Engine sound : Matra MS de la 630 à la 670… Un V12 dans les Hunaudières !



Et les mecs ils pensent que c’est simple ! Vous parler de la lignée des Matra MS, alors que normalement, il faudrait faire un livre pour aborder le sujet (D’ailleurs, plusieurs l’ont déjà fait !) … Oui, mais non. Même si la Matra MS est ce qu’on peut considérer comme une légende du sport auto tricolore, et accessoirement, un orchestre philharmonique mécanique !

Voilà, le challenge est de vous accrocher, sans vous gonfler ! Puisque la Matra est l’une des caisses de course les plus emblématiques qu’il soit. Un palmarès qui la fera rentrer au Panthéon des gloires du sport auto.


Elle descend de la MS660, qui elle, descendait de la MS650… inspirée de la MS640… ainsi de suite jusqu’à la MS620, l’ainée de cette belle famille qui a vu le jour en 1966. L’objectif, accrocher la plus haute marche du podium dans la Sarthe car à l’époque, une victoire au Mans valait toutes les campagnes de pub. Surtout que l’année d’après, Matra fera également son entrée en F1 ! Y’avait de l’ambition chez Matra !

Pendant que les saisons s’enchainent en F1 avec des résultats en progression, qui aboutiront avec le titre 1969 constructeur et pilote grâce au talent de Jackie Stewart, c’est une autre histoire en endurance, ou du moins, plus compliqué que prévu.

La MS620 reçoit un BRM 1.9 l issu du 1.5 l qui aura permis à Hill de remporter le titre F1 en 62. Pourtant, avec 245 ch à 9000 trs pour 900 kg, elle reste un coup d’essai, histoire de voir comment ça se passe. La 630 garde les même entrailles mais change de robe… rien n’y fait… pas même le V8 de Ford GT40 et ses 400 ch qui viendront remplacer le BRM en fin de saison et au début de celle de 1968 ! 1ère course, 1er tour, 1er abandon… c’est mal barré…


L’édition du Mans fera rentrer la MS630 et son pilote dans la légende. Elle embarque aussi le V12 3.0 l maison. Si la F1 annonce 430 ch à 12000 trs, la MS se limite à 380 ch perchés à 9000 trs.  La course démarre avec à son volant Johnny Servoz-Gavin. Il s’arrête au stand dès la fin du 1er tour, ses essuie-glaces sont en panne et une petite pluie fine l’empêche de voir correctement. Son coéquipier, un certain Henry Pescarolo prend le volant, il va enchainer un relais de 2h, sans essuie-glaces, sous la pluie pour remonter à la 9ème place ! Servoz-Gavin reprend le volant, et s’arrête à nouveau au bout d’1h15, la pluie ayant redoublé. Pesca enchaine alors les relais, seul, de 5h du matin jusqu’à 10h30, où, remonté en 2ème place,  il va être victime d’un crevaison et d’un début d’incendie.

La 640 ne fera qu’une sortie… son développement prend du temps, du coup, la 630 se coltine les essais préliminaires du Mans. En avril, la 640 fait sa 1ère sortie sur le circuit du Mans loué par Matra pour l’occasion. L’aéro est travaillée… mais dans les Hunaudières, Pescarolo constate que la direction est bien légère… A Mulsanne, il prend la bosse et l’avant décolle, l’arrière se plaque au sol et la voiture s’envole ! Elle va tailler la cime des arbres, se désintégrer à l’atterrissage et Pesca s’en sort par miracle avec 2 vertèbres fracturées, de graves brulures et 6 mois d’arrêt ! La 640 est abandonnée et c’est une ribambelle de MS630, MS630-650 et MS650 qui s’aligneront au Mans. C’est cette dernière qui terminera 4ème. Nous sommes en 1969 (Oui, faut prendre des notes et suivre un peu !).

L’édition de 70 ne sera pas mieux… les 2 MS650 et la MS660 engagées abandonneront toutes à la 7h heure de course…! Ca devient long, mais à un moment, va quand même bien falloir que ça se termine bien ! Enfin, ce ne sera pas pour 71. Matra n’aligne qu’une seule MS660 qui abandonnera à la 18ème heure sur un problème d’injection. Elle pointait à la 4ème position !

Les perfs sont là, mais il manque la fiabilité pour confirmer… le soucis, c’est que dans une course de 24h, la fiabilité, c’est bien aussi ! Mais bon, vous pensez bien que si je vous mets la MS670 en avant, c’est que la consécration va arriver grâce à elle, en 1972. Matra aligne 3 MS670 et une MS660 C. Elle tiendra bon, et le duo Henry Pescarolo / Graham Hill montera sur la plus haute marche, juste devant la 670 de François Cevert et Howden Ganley. Rebelotte en 73 avec Pescarolo et Larrousse qui bouclent les 24h au volant de la MS670 B.

Dernière victoire en 74 à nouveau avec Pascarolo et Larrousse. Sachant qu’au passage, la 670 va dominer la discipline durant ses 2 années.

Au terme de la saison, Matra se  retire de la compétition en tant que constructeur et fournira des moteurs à Ligier de 76 à 78.

En attendant, la MS670 et ce V12 de 450 ch à 10500 trs, c’est du pur orgasme auditif…

© HistoricRacingHD

© Parrilla

© michel mallier / Photos via signatures éventuelles 


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