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En 93, après l’aventure Vector W8 Twin Turbo, Gerald Wiegert se retrouve quasiment ruiné… Dans un dernier souffle, il tente de sortir une nouvelle voiture, mais les caisses sont vides et ils se retrouve contraint de revendre sa marque à des investisseurs indonésiens… Qui vont alors se charger de développer un nouveau modèle. Au salon de Détroit en 1996, la Vector M12 entre en jeu…

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Mais avant, rappelez vous de la W8 Twin Turbo… Une sorte de Countach à la sauce BBQ avec V8 turbalisé et cockpit de F16 ! Alors que les déboires ont mis les finances de Gerald Wiegert dans le rouge vif, c’est la surprise au salon de Genève en 93, car bien qu’ à 2 doigts de la faillite, v’là t’y pas qu’on voit débarquer sous les projos suisses, la Vector Avtech WX-3 et WX-3R (Roadster). Deux protos avec châssis en carbone, epoxy et Nomex, et qui reprennent les codes de la W8 qui aurait troqué ses angles vifs pour un style plus arrondi. Au niveau du bloc, on retrouve le même V8, sauf qu’il devrait être proposé en 3 variantes, 600, 800 et 1200 ch…


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Malheureusement, la voiture ne verra jamais le jour… à peine présentée, Wiegert revend Vector au groupe indonésien  Megatech, dirigé par le fils du président (dictateurs ?!) de la république d’Indonésie, réputé pour ses pratiques illégales (Il écopera de 15 ans de prison en juillet 2002 pour avoir commandité l’assassinat d’un juge de la cour suprême !).

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Sous le giron de Megatech, Vector quitte la Californie pour s’installer en Floride. L’année suivante, Megatech poursuit sa mégalomanie de supercar en rachetant Lamborghini pour 40 millions de $. La production de la W8 est arrêtée et la M12, qui va la remplacer, est mise en chantier… En fait il s’agira ni plus ni moins d’une Diablo, le même châssis, le même V12 de 5.7 l pour 492 ch, mais habillée d’une nouvelle carrosserie en fibre. Au niveau perf, la Vector le 0 à 100 en 4,8 secondes avec une Vmax de 307 km/h. Ce qui est loin de ce dont était capable la W8 Twin Turbo.

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La M12 entre en production en 95 et la voiture est officiellement présentée au salon de Détroit en 96 sans aucune innovation technologique par rapport à la supercar italienne. Il n’empêche que 17 Vector M12 vont sortir de l’usine. Son look spectaculaire (Mais moins bestial que la Diablo) va séduire 14 clients. 2 autres voitures vont servir de modèle de pré-série. Enfin une dernière sera engagée en IMSA… sans aucun coup d’éclat, la voiture étant plus souvent en panne qu’en piste !

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En 97, Vector change encore de propriétaire… ce coup ci, c’est le groupe Tradelink International Limited qui se déleste pour en prendre les rennes. L’entité spécialisée dans les produits de luxe veut faire de Vector son porte drapeau. Sauf qu’une fois encore, l’aventure leur coute plus qu’elle ne leur rapporte. En 99, la M12 disparait du catalogue et on réfléchit à une éventuelle remplaçante, la SRV8. Un prototype est assemblé. Pour ce faire, c’est la M12 d’IMSA qui va servir de base. Elle est rhabillée, son V12 remplacé par un V8 Corvette de 420 ch et la boite est une G50 de chez Porsche. Mais quelques mois plus tard, le projet jugé non rentable est abandonné. Nous sommes en 2000, Vector disparait.

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Enfin, au salon de Los Angeles, Gerald Wiegert tente un come back en 2007 avec la WX-8… Un monstre, annoncé avec un V8 de 7.0 l hybride ou un big block de 10 l biturbo pour plus de 1800 ch ! Wiegert parle d’un 0 à 100 en moins de 2,5 secondes et d’une Vmax de 430 km/h. Mais le proto présenté se fait démonter par les journalistes qui décrédibilisent le projet en se moquant de lui, notamment à cause de ses phares empruntés à une Toyota Supra MK4 et son look jugé trop proche de celui de la Chevrolet Camaro de 3ème génération…

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Bref, on pourra pas reprocher à Wiegert son trop plein d’ambition… Lui, il sera allé au bout de ses rêves, même si ils auront presque eu raison de lui. En tout cas, il aura réussi à faire de Vector et en moins de 50 voitures produites, une marque aujourd’hui mondialement connue… à l’histoire un peu opaque… enfin logiquement, un peu moins maintenant grâce à DLEDMV !

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© RM Sotheby’s et signatures éventuelles


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