’88 Toyota Celica All-Trac Turbo IMSA GTO Champion Edition… 100% Collector !
par Thierry Houzé | 19 mai 2026 | Street |
Dans les années 80, quand la Toyota Celica débarque en IMSA GTO, ça fait rire les oiseaux et chanter les écureuils… mais surtout, on s’fend la gueule à Detroit. Le sushi et son p’tit 4 pattes turbalisé ne va pas faire un pli face aux gros V8 bien de chez eux. Mais finalement, la jap va jouer un remake de Pearl Harbor, et en 87, elle écrase la saison. Pour fêter ça, Toyota va offrir une série ultra limitée de la Celica All-Trac Turbo, les IMSA GTO Champion Edition…

Tora Tora Tora
Quand la Toyota Celica est dévoilée au salon de Tokyo en octobre 70, elle veut se la jouer Pearl Harbor, hurler « Tora Tora Tora » en allant attaquer le marché américain et notamment une certaine Mustang. Le coupé japonais ne manque ni d’ambition, ni d’arguments. Disponible uniquement en notchback sans montant central, il affiche la fameuse silhouette bouteille de Coca. Qui plus est, le réseau a été mis en place aussi rapidement que le catalogue pièces Toyota pour garantir un service 1ère classe. Autant dire que chez Toy on a sorti tout l’attirail pour convertir les rois du hamburger au sushi ! Même si avec la Celica, c’est 4 cylindres au pays des V8… en attendant, elle va trouver sa place et séduire les adeptes de la scène import en devenir.
Du rallye à l’IMSA
Pour s’acheter une image, Toyota va bien entendu faire enfiler le jogging à son coupé. Alors c’est en rallye que la Celica va aller forger son image… si ce n’est qu’aux States, le rallye, on s’en tamponne. Alors histoire d’aller taquiner les ricaines dans leur jardin, c’est en endurance que le coupé japonais va tenter de chercher le bonheur mais surtout de le trouver… au moins la gloire et le succès. Et ça tombe bien puisqu’en 85, la nouvelle génération s’apprête à pointer le bout de ses pop-ups… et que le règlement de l’IMSA GTO est prêt à l’accueillir.
Mangeuse de V8
C’est en 86 que la Celica se retrouve lancée dans l’grand bain de l’IMSA. Toyota s’associe à Dan Gurney qui se charge de l’engager en GTO à travers sont écurie AAR (All American Racing). La bête repose sur un treillis spaceframe tubulaire, habillé d’une coque en carbone de type silhouette. Remuée par un 4 cylindres 2.1 l turbo (le 4T-GTE) annoncés à 450 ch (mais qui en affiche probablement plus de 600) pour un poids de 960 kg, elle va vite se mettre à chasser le V8 ! Si en 86, elle profite de la saison pour peaufiner et corriger ses quelques défauts de naissance, notamment sa fiabilité, elle revient l’année suivante avec son lot de pièces détachées Toyota qui rendent son bloc indestructible et la ferme intention de passer au gros calibre. Deux Celica sont alignées (plus une 3ème en cours de saison) et sur les 17 courses que compte la saison 87, elle va signer 20 podiums dont 8 victoires pour clôturer la saison sur un doublé pilote / constructeur… fin du game ! L’année suivante, vexés comme des cougars oubliées à la fin d’une soirée échangiste, les constructeurs américains font pression sur l’orga pour imposer du lest et des brides aux moteurs turbalisés… parait même qu’ils souhaitaient que les pilotes des voitures non américaines, courent avec les yeux bandés et les mains attachés dans le dos… proposition finalement rejetée ! Il n’empêche que face à ce favoritisme cette équité, les américaines reprendront le contrôle du championnat. Mais ceci est une autre histoire…
GT Four
Quoiqu’il en soit, histoire de fêter le titre de 87 et d’aller chauffer les ricains qui ne s’en sont toujours pas remis, Toyota décide de proposer une série ultra limitée de Celica. Le constructeur japonais va piocher dans son catalogue pour en sortir la ST165 plus connue sous le nom de GT Four. C’est la toute première Toyota à recevoir le 3S-GTE, le 4 cylindres 2.0 l 16s turbo de 185 ch et 250 Nm qui passent sur l’asphalte via 4 roues motrices avec différentiel autobloqu’ à viscocoupleur. 77 voitures vont voir le jour, toutes habillées en Super White, chaussées en roues de 14″ blanches elles aussi, avec un habitacle tendu d’un sellerie velours bleu nuit et décorée de stickers IMSA GTO Champion. Tout le reste est identique à la GT Four de série si ce n’est que sur le marché américain, elle va s’appeler Celica All-Trac Turbo.
Une occasion… à trouver !
Pourquoi 77 ? Eh bien parce que Toyota n’a ciblé que la Californie, et que l’état comptait 77 concessionnaires où chacun d’entre eux se devait de posséder un exemplaire proposé à la vente. Bon, autant dire que même si les 77 voitures vont trouver preneurs, l’opération va passer sous les écrans radars. Par contre, 40 ans plus tard, chacune de ces Celica All-Trac IMSA GTO Champion peut se targuer du statut de collector sans en faire pour autant un outil de spéculation. Celle que je vous ai trouvée vient de se vendre il y a quelques jours pour un peu moins de 16000 $… moins cher qu’une Clio Williams ou qu’une Golf Rallye… pourtant moins rares mais aussi, moins performantes !
© socal_vc via BaT