La Studebaker Commander, pour être franc, je pense que si elle n’avait pas eu ce palmarès délirant à la Carrera Panamericana qui compte 22 victoires en 29 éditions, on en aurait peut être pas le moindre souvenir ! Mais bon, ça confirme que la course auto, c’est important pour l’image d’une caisse ! Puis sans ça, elle reste un engin impressionnant…

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Studebaker, est une marque qui a vu le jour en 1852. Après avoir fabriqué des chariots, elle se lance dans l’automobile en 1902, d’abord électrique puis thermique 2 ans plus tard. C’est une de ces marques qui ont connu leurs heures de gloire dans les années 30, 40 et 50. Mais comme beaucoup, le passage des 60’s a été plus compliqué. De nouvelles normes, une concurrence de plus en plus agressive, nécessitant des budgets en constante augmentation,  soit ils se faisaient racheter par un gros groupe pour survivre, soit ils disparaissaient en proie à des difficultés financières. Et ça a été le cas de Stud’ qui, malgré un mariage avec Packard, fermera ses portes à la fin des 60’s.

Pourtant les Stud’ ont marqué les esprits, notamment l’Avanti, un coupé classe et sport assez avant-gardiste, qui est venu bousculer les références de la catégorie… même si ça n’a pas suffit pour sauver la marque.

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De son côté, la Commander est née en 1927 et a évolué au fil des époques et des tendances pour, à partir de 1950, être proposée en 2 autres modèles avec la Champion et la President, qui, en fonction de leur statut sont motorisés par des 6 en ligne ou des V8. En gros, la Commander c’est le modèle de base, la Champion le modèle sportif et la President, le modèle luxueux. La différence esthétique entre les modèles vient de leur face avant avec des ailes avant un peu plus longues sur la Commander, et des phares et pare-chocs qui jouent sur les détails . Mais pour le reste, c’était bonnet blanc et blanc bonnet… la même ligne, élégante et très moderne. Ca restera le best seller de Studebaker, même si ce ne sera pas suffisant pour sauver la marque. Malgré les ventes, les couts de fabrication sont mal gérés et la marge n’est pas suffisante… Stud’ prend doucement l’eau de partout.

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Aujourd’hui, elle fait le bonheur des racers. Le modèle est diffusé, mais pas forcément recherché. Sa cote est accessible et la base bonne… surtout pour la préparer et en faire une caisse de course. Notamment pour LA course faite pour elle, la Carrera Panamericana.

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Une course de 3373 km du nord au sud du Méxique. Une genre de road trip sur route fermée (enfin… parfois !) pour kamikazes de la route.  Malgré les animaux qui traversent, les passant aussi et les routes défoncées, la course est un succès, elle attire les pilotes du monde entier. Ils viennent du rallye, du Nascar, de la F1, de l’endurance… Tous les pilotes les plus capés des 50’s y ont couru, d’Ascari à Fangio en passant par Hill. La 1ère édition a eu lieu en 1950, et la dernière en 54… trop dangereuse !

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Elle revient en 88, et même si les sorties de route sont toujours assez nombreuses, la sécurité embarquée par les voitures évite que ce soit une nouvelle boucherie ! Et c’est justement là que la Stud’ Champion va sortir du lot et s’offrir une nouvelle image en se rappelant au souvenir de tous en devenant la référence de la Panamericana à partir de 93, année où le pilote mexicain Carlos Anaya va monter sur la 1ère marche du podium. Et depuis, elle accrochera toutes les victoires… sauf  celles de 2002 et de 2006 (remportées respectivement par Oldsmobile et Ford). Pour l’anecdote, au niveau des tricolores, Pierre de Thoisy l’a remportée 7 fois (Un record), Erik Comas et Hilaire Damiron, 1 fois chacun.

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Le modèle qui se détend les rotules, est Belge… oui m’sieur. C’est un Commander de 53, qui n’a pas, comme beaucoup, été repassé en Champion. Il garde donc son empatement long, et reçoit un V8 Chevrolet Motorsport , un 5.7l de 420 ch. Carbu 700 Holley, boite 5 vitesses Richmond, différentiel, freinage AP Racing… elle est prête pour accrocher une 23ème victoire à l’édition 2018 de la Carrera Panamericana !

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Enjoy…

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