« The Street Fighters » : Mercedes 500E vs BMW M5 E34 36



Après un 1er battle dans notre rubrique « The Street Fighters », et non des moindres (205 GTI vs R5 GT Turbo), je vous propose aujourd’hui un autre fight… plus lourd, à tous les sens du terme ! A ma gauche, le monstre à l’étoile, la Mercedes 500E avec à ma droite, sa meilleure ennemie, la BMW M5 E34. Faites vos jeux…. 

2 rivales aussi différentes n’ont jamais été aussi semblables (Bac de philo de 98… vous avez 2 heures !). La Mercos, c’est une brique, le taxi premium, celle qui passe inaperçue de par sa discrétion. Pourtant, Mercedes en a écoulé plus de 2.700.000 à travers le monde. A sa sortie en 83, elle reprend le style inauguré avec la petite 190. Bien que discrète, le dessin est singulier et contrairement à ce qu’il pourrait faire penser, dicté par l’aérodynamisme puisqu’elle affiche un Cx de 0.30, une prouesse pour l’époque et la marque. Tout ça c’est bien, mais on s’en tamponne un peu ici… Oui, on veut des watts ! Alors que tous les taxis sont aux anges, les sportifs se tournent vers les marques plus excitantes.

Mais voilà, chez Mercos, on en marre de rester les bras croisés… Puis la 190 2.3 16s a montré à l’état major que de véritable sportives ont leur place au sein de la gamme étoilée. Du coup, à Stuttgart,  on confie à une équipe d’ingénieurs de greffer le V8 de la 500 SL dans la caisse d’une 300E. Histoire de faire rentrer tout le bazar et de faire tenir le tout sur la route, on demande à Porsche de venir donner un p’tit coup de pouce. Et au salon de Paris 1990, mercedes dévoile son nouveau cheval de bataille, la 500E. Ah les taxis ont la mâchoire qui se décroche et les pilotes, d’abord sceptiques, craque totalement face à cette nouvelle spécialiste du concept caisse compacte / gros moteur. 

Avec un V8 32 soupapes, 2 x 2 arbres à cames en tête et ses 326 ch pour 48 Nm, le grosse berline qui a su rester sobre tout en gagnant un peu en muscle, devient une référence, l’impératrice de la file de gauche, le dragster des feux rouges, le tout avec luxe et volupté dans le cuir et la moquette… sans oublier un soupçon d’agilité, même si ses 1T7 ne la destinent pas aux petites routes sinueuses qui ne sont pas son terrain de jeu favori ! Quoiqu’il en soit, avec 250 km/h, un 0 à 100 en 6,5 secondes, le 400m en 14,5 et le kilomètre en 25,9 elle compte bien venir déranger la reine de la catégorie…


Et la reine, c’est elle, la BMW M5. Chez Béhème, on n’a pas eu besoin de Porsche… seulement du service interne M Motorsport. Et chez « M », le sport, on connait, surtout depuis 78 et une certaine M1 puis en 81 ou la série 5 E28 se verra greffer son 6 en ligne de 286 ch pour devenir M5 ! 

En 88, la E34 vient prendre la relève avec dans la foulée, sa version pimentée, la M5 qui apparait au catalogue dès 89. Contrairement à Mercedes qui mise sur le luxe de ses modèles, BMW préfère le sport, et ça se voit dans les lignes de la série 5. Plus vives, plus nerveuses, la sportivité avérée d’origine n’est pas pour autant exacerbée sur la M5. Le kit est très discret. Lèvre avant, bas de caisses, jantes en 17′, BMW n’a pas voulu tomber dans le tuning. Mais la gueule est là… Tout comme l’habitacle qui fleure bon le luxe avec, lui aussi, quelques touches de sportivité bien senties. Malgré les apparences, notre berline accuse quand même 1670 kg sur la balance !

M’enfin, dans une sportive de ce calibre, l’important se cache sous le capot… en l’occurence un 6 en ligne (Forcément !) et quel 6 en ligne ! Le M88 évolue subtilement pour devenir S38 B36. Sa cylindrée passe de 3.4l à 3.5l (Pour précisez, la cylindrée exacte est de 3535cm3… Béhème a laaaargement arrondi en disant 3.6 l mais logiquement, ou mathématiquement, ça reste un 3.5 l…!) pour un haras de 315 ch et 36,7 Mkg de couple. Ainsi armée, la M5 est explosive. Ses perfs affichent un 250 km/h en pointe, le 0 à 100 en 6,2 secondes et elle se chauffe le 400m en 14,5 et la borne en 25,5. Sachant que l’histoire de la M5 E34 ne s’arrête pas là puisqu’une Evo 2 débarque en 92, forte d’un 3.8l et de 340 ch. Les perfs gagnent quelques dixièmes que la 500E n’arrivera pas à combler !

Alors ? 2 berlines, 2 philosophies identiques ? Pas forcément… La 500E, c’est le pullman par excellence, la force tranquille comme disait Tonton ! Elle sait encaisser et se montrer bien élevée. N’oubliez pas que son châssis est signé Porsche ! Mais typée confort, handicapée par un boitoto et un ASR castrateur, ce n’est pas une vraie sportive, mais plus une berline premium ultra rapide !


La M5 est plus radicale, moins confortable car plus dure, même si le luxe de son habitacle n’a rien à envier à celui de la 500E, c’est une sportive. On le sent déjà aux caractères des moteurs… 6000 trs pour le V8 de la 500 quand le 6 en ligne en prend plus de 7000. Plus performante, plus méchante, plus docile, vive et agile, elle en demande plus à son pilote… Vous arriverez plus vite, mais épuisé puisqu’il vous aura fallu dompter la bête !

Finalement, les 2 se complètent… la 500E est un parfait daily, familial, rapide, luxueux, confortable et capable d’en shooter plus d’une si besoin. La M5, on la garderait plutôt pour le week-end, et les sorties entre postes pour aller se chauffer sur circuit… On se rend au circuit avec la 500 et on se met minable sur la piste avec la M5. Est-ce que l’une aurait pu exister sans l’autre ? En tout cas, elles se sont mutuellement obligées de donner le meilleur d’elles mêmes… le reste, c’est juste une question de philosophie… Hein ? Qui a dit Lotus Omega ?!

© Sekizsilindir


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