En 1879, dans les arènes de Cordoue, Rafael Molina “Lagartijo” mène le combat contre Murcielago. Malgré 24 estocades, le taureau est toujours debout et continue de charger. Impressionné et ému par ce courage exceptionnel, le torero abandonne le combat et demande sa grâce. Le taureau va alors rejoindre l’élevage de Miura et servir de géniteur à une lignée de taureaux tous plus réputés les uns que les autres, mais aussi, donner son nom à la supercar Lamborghini qui va signer son entrée dans l’an 2000…

Lamborghini Murcielago
C’est en 2002 que débarque la Lambo Murcielago. Elle pousse la Diablo à la retraite et en profite pour inaugurer la germanisation de la marque italienne. Depuis 1998, Lamborghini appartient à Audi… et si les ingénieurs allemands avaient tenté de rectifier le tir sur la Diablo, ils ont eu carte blanche avec la Murcielago. Les sceptiques vont vite être rassurés. Esthétiquement, c’est une vraie Lambo, basse, large, affutée, impressionnante… méchante ! Le V12 Bizzarrini est toujours de la partie. Bien entendu les sorciers teutons se sont penchés sur son cas. Il affiche maintenant 6.2 l, passe en carter sec, accueille une distribution variable sur les 4 arbres à cames, avant d’être piloté par un accélérateur électronique. Il affiche 580 ch à 7500 trs pour 651 Nm à 5400 trs. Associé à une boite 6 manuelle ou E-Gear, les watts filent aux 4 roues puisque la transmission intégrale, accueillie dès 1993 par la Diablo, a été conservée. La coque a été renforcée, tout comme es trains roulants, et tout a dû être revu, corrigé et validé par les cerveaux d’Ingolstadt. Au final le gros bestiau, malgré ses presque 1700 kg, revendique le 0 à 100 en moins de 4, passe le 400 m en quasiment 12 secondes et le kilomètre 10 secondes plus tard avant de filer à plus de 330 km/h.
4 roues motrices
La transmission intégrale garantissait la motricité, le grip et rendait la Murcielago safe… même si les lois de la physique restent ce qu’elles sont, surtout dans un engin aussi puissant et aussi lourd. Le problème, c’est « qu’en face », à Maranello notamment, on faisait passer les watts seulement sur les roues arrière. Alors pour certains, sa qualité aller devenir son défaut… les plus sportifs regrettent qu’une propulsion ne soit pas proposée au catalogue. Et même si quelques rumeurs ont abordé le développement d’une éventuelle Supperleggera, se sera finalement la LP 670-4 SV qui deviendra la plus radicale de la famille en octobre 2009, mais toujours en 4RM. En gros, pour avoir une Murcielago propulsion, il fallait enfiler la combi et le casque pour aller dompter une Murcielago R.
Propulsion
Tout ça, c’est sans compter les plus chtarbés des fans, prêts à tout pour arriver leurs fins. Et si les plus allumés iront jusqu’à faire homologuer une version course pour la route, d’autres vont préférer confier leur supercar à des « préparatueurs » pour les convertir en propulsion. C’est le cas de celle que je vous ai trouvée. Cette « simple » Murcielago de 2005 est passée par les ateliers du préparateur allemand, DMC. En plus de sa transmission revue, elle va se parer de tout l’attirail esthétique de la LP 670-4 SV, pare choc avant, diffuseur, aileron, éléments carbone… avant de se retrouver en robe Grigio Antares. Ses prises d’air latérales escamotables (d’origine, elles se déploient à partir de 130 km/h) sont bloquées en position ouverte. Les jantes sont fournies par BBS, elles s’affichent en 19″ et 20″ enrobées de Toyo Proxes Sport de 235/35 et 345/25. Derrière, les étriers rouge mordent des disques maintenant percés. Si les trains roulants sont laissés d’origine, le V12 se contente de chanter à travers une ligne full inox décatalysée.
Cuir et carbone
Dans le cockpit, c’est cuir Nero Perseus, carbone, baquets allégés à réglages manuels et sono complète. Du sport oui, mais sans sacrifier les quelques notions de confort. Faut pas déconner non plus ! Même si ça n’en fait pas pour autant une Maybach… oui calmez vous !
Vous aimez le twerk ?
Le reste ? Bah j’en sais rien. Le proprio est toujours en vie et la caisse semble nickelle. Ca prouve que malgré l’ablation des roues avant motrices, l’engin n’est pas pour autant devenu une caisse de drift, en attendant, ça semble domptable même si pour la courbe rapide en mode pied tôle ou le soudage direct en sortie d’épingle en visant la trajo, doit y avoir un peu plus de sport et de twerk. C’était l’objectif… on peut dire qu’il doit être réussi !
© Wob via BaT