La Cox, au delà de son rôle de voiture du peuple, elle a aussi dû enfiler le costume de voiture des constructeurs de kit car. VW en a tellement vendu qu’elle est devenue un base idéale, facile à dégoter et pas chère. Du coup, elle en a vu de toutes les couleurs… comme cette Aquila Gullwing, tout droit venue de la fin des 70’s…

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Lorsque Ferdinand Porsche a imaginé et développé la Cox, il s’est inspiré de la Tatra V570… d’ailleurs Tatra a aussitôt fait un procès à VW… annulé lorsque l’Allemagne envahira la Tchécoslovaquie ! C’est une technique qui vaut c’qu’elle vaut. Enfin pour en revenir à notre voiture du peuple, pour la partie production, pendant l’été 1936, Ferdinand traversera l’Atlantique histoire de visiter les usines Packrd, Geneal Motors et Ford. A l’époque les américains sont largement en avance en terme d’industrialisation. A son retour, alors que les premiers protos commencent à aligner les kilomètres, la Cox est armée pour envahir la planète. En 38 elle est dévoilée au public, et l’année suivante, sa production s’apprête à être lancée dans une toute nouvelle usine construite spécialement pour elle. En plein conflit mondial et après 210 voitures assemblées, la chaine de montage est alors stoppée et réquisitionnée pour laisser la place aux Kübelwagen et Schwimmwagen qui reposent sur des châssis de Cox.

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Car la spécificité de la Cox vient de là. Une plateforme sur laquelle on vient greffer les trains roulants et la mécanique qui, refroidie par air, évite de se trimbaler un radiateur. C’est simple, fiable et une fois que le châssis est prêt, il ne reste plus qu’à y coller la caisse. Cette simplicité hyper accessible va inspirer au début des 60’s, un certain Bruce Meyers qui va alors avoir l’idée de le récupérer pour y greffer un caisse en fibre. Châssis de Cox… coque en fibre, sans le savoir Bruce lançait une nouvelle mode. Et vu qu’au début des 70’s VW a déjà écoulé plus de 16,5 millions de Cox, elle est devenue au passage la reine de la plateforme à tout faire.

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En tout cas elle va faire le bonheur de Robert Mueller (appelez le Bob), le boss d’American Fibre Craft, une société basée en Californie et spécialisée dans la fibre. A la fin des 70’s, lui aussi va vouloir sa voiture en habillant un châssis de Cox. Oubliez la Beetle, place à un coupé sportif au dessin ravageur avec une face avant affutée, un cul tendu et relevé mais surtout, des portes papillon qui amplifient son caractère. Mueller dit s’être inspiré du concept BMW Turbo de 72 mais aussi de la Bricklin SV-1.

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Derrière, on retrouve le Flat 4 aircooled… en l’occurence l’antique 1.2 l de 40 ch. Rien de sportif en rapport au physique de la voiture. Mais pour les plus exigeants, il était possible de choisir d’équiper sa voiture d’un 1.6 l gavé aux carbus Holley. Même chose pour le train arrière qui pouvait sur demande (et en échange du paquet de dollars qui allait avec) passer sur des roues et suspensions indépendantes ou encore faire poser la clim. En gros quasiment tout était possible à partir du moment où on alignait les billets !

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Vous pensez bien qu’avec ce genre de caisse on est loin des productions industrielles… tout est fait en mode artisanal. Les ajustements sont un peu aléatoires, sans compter que la fibre ça craque, ça grince et quand ça travaille trop, ça se fend !

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Au début des années 80, American Fibre Craft va assembler 150 Aquila Gullwing, toutes de couleur crème avec un habitacle marron. Aujourd’hui, on ne sait pas vraiment combien ont survécu, si ce n’est qu’on en voit parfois sortir une lors d’une vente aux enchères où elles peinent encore à passer la barre des 10000 $. Il n’empêche que l’Aquila Gullwing a tout pour devenir un futur collector…. enfin, surtout de l’autre côté de l’Atlantique, car du nôtre, quasiment personne ne connait, à part vous maintenant.

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