Une Porsche 930 Turbo de 89… oui, la dernière année. Vous voyez les puristes arriver là ? « Mais c’est donc une boite 5 ? » Oui mon cher. De celles qu’on s’échange à des prix indécents sous l’marteau d’un commissaire priseur ! Pourtant, cette pépite, à peine sortie d’usine, s’est retrouvée entre les mains expertes du spécialiste japonais, Promodet. Et si vous n’aviez jamais entendu parler d’eux avant, vous n’allez pas l’oublier !

Seulement 500 ?!
Quand Porsche a présenté sa 930 Turbo au salon de Paris 74, il était prévu d’en assembler seulement 500 juste histoire d’homologuer le Flat 6 turbo en sport auto. En pleine crise pétrolière, miser sur l’avenir commercial de ce genre de pompe à feu, c’était pas gagné… Mais, entre son look ravageur, son caractère mécanique docile en bas et terrifiant en haut, son compromis idéal mi-supersportive mi-GT, vont obliger Porsche à revoir les ambitions à la hausse. 500 ? Pourquoi 500 ?! Tant que ça se vend, on continue… et ça fait 50 ans que ça continue !
Porsche 930 Turbo bv5… le Graal !
Celle que je vous ai trouvée, elle est sortie d’usine en 89… aïe, ça pique en bas du dos des puristes ! Oui, une des dernières 930 Turbo avec son Flat 6 de 3.3 l pour 300 ch mais surtout, sa boite G50, une Getrag manuelle. Faut savoir que la 930 Turbo est née avec la boite 4… aucune boite 5 au catalogue de Porsche ne pouvait encaisser le couple. Il faudra attendre la fin de l’année 88 pour voir arriver la boite G50 qui équipera les toutes dernières 930 produites, la pépite pour tout collectionneur.
A la sauce Promodet
A peine sortie d’usine, cette 930 Turbo a pris la direction du Japon. Après quelques années de vie « normale », il va lui falloir changer de main pour devenir l’une des Porsche les plus bestiales de l’archipel. Son nouveau proprio est un ami de Komine San, grand gourou du garage Promodet. Ce spécialiste Porsche est aussi discret que talentueux. La légende raconte qu’il a fait partie de l’équipe qui a donné naissance à la Yoshida Specials du Mid Night Club. Forcément, avec un tel CV, notre 930 Turbo et sa boite 5 vont prendre cher…
Dedans…
Pour commencer la caisse va être entièrement vidée… l’objectif est de la mettre autant sur la piste que sur la route. Si le tableau de bord est conservé, oubliez le cuir et la sono. Place à deux baquets Recaro, le levier de vitesses (un Wevo avec Shortshift), le pédalier, un extincteur et un arceau. Tout c’qui a été jugé inutile a été viré, la moquette, les panneaux de portes, le ciel de toit… on la croirait prête à prendre le départ à Daytona.
Dehors…
Dehors, la coque a été backdatée avec une face avant classic, des portes et un capot allégés, des ailes plus larges, un pare-choc avant de type RS et un aileron biplan réglable sur le cul. La discrète robe blanche à bandes rouges essaye de la faire passer pour plus gentille qu’elle ne l’est… même le simple Carrera en bas des portes tente de cacher son jeu.
Dessous…
Dessous, les trains roulants ont été empruntés à une 964 avant d’être renforcés et complétés de moyeux sur mesure. Tirants et barres viennent de chez M Machines et les suspensions Bilstein RSR ont été réalisées spécialement pour elle. Si le freinage arrière a été conservé, les disques et les étriers avant viennent d’une 928 S4. L’ensemble est posé sur des Fuchs en 17″ chaussées en 225/50 devant et 275/45 derrière.
Flat 6 énervé !
Vous aurez compris qu’avec tout cet attirail, on n’pouvait pas se contenter d’un Flat 6 simplement débridé… fallait du velu, du coriace, du couillu ! Et c’est le cas, tout a été revu, du carter aux culasses. Ensemble mobile forgé et équilibré, carter goupillé, arbres à cames, grosses soupapes avec ressorts renforcés, turbo Turbonetics, wastegate HKS, collecteur et ligne sur mesure, intercooler 3 couches, radiateur d’huile à l’avant, boitier électronique paramétrable MoTeC M4 déporté derrière le baquet du pilote et boost controler HKS EvcII posé sur le tableau de bord. Et ça ne s’arrête pas là… la boite a elle aussi été renforcée, associée à un DGL Promodet, un embrayage de 996 Turbo et un volant moteur allégé.
550 ch pour 1020 kg… c’est ton sphincter qui va faire la gueule !
Voilà… tout ça, ça veut surtout dire 550 ch pour 1020 kg. Soit un RPP de moins de 2. Vous voyez où ça mène ? En gros, il y a de quoi vous enfoncer les yeux au fond des orbites pendant que votre nuque fera tout c’qu’elle peut pour ne pas démissionner… comme votre sphincter. A la base la bestiole est née pour la piste, mais la magie de certaines règlementations lui a permis de poser les roues sur la route, comme à Miami où elle s’amuse maintenant à repeindre la route à noir !












































