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Si la Lamborghini Murciélago représente pour les puristes le premier modèle depuis la germanisation de la marque, pour d’autres elle prend la suite de ses grandes sœurs sur les posters des chambres d’ados. La SV c’est la version (très) énervée, et on vous la présente, gaz !

Alors avant de commencer faut quand même que je vous partage un truc. Ecrire cet article à quelque chose de particulier, car cette Lambo est vraiment une de mes caisses de rêve d’ado. Je me rappelle encore dévorer son essai il y a bientôt 12 ans sur Option Auto. Donc écrire dessus aujourd’hui c’est… Voilà. Un bouclage de boucle. Difficile de mettre des mots clairs là dessus, mais j’avais envie de vous en parler. On est intimes maintenant ! Allé, la séquence émotions est finie, place à la violence !

Après que l’équipe vous ait parlé de la Murciélago 40th Anniversary, de la GT1 énervée de chez Driftworks et de la R-SV, c’est au tour de la SV de poser ses roues chez DLEDMV. Titi l’avait dit, c’est sûrement la Lambo récente la moins représentée chez nous, mais pas la moins intéressante. Au contraire ! C’est un peu la Porsche 996 de Lambo. On a changé un truc fondamental, les puristes gueulent, mais pourtant, la marque en vend !

Du coup on retourne en 2010. La Murciélago arrive à la fin de sa carrière, 8 ans de bons et loyaux services, en coupé, découvrable, a grand coups de séries spéciales et d’évolutions. L’Aventador pousse à la porte, et la Gallardo devient la voiture du peuple de chez Lambo. Et à Sant’ Agata, SV (pour Super Veloce), ça veut dire bouquet final. Le baroud d’honneur. Le délire de sagouin avant de tirer une révérence.

Cette Murciélago SV reçoit le patronyme LP 670-4, pour Longitudinale Posteriore (pour moteur longitudinal arrière si vous aviez pas percuté), 670 ch, 4 roues motrices. Oui les gars, c’est la dernière évolution du V12 Bizzarrini qui officiait depuis 40 ans sous le capot des super cars. C’est pour lui aussi un baroud d’honneur. On retrouve donc l’antique bloc cubant 6.5L de la LP 640-4, mais ici en version 670 ch et 660 Nm de couple, associé à la boîte robotisée E-Gear à 6 rapports. De quoi s’assurer des sensations à l’ancienne, à l’heure où les boîtes DSG commençaient à prendre place un peu partout sous les caisses du groupe VAG. Le truc fou c’est que quelques exemplaires – moins de 5 d’après nos recherches – furent équipés de la boîte manuelle 6 vitesses, je vous laisse imaginer les sensations…

Le moteur c’est très, bien, mais c’est surtout de dehors que la Murciélago SV est la plus impressionnante. La claque ! C’est une véritable fracture de la rétine de poser le regard sur cette bagnole. La version « de base » est déjà hyper impressionnante, mais cette ultime évolution, c’est un tableau de maître. Chaque élément modifié est sublimé, agressif, acéré. On ne peut pas passer à côté de l’énorme aileron qui permet un appui aéro contre 5 km/h de pointe. Mais ici la vitesse de pointe on s’en fout un peu. Le fun, le violent, le sans filtre. Voilà ce qui caractérise cette putain de caisse.

De part et d’autre de la carrosserie, on retrouve des évolutions de la Murcié. Les entrées d’air avant sont agrandies et béantes, le double diffuseur arrière est prêt à diriger le flux, quand le double échappement central laisse la place à une énorme « tuyère » qui n’est pas sans rappeler la différence entre échappements Audi RS VS S. Le capot moteur en trois parties hexagonales évoque le dessin de celui de la Reventón, et tient plus de la pièce d’art que mécanique, même si sa fonction première est de refroidir les 12 gamelles qui s’énervent là dessous.

Le truc intéressant avec la Murciélago SV, c’est qu’on sent qu’elle est pile poil entre deux évolutions stylistiques de Lambo. On retrouve le design assez arrondi des années 2000 qui tutoie les formes hexagonales taillées à la serpe de l’Aventador. C’est vraiment une caisse entre deux eaux, où le résultat aurait pu être raté, mais on est plutôt sur un coup de maître. Les 4 jantes en 18 finissent d’achever ce qui reste du caleçon et elles sont chaussées en 245 devant et… 330 derrière ! Elles abritent des freins carbone céramique ventilés qui permettent d’exploiter la voiture au maximum.

Dedans on a droit à une explosion d’alcantara mêlée à des éléments en carbone dont les sièges baquets avec harnais 4 points, le tout réhaussé par des surpiqures colorées et les logos SV. L’ensemble se marie vraiment bien. D’ailleurs, l’utilisation de carbone et d’alu « en masse » sur la SV permet à la miss de gagner 100 kg par rapport à la LP 640.

Vraiment les gars, cette Lambo, c’est pas la plus performante, la plus rapide, ni la plus rafinée. Mais c’est certainement la plus authentique. Elle fait profiter vos oreilles de la quintessence des derniers hurlements du V12 qui a fait la renommée de Lambo, tout en étant plus légère et plus acérée. Avec elle s’éteint aussi un châssis repris de la Diablo, et aussi le passé de Lamborghini. Produite à 350 exemplaires, en croiser une tient presque du miracle. Elle fait moins bien sur la papier qu’une Bugatti Veyron, mais tellement mieux en termes de dressage de poils. Alors pensez-y quand vous serez dans votre Tesla qui lui mettra sûrement la misère, mais sans toutes les sensations qui vont avec…

© Mecum