’87 BMW 520i devenue M5 Jägermeister… Apérooooo !
par Thierry Houzé | 4 septembre 2026 | Street |
Une fois de plus il a fallu la folie d’un passionné, prêt à dépouiller son PEL, pour transformer cette vraie BMW 520i E28 et en faire une fausse M5 en S38… Voilà, les choses sont posées dès l’intro, c’est une réplique habillée en Jägermeister et montée comme une de ses frangines qui est allée frotter d’la tôle en Production dans les 80’s. Mais le gars n’a pas fait les choses à moitié afin de sortir un engin capable d’arracher l’asphalte des circuits…

BMW 520i Lux
Vous l’avez donc compris, tout est parti d’une BMW 520i Lux de 87 avec l’idée d’en faire une arme de circuit. Et déjà là, ça d’vient intéressant. La E28 a tellement marqué les esprits qu’on imagine souvent sa carrière sportive démentielle… et pourtant, ce n’est pas forcément le cas. Quand le Gr.A vient remplacer le Gr.2 en 82, la E28 pointe tout juste le bout de son sharknose. BMW est devenu le spécialiste des voitures qui se veulent sérieuses, confortables, techniquement abouties et dynamiques. En gros, à Munich, depuis un p’tit moment, on mise tout sur le plaisir de conduite, et ça marche… on a dépoussiéré la gamme et les clients ! Et pour renforcer l’ADN sportif, il n’y a rien de mieux que de leur enfiler le jogging… j’parle des voitures hein… pas des clients ! En tout cas, la E28 ne va pas y échapper…
Officielle… ou pas !
Pourtant, malgré les idées reçues, sa carrière officielle va être courte. Homologuée en Gr.A pour la saison 82, la 528i va aller faire un stage chez BMW Motorsport GmbH, en ressortir avec quasiment 200 ch pour 1030 kg et aller rafler le titre européen ETCC aux mains d’Umberto Grano et d’Helmut Kelleners. Mais dès la saison 83, c’est le coupé série 6 E24 qui va venir prendre sa place… et là, des experts s’apprêtent déjà à dire que non, et la M5 en Production alors ?! Ils auront juste zappé le mot « officiel » au début de ce paragraphe. Car si BMW Motorsport a abandonné les projets sur la E28, ce ne sera pas le cas de certaines filiales et préparateurs indépendants. Celle qui a remporté les 24h de Spa en 82 avait été préparée et engagée par le Team Juma et concernant la M5 Production de Marc Sourd, elle viendra de l’initiative de BMW France. En gros seules une quinzaine de BMW E28 ont limés les circuits dans les 80’s… mais à force de voir ses frangines E24 et E30 monter sur les podiums, faut avouer que ça peut porter à la confusion !
Jägermeister
En tout cas, cette BMW 520i de 87 a commencé sa carrière sur les routes anglaises jusqu’à la fin des 90’s, où le projet de transformation a démarré. Bien entendu, elle s’est d’abord retrouvée à tôle afin d’être ressoudé. Dehors, le capot et le coffre ont été remplacés par des éléments en carbone. Les ailes ont vu débarquer des extensions Gr.5 afin de leur donner du muscle et pouvoir adopter des trains plus larges. Un spoiler à l’avant, un aileron à l’arrière, les vitres latérales et la lunette arrière en lexan… ça fait gagner des kilos, et on finit sur la robe orange aux couleurs de Jägermeister. Ca claque !
Plus de confort, place au sport
Dedans, c’est la même. Oubliez le confort, préférez le sport, le vrai, celui où ça chasse la trajo. L’ambiance est passée en mode tôle apparente, arceau multipoint, tableau de bord personnalisé et floqué en alcantara, console centrale avec commutateurs, dashboard DigiDash 2 avec acquisition de données, pommeau et volant Momo sur moyeu snap off et baquets Corbeau avec harnais TRS.
Passer les watts
Dessous, tous les trains roulants sont renforcés, rotulés et passés en polyuréthane. Les suspensions sont signées Gaz et pour le freinage, une 750iL a servi de donneuse d’organes pour les étriers et les disques mordus par des plaquettes EBC Orange Stuff. Des galettes Wagner-Tuning en 9,5 et 10,5 x 16″ (ET11) enrobées de gommes en 245/45 et 265/45 se chargent de remplir les ailes.
S38B38 pour 360 ch
Comme souvent, l’essentiel se trouve sous l’capot. Le M20B20 s’est retrouvé en retraite forcée pour laisser sa place à un S38B38 emprunté à une M5 E34. Il est passé en Accusump… une alternative au carter sec, qui voit une réservoir d’huile sous pression raccordée au circuit éviter tout déjaugeage. Une solution utilisée en compet’ par Alpina sur les CSL. Il inspire maintenant via une admission plus copieuse et expire à travers des collecteurs et ligne complète inox. Une nouvelle gestion permet enfin de lui tirer 360 ch perchés à 6900 trs. De quoi torturer les pneus arrière via une boite 5 manuelle accompagnée d’un embrayage renforcé et d’un DGL.
Prête pour Goodwood
Depuis, cette BMW Jägermeister arpente les circuits britanniques, participe au championnat BMW Kumho Championship et s’est même offerte une apparition au Goodwood Revival.