On peut dire ou penser c’qu’on veut mais les 90’s, ça a été une période plus que délirante pour les sportives japonaises. Les constructeurs n’ont pas fait les choses à moitié puisque chaque segment avait sa sportive. Prenez Nissan par exemple… Sunny GTi et GTi R, Primera GT, 100 NX, 200 SX, 300 ZX… et ça c’était pour l’Europe. Au Japon, c’était la fête du slip… et encore, fallait rajouter les versions énervées, Nismo et Mine’s en tête, comme la méchante 300 ZX que je vous ai trouvée…

 

'89 Nissan 300 ZX Mine's... Débridée ?! 1

 

World War Z

La famille Nissan Z a vu le jour en 69 et ça fait plus de 50 ans que ça dure avec 7 générations au compteur pour environ 2 millions de caisses produites. Belle prouesse, on l’oublie souvent. Seule la Corvette a fait aussi bien… mais avec 16 ans de carrière en plus. Quoiqu’il en soit, pour les 90’s, c’est la Nissan 300 ZX Z32 qui s’est chargée d’aller relever le défi… et quel défi. Dans les 90’s les constructeurs japonais allaient se livrer une guerre sans merci avec des sportives armées de watts et de technologies pour aller chasser les références européennes et montrer que les meilleures c’étaient elles. L’occasion aussi d’exploiter sur la route les exploits des week-ends que ce soit en F1, en rallye, en touring car ou en endurance.

 

Skyline ou Z ?

Chez Nissan il y avait deux sportives… la Skyline, engin japono-japonais, dont toute la stratégie avait été mise sur le marché intérieur pendant que pour l’export, c’est la Z qui portait les couleurs de la marque. Du coup, à l’approche des 90’s, pourquoi changer ? Miser sur la Skyline, ça aurait demandé de revoir les budgets, développer une conduite à gauche, passer les homologations, se caler aux différentes normes, la positionner sur les marchés… alors que la Z faisait rêver les gamins et s’était déjà créée sa clientèle depuis presque 20 ans, qui allait des jeunes – même s’ils galéraient un peu pour trouver une assurance pour jeune conducteur – aux plus âgés prêts à rouler différent. Chez Nissan, on pensait qu’il serait dans tous les cas difficile de vendre une Skyline, voiture que personne, du moins en dehors de l’archipel, n’avait encore érigé au rang de légende mécanique… Gran Turismo et Fast & Furious n’étaient pas encore passés par là !

 

L6 ou V6 

Au début des 90’s, les japonais pouvaient choisir entre Skyline R32 GTR et la 300 ZX (Fairlady Z32, c’est son vrai nom). Deux philosophies si proches, mais si différentes ! Coupé mu par un 6 en ligne 2.6 biturbo (RB26DETT) et transmission intégrale pour la 1ère alors que la 2nde affichait un look affuté en 2 places ou en 2+2, pour une propu avec un V6 3.0 l atmo ou biturbo (VG30DETT). Une hypersportive et une GT… si ce n’est qu’il ne fallait pas grand chose à la 300 ZX pour se hisser au niveau de sa frangine.

 

Mine’s

A ce jeu là, Mine’s s’est fait un nom. Fondée en 85 du côté de Yokosuka par Tsuzo Niikura, un ancien ingénieur de chez Bridgestone, Mine’s va se charger de développer d’abord des ECU pour boitiers électroniques avant d’y ajouter des pièces perfs, des suspensions aux lignes complètes en passant par des arbres à cames, des freins ou encore des kits carrosserie. En 88, une Nissan Skyline HR31 GTS R dopée par le sorcier passe la barre des 290 km/h. Deux ans plus tard, le mag Option passe la barre des 300 km/h au volant d’une 300 ZX préparée par Mine’s. En avril 92, revue et corrigée, la Z32 accroche 318 km/h. Pendant c’temps là, les voitures signées Mine’s (R32, NSX et MR2) chassent les records du tour sur les circuits de Fuji et de Tsukuba. Il n’est faut pas plus pur entrer dans la cour des grands.

 

Mine’s Z32

Mine’s commence alors à proposer des programmes complets pour Nissan et Mitsubishi. La Fairlady Z32 fait partie de ses victimes… et je vous en ai trouvé une. Dehors, le traitement restait sobre et se contentait d’un nouveau pare-choc avant. La robe Glacier Pearl Metallic avec liseret rouge et signatures Mine’s la rend envoutante. Les ailes sont remplies par des jantes Stern en 17″ enrobées de Bridgestone RE-11 en 235/45 et 255/40. Derrière, si le freinage conserve les étriers d’origine jugés suffisants, des plaquettes racing mordent des disques rainurés. Les combinés étaient développés conjointement avec HKS et les barres antiroulis plus grosses sont 100% Mine’s.

 

517 ch et 548 Nm

Sous le capot, le V6 accueille un nouvel ensemble mobile forgé et se retrouve stroké en 3.2 l et dopé par deux escargots Garrett et un pipping avec admission Mine’s. Les collecteurs, la ligne complète, l’intercooler, la wastegate et les injecteurs sont signés HKS. Des arbres à cames Tomei, un radia d’huile APP et l’ensemble se solde au banc avec 517 ch et 548 Nm qui filent aux roues arrière via une boite 5 d’origine accompagnée d’un embrayage Ogura Racing avec butée Mine’s et bagues en bronze.

 

GT de course !

L’habitacle est arceauté, et équipé de baquets Recaro avec harnais Willans pour le « pilote ». Un extincteur prend place devant le passager. On remarque aussi le volant 3 branches, des compteurs Mine’s, une extension de la console centrale qui accueille des manos auxiliaires, un turbo timer et un détecteur de radars ! Malgré l’ambiance racing, la sono, les vitres élecs et la fermeture centralisée n’ont pas été sacrifiées.

 

Une vraie sportive !

La Nissan 300 ZX n’est probablement pas la sportive la plus connue… ou la plus réputée. Pourtant, je la trouve irrésistible. Entre sa gueule qui s’acharne à ne pas vouloir vieillir et son V6 maintenant décomplexé, elle reprend un peu de sa splendeur méritée.

 

 

© Reconjr via BaT