AP Racing, tout est issu de la compétition. Il reçoit en position central arrière, le V12 6.0 l victorieux au Mans qui développe 450 ch. Avec un peu plus d’une tonne sur la balance, elle se targue de dépasser les 300 km/h avec l’efficacité d’un Groupe C.

Finalement Jaguar et TWR ont vendu et fabriqué chacun des 50 exemplaires prévus. Sachant qu’à la base, la XJR15 n’a jamais été homologuée sur la route. Cela n’empêchera pas quelques propriétaires fortunés de le faire en homologation individuelle, principalement en Angleterre (Chez nous, vous pouvez oublier !). Son histoire, son palmarès, sa rareté, sa prétention, l’ont aujourd’hui élevés au rang d’icône, et chaque modèle s’échange aujourd’hui au dessus du Million de $…

Quelques années plus tard, elle verra débarquer sa descendante, la XJ220… mais ceci est une autre histoire, que je vous ai déjà raconté !

© Lemans15

© TheSUPERCARDRIVER

© SteveO 220  / Photos via signatures éventuelles


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