’62 LaDawri Conquest Supercharged – Quand tu passes à la fibre…!
par Thierry Houzé | 23 mai 2026 | Street |
On nous casse les burnes avec la fibre depuis un p’tit moment. La fibre par ci, la fibre par là, genre c’est la grosse nouveauté de ces dernières années. Alors que bon, ça fait plus de 70 ans que les bagnoles s’y sont déjà mises ! Fibre de carbone, fibre de kevlar, fibre de bambou, fibre de coco ou plus simplement fibre de verre, elles en ont presque de partout ! Tenez, regardez cette LaDawri Conquest, sans fibre, elle n’existerait même pas…

La fibre, c’est la vie !
L’histoire de LaDawri commence au début des 50’s. Leslie Albert Dawes, un jeune entrepreneur canadien s’intéresse à la fibre et à ses dérivés, un nouveau matériau en pleine croissance qui apporte des solutions multiples, notamment la possibilité de l’utiliser pour en faire des carrosseries de voitures, comme vient de le faire Chevrolet pour sa Corvette en 53. En 56, il lance sa marque dont le nom est une contraction de ses initiales associée aux premières lettres du nom de son associé, Don Wright.
Made in Canada
Son premier modèle sera la Cavalier, la première sportive canadienne à carrosserie en fibre de verre. L’année suivante il déménage son entreprise dans le sud de la Californie qu’il estime être le fief des sportives et des kit cars, avec pour objectif de s’assembler et de proposer des coques en fibre adaptables sur des châssis venus des différents constructeurs américains. L’aventure LaDawri va durer jusqu’en 1965. La mode est passée, les muscle cars ont pris le relai et séduisent les amateurs de sportives. Il n’empêche qu’en 9 ans, LaDawri aura écoulé un peu plus de 700 kits.
LaDawri Conquest
Son modèle le plus célèbre sera la Cavalier qui finira sa carrière sous le nom de Conquest. Ce roadster biplace aura même droit à la couv’ du célèbre magazine Road & Track de juillet 57, s’offrant ainsi un coup de pub national qui boostera sérieusement sa production. A ses côtés, d’autres modèles viendront compléter le catalogue, la Sebring, la Quest ou encore la Daytona. Chacun des kits était conçu pour être poser sur des châssis spécifiques en conservant les trains roulants, le freinage, le moteur et sa transmission.
Châssis Ford 52
Cette LaDawri Conquest a été vendue en 62 et livrée dans le Wyoming où elle a pu être greffée à un châssis Ford 52 raccourci et modifié, avec 4 freins à tambour et posé sur des jantes à rayons en 15″ chaussées en Cooper Lifeliner. Son physique est plutôt séduisant. La carrosserie en fibre s’habille en bleu métal et présente un pare-brise emprunté à un camion Chevrolet des années 50. La coque est renforcée par un arceau intégré. La face avant se pose sur des ailes galbées qui se terminent sur des optiques Lucas PL et un double naseau grillagé.
V8 289 ci et Paxton SN-60
En 63, elle reçoit son moteur, le tout nouveau V8 Ford de 289 ci (4.7 l) qui va plus tard se retrouver surplombé d’un compresseur Paxton SN-60. Il accueillera également un carbu 4 corps Holley, un collecteur d’admission HiPo, un carter d’huile modifié et cloisonné, une ligne sur mesure et un gros radiateur alu. Plus de 250 ch partent via une boitoto C4 à 3 rapports en direction d’un pont Ford de 9″ avec différentiel autobloqu’ Positraction.
Du bleu partout
Dans le cockpit, le tableau de bord et la console centrale sont eux aussi en fibre, intégrés à la coque. Ils accueillent une instrumentation Stewart-Warner, un rétro, des interrupteurs à bascule, un autoradio ainsi que le volant 3 branches et le levier de vitesses Fenton. On termine sur la moquette bleue et les deux baquets vontage tendus de vinyle bleu.
Avant les Muscle
Il faut comprendre qu’au milieu des années 50, les ricains amateurs de sportives n’avaient pas grand chose à se mettre sous la main. Soit ils prenaient les vieux tromblons de leurs pères et grands pères pour en faire des hot rods ou des customs, soit des sportives européennes, italiennes, allemandes ou britanniques. Sur le marché américain, en dehors des paquebots chromés, les sportifs devaient se contenter de la Corvette ou la Thunderbird… rien d’autre. Du moins jusqu’au milieu des 60’s et l’arrivée d’une certaine Mustang. Ceci explique l’existence mais aussi la mort de ces « constructeurs » amateurs, sortes de génies farfelus aussi talentueux qu’illuminés qui ne cherchaient qu’à combler un vide !
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