La Renault 9… c’est la bonne copine, moche, mais très gentille. Celle qui fait rire, qui cuisine bien mais qui sera encore célibataire à 43 balais ! Eh bien c’est avec elle que Renault a tenté d’aller séduire les américains. Autant dire qu’à la Régie, on aimait surement s’habiller en latex…! Du coup, avec la Renault Alliance GTA, ils ont mis l’paquet pour tenter de faire passer les ricains du Cheddar au Camembert !

 

'87 Renault Alliance GTA - Une R9 au pays des V8 ! 1

 

American Motors Corporation

En fait, l’histoire de la Renault Alliance commence en 79 quand le constructeur tricolore, avide d’ambitions américaines, décide de racheter AMC… l’American Motors Corporation, 4ème constructeur américain, né au milieu des années 50 de la fusion de Nash Motors et de Hudson Motor Car Company et propriétaire notamment de Jeep. Et justement, alors que Renault mise beaucoup sur la gamme Jeep pour développer ses ventes, en parallèle, elle va peu à peu remplacer les autres modèles de chez AMC par des Renault « américanisées »… Bon, finalement l’histoire ne va durer que 9 ans avant que Renault et AMC, en proie à la récession du début des 80’s, finissent par abandonner le game et pendant que Jeep est racheté par Chrysler. Mais tout ceci est une autre histoire…

 

Renault Alliance

Celle qui nous intéresse aujourd’hui a vu le jour en 83. Cette année là, la R9 va se retrouver assemblée dans l’usine de Kenoshoa dans le Wisconsin avant d’être exposée dans les show room AMC Renault, sous le nom de Renault Alliance. Proposée en 4 portes ou en coupé, elle a dû se mettre à jour afin de répondre aux contraintes américaines. Double optique, gros pare-chocs et protections de caisse, un peu de chrome mais surtout des moteurs revus, notamment bridés, histoire de coller aux normes antipollution draconiennes qui sévissaient chez l’Oncle Sam.

 

Car of the year

Quoiqu’il en soit, dès son lancement en 83, l’Alliance s’octroie de titre de « Car of the year » du mag’ Motor Trend pendant que Car and Driver la classe dans son Top 10 des meilleures voitures de l’année. Faut dire que depuis le début des 70’s, les chocs pétroliers se suivent et se ressemblent. Au début des 80’s, le cours du pétrole s’est enflammé. Le marché est aux voitures compactes, pas chères et économes, popularisées par des médias « spécialisés » alimentés par la propagande des lobbies. Bref ! La Renault Alliance répond parfaitement à ce genre d’attentes, faut dire que sous le capot, on retrouve le 4 pattes Cléon Fonte 1.4 l qui équipait la Le Car si ce n’est qu’il est équipé d’une injection monopoint pour y tirer 65 ch… voilà, grâce à elle, les ricains élevés au V8, découvrent le burn out ! Et je n’parle pas des traces noires sur l’asphalte… A partir de 84, la frangine R11 rejoint la gamme AMC d’abord en s’appelant Encore avant de devenir l’Alliance Hatchback. L’année suivante, c’est une version cabriolet qui vient élargir la gamme pendant que le 1.7 l de 77 ch proposé en option vient apporter un peu plus de « peps » !

 

Comme à la loterie !

L’Alliance est un succès, AMC voit ses ventes dopées de 117% entre 83 et 85… Mais voilà, en 86, le prix du carburant finit par baisser. Et chez les ricains, chassez le naturel et il revient avec un V8 ! Pour ne rien arranger l’Alliance affiche une fiabilité aléatoire. Neuve, tout va bien. Mais après 4 – 5 ans d’existence et quelques miles au compteur, les différentes modifications apportées montrent leurs limites. Le refroidissement, le catalyseur, la transmission, l’embrayage, la suspension… c’est un peu comme à la loterie. Si t’as perdu au grattage, tu peux te rattraper au tirage…

 

Alliance GTA

Forcément, les ventes de l’Alliance s’effondrent. Pour tenter de relancer la machine, Renault va miser sur l’Alliance GTA qui se veut comme l’annonce la brochure, « petite voiture de sport élégante », une véritable « bombe de poche », définie comme « basée sur une production économique, mais mettant l’accent sur l’apparence, les performances et la tenue de route »… Ok ?! Secrètement, Renault tente aux USA, un copier – coller de la Golf GTi.

 

Turbo look

Proposée exclusivement en coupé et en cabriolet, la GTA fait le job esthétiquement. Elle reprend l’esprit de la R11 Zender avec un kit comprenant des bas de caisse, une lèvre avant, des coques aéros pour les rétros, un discret becquet et une robe monochrome. Des jantes de 15″ se chargent de remplir les ailes alors que les suspensions adoptent les ressorts de la R11 Turbo, des barres antiroulis plus grosses et des barres de torsion plus grosses à l’arrière. Enfin le freinage voit ses disques avant ventilés. L’arrière conserve ses tambours… Dedans, le traitement continue. Sièges baquets en tissu, volant 3 branches, sono, clim et liseret rouge parce que le rouge ça va plus vite !

 

Tout pour 95 ch…

Sous l’capot, la GTA passe au tout nouveau F3R, un 2.0 l injection de 95 ch… ouais, là on peut se demander pourquoi Renault n’a pas plutôt misé sur le 1.4 l Turbo. Surement pour des raisons de normes antipollution… Heureusement que la GTA se contente de 920 kg, ça n’en fait pas une sportive mais son 0 à 100 annoncé en 10,2 secondes permet de limiter la casse.

 

Un beau succès malgré tout

L’histoire de l’Alliance, c’est un peu comme un film Netflix… sur le papier ça a l’air sympa, mais une fois devant, tu t’fais un peu chier et la fin est naze ! Malgré tout, Renault va en écouler un peu plus de 617000 aux USA et au Canada, dont 3500 GTA. Une belle prouesse pour cette R9 au pays des V8 !

 

 

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