Aujourd’hui, à 19 ans, ils se lobotomisent sur l’écran d’un smartphone ou tentent de devenir des stars des réseaux sociaux en se filmant en train de jouer à FIFA. Et encore, j’suis soft ! Bill Breece, lui, à 19 ans, il construisait pépouze dans le garage de son père un hot rod sur base de Ford 32. Ok ! C’était dans les 50’s, y’avait ni smartphone, ni PS4… mais p’tain, les jeunes ils savaient s’occuper !

Un hot rod à 19 balais…!
C’est à tout juste 19 ans que Bill Breece s’achète une Ford 32. Ce coupé 3 fenêtres est strictement d’origine, équipé de son célèbre flathead qui allait par la même occasion démocratiser le V8 sur le sol américain. Totalement piqué à la culture hot rod qui faisait rage à l’époque, il commence par top chopper le toit de 7,5 cm puis continue en comblant les ouïes du capot et en passant les portes en ouverture suicide. Des feux arrière de Pontiac de 1950 avant de poser l’engin sur un jeu de jantes tôle plus larges avec enjo’ chromés. Il termine par un robe violet métal du plus bel effet…
Impressionnant !
Avec un tel plumage, il faut y associer le ramage, en l’occurrence un V8 Oldsmobile de 303 ci (5.0 l) vient remplacer le flathead. Pour passer le gazier, il se retrouve obligé de virer le capot… Et histoire d’optimiser la répartition des masses, il recule le bloc au maximum. En y étant, il y met une pipe d’admission Edmunds avec deux carbus 4 corps WCFB surmontés d’un double filtre à air siamois et d’un allumage Mallory Magspark. Il greffe ensuite des collecteurs 4 en 1, des arbres à cames et des culbuteurs en magnésium cachés sous des couvres culasses Edmunds eux aussi. Il se charge de grandir et de polir les conduits. Pour passer les watts, Bill mise sur une boite manuelle 3 vitesses empruntée à une Cadillac LaSalle 37 et installe le levier au plancher. En cas d’excès d’optimisme, il pose un servofrein Thunderbird Hydro-Vac de 55 et des pédales oscillantes de Ford 54 afin de compenser le recul du gazier, et termine la partie mécanique avec une direction transversale de Ford 48.
Rose et blanc
Dans l’habitacle, il moule un tableau de bord inspiré du style cascade des Oldsmobile de 52. Le volant aussi vient d’une Olds’ de la même année. La sellerie blanche et rose « tuck-and-roll » a été réalisée par un spécialiste dans l’Ohio. Ouais voilà, tout ça à 19 ans !
Le road trip de sa vie
En 55, une fois la voiture terminée, il part pour ce qui va devenir le road trip de sa vie. Il rejoint Great Bend dans le Kansas pour la 1ère édition du NHRA National Drags. Il en repart avec le premier prix dans sa catégorie. Puis il repart pour Los Angeles et accroche ce coup ci un nouveau prix lors du L.A Motorama. Le temps de faire décorer le tableau de bord de son Ford 32 par Von Dutch, il décide de s’installer sur L.A et trouve un job dans le speed shop de Georges Barris à Lynwood. Il y croise Pat Ganahl le rédac’ chef du Rodder’s Journal, qui reste scotché devant le taf réalisé par Bill sur son coupé Ford 32.
508 ch et 786 Nm…
Bill va rouler avec son hot rod jusqu’à la fin des 70’s et ne va cesser de le faire évoluer. Quand il s’en sépare en 1980, il est équipé de trains roulants à suspension indépendante empruntés à une Jaguar Type E. Mais son histoire ne s’arrête pas là car le nouveau proprio décide de virer le V8 Olds pour le remplacer par un méchant V8 GM de 502 ci (8.2 l !) qui débarque avec un attirail de 508 ch et 786 Nm… La voiture est alors repeinte en rouge grenat avec liserés noirs et argents. Une robe qu’elle a toujours aujourd’hui.
Immortelle !
Après avoir changé de mains à plusieurs reprises, elle finit sa route dans le garage de Richard Munz, un collectionneur californien. En 2007, à l’occasion du 75ème anniversaire de la Ford 32, la Ford Motor Company a sélectionné le Bill Breece Coupé parmi les 75 hot rods sur base de 32 les plus importants de l’histoire. On appelle ça une légende…







































