En même temps, cherchez pas, les Ferrari Testarossa sur circuit, on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main ! Ce qui est d’ailleurs plutôt rare pour une Ferrari… d’autant plus avec un nom aussi mythique. Quoiqu’il en soit, heureusement que certains « amateurs » sont prêts à péter le PEL pour donner naissance à leurs délires mécaniques et c’est justement l’un d’eux qui pose aujourd’hui ses roues sur DLEDMV…

 

'84 Ferrari Testarossa - Prête pour la course ! 1

 

Testa Rossa

Il y a eu la Ferrari 250 Testa Rossa. C’était en 1957, une barquette dessinée par Scaglietti et dopée par un V12 Colombo de 3.0 l, surplombé des célèbres couvres coulasses rouges… les fameuses têtes rouges… Testa Rossa ! Il développe 304 ch et 302 Nm et se contente de 920 kg. Engagée en sport proto, elle va dominer la discipline de 58 à 61 avec, tenez vous bien, 3 titres consécutifs au championnat du Monde des voitures de sport accompagné de 3 victoires aux 24h du Mans (58, 60 et 61). Ajoutez des victoires aux 1000 km de Buenos Aires, aux 12h de Sebring, à la Targa Florio, aux 200 miles de Riveside, au Grand Prix de Pescara… bref, tout c’qu’il faut pour entrer dans la légende.

 

Testarossa

Plus de 20 ans après ces exploits sportifs, Ferrari lui rend hommage. En 84, au mondial de l’auto de Paris, la marque au Cavallino dévoile la Testarossa… en un seul mot. Celle qui vient pousser la Berlinetta Boxer à la retraite en reprend malgré tout la base technique et mécanique, mais en modernise l’esthétique… et pas qu’un peu. Avec elle, Pininfarina a signé la claque de l’année 84, celle qu’on va afficher sur le mur de sa piaule à côté du poster de la Countach ! L’avant affuté, la largeur impressionnante, le cul bombé, les prises d’air latérales avec les ailettes nées des contraintes du marché américain. En effet, de l’autre côté de l’Atlantique, les normes interdisent les prises d’air trop proéminentes. Pourtant, le 12 à plat de 4.9 l pour 390 ch qui remue la Testarossa a besoin de respirer et d’évacuer ses calories. Sans air, il casse ou il prend feu. Alors pour contourner la loi, Leonardo Fioravanti (chef designer chez Pininfarina et en charge du projet Testarossa) va imaginer ces ailettes prétextant qu’elles viennent sécuriser les aérations. Et ca va passer l’homologation américaine comme un doigt au cul… large, ça va de soi !

 

Pour la course, il y a la 288 GTO

En tout cas, durant ses 12 années de carrière en tant que Testarossa, 512 TR et F512M, la bestiole, pourtant née sous le signe d’Enzo, c’est à dire sans la moindre assistance électronique, pas même l’ABS (enfin seulement à partir du millésime 88) ni de direction assistée, elle n’aura pas le droit à sa version course. En effet, Ferrari n’a jamais jugé utile de l’homologuer, d’une pour une raison de couts, et de deux, à l’époque les GT avaient quasiment disparues des circuits où la mode était aux protos. Ils faudra attendre le début des 90’s pour les voir reprendre du poil de la bête. Quant au rallye, le Gr.B dictait encore sa loi, et à Maranello on avait déjà misé sur la 288 GTO.

 

Projet privé

Mais tout ça, c’est sans compte sur la passion et surtout le pognon de certains fans qui ne vont pas longtemps hésiter à y coller un jogging et des baskets. Alors bien entendu les projets ne vont pas fleurir comme des boutons d’acné sur le visage d’un ado… mais quelques Testarossa vont quand même y passer, en devenant un peu plus radicales ne serait ce que pour aller se défouler sur circuit. C’est le cas de celle que je vous ai trouvée en farfouillant dans les méandres du net. Sortie d’usine en 84 sous le numéro 66321, cette Testarossa Rosso Corsa était destinée au marché anglais. On ne sait pas si elle a été de suite coursifiée en tout cas, on retrouve des 1ers exploits sportifs à la fin des 90’s où elle a été engagée dans le FOC Club Series… rien à voir avec un club échangiste, juste le Ferrari Owners Club, où elle y a remporté plusieurs victoires.

 

Digne du BPR

Et pour y parvenir, on ne parle pas d’une quelconque préparation. Non… la cure a été la même que si elle avait été faite pour l’engager en BPR. L’intérieur est entièrement vidé, mis à tôle et renforcé par un arceau cage. Oubliez tous les différents habillages. Les panneaux de portes, le tableau de bord et la console centrale ont laissé leurs places à du carbone habillés de commutateurs, de portes fusibles, d’un dashboard digital AIM, d’un volant Sparco. Pour le pilote, un baquet Cobra avec harnais Willans, un pédalier alu et à la place du passager, un extincteur et la gestion Motec.

 

Toujours aussi belle

Dehors, la Testarossa n’a rien perdu de sa superbe. Pas besoin de grand chose… des attaches rapides pour les capots, les anneaux de remorquage, des vitres en lexan avec ouverture coulissante, des prises d’air sur le capot avant et un grillage pour l’arrière. Les ailes sont maintenant remplies par des BBS à écrou central en 18″ chaussées de Pirelli P Zero. Derrière, le freinage AP Racing compte sur des étriers 6 pistons à l’avant qui mordent des disques rainurés. Les trains roulants sont renforcés et maintenus par des suspensions Penske réglables en 3D. Des vérins pneumatiques permettent d’intervenir rapidement.

 

Juste libéré

Sous le capot avant, on retrouve un réservoir aux normes FIA avec double pompe et un radiateur pour l’huile de boite. Sous celui de derrière, si le Boxer 12 a été laissé d’origine, l’injection, le refroidissement et la lubrification sont revus en conséquence. L’admission et l’échappement sont libérés.

 

Place à l’imagination…

Pour le reste, aucune info, aucune puissance, la durée de vie de la boite, les perfs… seule votre imagination vous laissera finir cette article. Quoiqu’il en soit, une Testarossa coursifiée, ça méritait qu’on en parle non ?!

 

 

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