J’vais pas vous refaire l’histoire de la Golf GTi devenue Rabbit GTi en 84 afin d’écouler les stocks que VW semblait avoir mal anticipés pendant que la Golf II se chargeait déjà de décorer les show-rooms. 40 ans plus tard, ces Rabbit sont devenues des collectors… comme chacune des Golf GTi vous m’direz. Et comme d’hab, ça n’a pas empêché un lascar d’y coller 4 jantes, de la poser par terre et d’y mettre 2 – 3 bricoles en plus…

VW Rabbit GTi
Cette Rabbit GTi est née dans l’usine de Westmoreland en Pennsylvanie, 1ère usine d’une marque étrangère à ouvrir ses portes sur le sol américain. Mais après plusieurs années à trainer sa tôle sur les routes ricaines, elle s’est retrouvée mise en retraite forcée en servant de repas à une rouille plus que vorace ! Et comme souvent, elle va commencer une nouvelle histoire en 2014 quand un fan, aussi motivé que volontaire tombe sur l’épave et se dit qu’il doit y avoir moyen de la sauver… même si la caisse a besoin d’attention mais surtout d’une bonne restauration.
Comme au bon vieux temps
Pour commencer, tout va être démonté. La rouille s’est goinfrée, le plancher, les bas de caisse, les ailes, le berceau avant et le hayon arrière ont été bouffés. Première originalité, le proprio de la Rabbit a préféré passer par un carrossier tôlier qui s’est chargé de tout reconstruire à neuf à l’identique, si ce n’est que les ailes arrière ont troqué leurs élargisseurs en plastique pour de la tôle. L’ensemble s’habille en Brandy Wine métallisé. En y étant, les phares et les pare-chocs sont remplacés par des euro specs. Une lèvre inférieure a été rajoutée à l’avant, pendant qu’à l’arrière, un bandeau Rabbit prend place entre les feux arrière passés en biton rouge et blanc. Le toit prend l’air avec une capote coulissante montée sur une cadre alu qui fait aussi office de renfort. Enfin, pour finir le tableau, on retrouve un bouchon de réservoir racing, un jeu de rétros chromés et pour les nostalgiques de GTi Mag, un seul essuie-glace en mode DTM, comme au bon vieux temps !
Du grip…
Pour remplir les ailes, le proprio a fait confiance à un jeu de Schmidt TH Line 3 parties en 14″… faut dire que ça va bien à la Golf. Elles sont chaussées de Federal F01 165/55. Derrière, le freinage a pris un peu de grade en adoptant des étriers et disques piqués à une Golf II et alimentés par des durites avia. Bras de suspensions, rotules, biellettes, crémaillère, roulements et coilovers réglables, tout vient du catalogue Raceland. Tous les silent blocs sont maintenant en polyuréthane.
Passage en Dell’Orto
Entre les ailes avant, bien installé dans un shaved bay avec faisceau camouflé, on retrouve le 4 pattes 1.8 l codé JH. Même s’il reprend la base de son homologue européen, il a fallu lui faire passer les normes antipollutions qui sévissaient chez l’oncle Sam. De nouveaux pistons faisaient baisser le taux de compression et si la K-Jetronic était toujours de la partie, elle était bridée par une sonde lamba et un catalyseur. Au final, la Rabbit GTi devait se contenter de 90 ch… au lieu des 112 ch qui l’animaient sur le vieux continent. Pour palier à ça, VW avait jugé bon de l’équiper d’une boite plus courte. Du coup, elle affichait le 0 à 100 en 10,5 secondes et une Vmax de 175 km/h. Même si sa frangine européenne était devant, c’était toujours ça de gagné… Sauf que là, tout ça c’est du passé. L’injection a laissé sa place à un duo de double corps Dell’Orto avec cornets d’admission et filtres à air en mousse. La culasse a été préparée avec conduits polis, arbres à cames Techtonics 274/270 soupapes plus grosses et ressorts plus rigides. Le carter est renforcé et cloisonné alors que le refroidissement est équipé d’un gros radia alu. L’allumage est revu tout comme l’alimentation en carburant avec pompe gros débit et flexibles renforcés en nylon. Enfin un collecteur 4-2-1 enrobé de bande thermique débouche sur une ligne full inox maintenant décatalysée. Ainsi paré, le 1.8 l passe la barre des 160 ch qui filent aux roues arrière via la boite d’origine si ce n’est qu’elle a été équipé du pignon de 5 d’une Golf Diesel, d’un embrayage renforcé et d’un commande hydraulique Wilwood alimentée par en durites tressées.
Racing dedans
Et le même traitement continue dans l’habitacle. Tout a été vidé, décapée et traité avec un revêtement couleur caisse, prévu à la base pour les bennes des pick up… De la Rabbit, il ne reste que le tableau de bord et encore, c’est celui d’un cabriolet et il a pris cher ! Il se contente maintenant d’accueillir des manos et commutateurs. On remarque rapidement le volant tulipé Grip Royal monté sur moyeu snap off et les deux baquets Status en cuir noir avec surpiqûres rouges et harnais OMP. Derrière la banquette a disparu, remplacée par un simple moquette grise, une barre sur mesure derrière les baquets et une barre antirapprochement réglable. Au milieu le magnifique levier CAE Shifting Technology et un levier de frein à main hydraulique Compbrake, qui fournit aussi le pédalier avec maitres cylindres intégrés pour le frein et l’embrayage. Enfin, on notera le repose pied devant le passager et les panneaux de portes se contentent de l’essentiel.
De la rouille à la route !
La restauration est nickelle même si le résultat a de quoi mettre la chtouille au premier puriste venu. En même temps, elle vient de loin cette Rabbit GTi, sauvée de la rouille…
© demon102pl via BaT