Bon, j’vous pose le pitch… Vous êtes une ancien ingénieur de chez Prodrive, bien entendu spécialisé en sport auto. Dans votre jeunesse vous avez fait vos armes au volant d’une Peugeot 309 GTi. Elle va finir remisée au fond d’votre garage… Aujourd’hui, vous avez le temps et les compétences pour lui redonner vie. Tout ça, pour ne rien gâcher, avec un budget de plus de 100000 €… oui, pour en faire une 309 GTi 16 et surement, lui en rajouter un peu plus !

 

'88 Peugeot 309 GTi 16 Supercharged Maxi - Quand un ex ingénieur de Prodrive s'ennuie... 1

 

Une vraie sportive comme on en fera plus !

Avec le recul, on se dit quand même qu’il fallait être burné pour lancer la Peugeot 309 GTi 16. Elle a beau avoir un physique ingrat, on ne l’achetait pas pour ça… non, on l’achetait parce que c’était un sportive comme on en fait plus, et probablement, comme les constructeurs n’en feront jamais plus. En même temps, qui oserait aujourd’hui proposer un sportive radicale au comportement aussi efficace que viril. C’était ça les Peugeot de cette époque… Ca marchait plutôt bien (0 à 100 en 7,7 secondes, 400 m 15,4 et 1000 m en 28,3) mais si tu voulais aller lui chercher les limites, valait mieux avoir quelques notions de pilotage. Freinage en appui, lever de pied, avec un cul aussi vif, si elle était née de nos jours, elle aurait fait fortune sur OnlyFans ! Sauf qu’aujourd’hui, un tel tempérament aurait été sûrement jugé dangereux… Enfin à l’époque, elle pouvait se montrer délicate… mais toujours efficace. Fallait juste savoir la dompter. Quoiqu’il en soit en greffant la culasse 16 soupapes à la 309, Peugeot respectait une sorte de hiérarchie de gamme entre la teigneuse 205 GTi et la sportive 309 GTi 16. Au dessus la 405 Mi16 se défendait tout aussi bien… mais on ne parle pas d’elle aujourd’hui. Une prochaine fois.

 

Pour le RAC ?!

Pour en revenir à la bestiole que je vous ai trouvée, au 1er regard, j’ai cru qu’elle chassait les chronos dans les spéciales… J’avais tort ! Sous ses airs de 309 Maxi échappée du RAC, se cache en fait un bon gros délire, simplement homologué route… je pense que son géniteur doit aimer aller chercher le pain le dimanche matin, mais doit détester qu’il refroidisse le temps de rentrer à la maison. Faut dire que du beurre et un peu de confiot’ sur une tartine encore tiède, ça vaut quand même le détour… mais bon, ce n’est pas le sujet.

 

3 ans de taf

Il a fallu 3 ans de boulot pour lui redonner vie. Propriété d’un ancien ingénieur de chez Prodrive, il a juste voulu y mettre tout son savoir faire, sans se priver… que ce soit au niveau mécanique que pour le budget puisque la bagatelle lui est revenue à 115000 € ! ‘Pensez bien qu’à ce tarif, le gars n’a pas fait semblant, au risque de faire tousser les plus sensibles ! Bon ici la base est une GTi 1.9 l de 88 si ce n’est qu’en y étant, quitte à lui redonner vie, et vue le budget quasi no limit, autant y aller carrément. La caisse été entièrement foutue à tôle. La coque a été conservée, resoudée et renforcée pendant que tous les panneaux qui viennent ensuite l’habiller ont été passés au carbone, des pare-chocs au toit. Les vitres sont en lexan. Si les ailes ont pris du muscle, c’est pour couvrir les trains élargis et les jantes EvoCorse de 17″ réalisées sur mesure. Elles sont enrobées de slicks Hankook. les trains roulants sont passés à double triangulation et maintenus par des suspensions Gr.A réglables en 3D. Tout est rotulé. Pour le freinage, c’est AP Racing qui a été sélectionné avec étriers 6 pistons devant et 2 pistons derrière, pour mordre des disques rainurés. La marque a également fourni le pédalier ainsi que le régulateur et répartiteur de pression.

 

Compresseur Rotrex pour 370 ch ! 

Sous le capot, si je vous parle de 16s depuis le début, ce n’est pas pour rien. Le 1.9 l de 130 ch a été remplacé par un XU10J4RS de 306 S16 accompagné de supports moteur sur mesure. L’ensemble mobile a été forgé et équilibré. Toutes les poulies sont en alu et réglables, le collecteur d’admission a été réalisé sur mesure, tout comme la culasse qui reçoit des arbres à cames plus pointus, des soupapes plus grosses avec ressorts renforcés. L’injection est plus goulue. Le radiateur et l’échangeur sont en alu… oui, échangeur puisque le gazier est dopé à un compresseur Rotrex. Une ligne complète sur mesure en inox, une gestion Omex aux p’tits oignons et la boucle est bouclée avec 370 ch qui tentent de torturer les boudins avant… Pour passer les watts, la boite 6 manuelle a été renforcée avec rapports raccourcis, volant moteur allégé et embrayage bidisque en kevlar. Un DGL Xtrac lui donne un coup de pignon et les cardans ont eux aussi été renforcés.

 

Tout pour chasser le chrono entre l’école et la maison !

Pour dompter la bestiole, le cockpit s’affiche en tôle rouge et carbone. On y trouve deux baquets Sparco avec harnais Sabelt. Le tableau de bord est floqué et tout est issu du monde de la course. Commutateur, levier de vitesses rotulé, frein à main hydraulique, extincteur automatique, batterie allégée déportée, réservoir alu dans le coffre, arceau, volant tulipé OMP, manos… tout c’qu’il faut pour aller chasser le chrono… entre l’école et la maison !

 

Street legal…!

Oui, cette 309 GTi 16s Supercharged Maxi, qui se contente d’afficher 910 kg, est un véritable démon… homologué route, avec CG et contrôel technique ! Chanceux voisins « grands-britons » qui se targuent de pouvoir faire rouler quasiment tout c’qui possède une plaque, des phares, un volant et des freins ! Bon, le proprio préfère préciser qu’il ne la sort que par temps sec… on veut bien le croire. Parce que passer 370 bourrins sur les roues avant, malgré tout le savoir faire qui y a été associé, ça doit quand même rester Rock’n roll !

 

 

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