’76 Porsche 911 S devenue RSR 3.8 – Une grenouille sous emphet’ !
par Thierry Houzé | 9 mars 2025 | Street |
Si aujourd’hui on a mystifié la Porsche 911, c’était encore loin d’être le cas lors de sa sortie en 64. Avec 130 ch sous le capot, y’avait pas de quoi exciter les fans… Pour ça, il va falloir attendre octobre 66 et l’arrivée de la Porsche 911 S… un S qui allait presque tout changer mais surtout, servir de tremplin à un gamme qui allait devenir RS mais aussi RSR…

Porsche 911 S
Quand Porsche dévoile sa nouvelle 901 en 63 (qui va devenir 911 à partir de novembre 64, le 0 au centre d’un nom étant déposé par Peugeot pour le trou de la manivelle) ce n’est pas l’euphorie chez les adeptes de la marque. Celle qui vient remplacer la 356 arrivée au bout de son développement, affiche une approche technique moderne, mais son Flat 6 de 2,0 l se contente de 130 ch. Et ça, ça coince pour les adeptes qui n’y voient aucun bénéfice puisqu’en 62 la 356 Carrera 2.0 affichait déjà la même puissance malgré son Flat 4. Pour ne rien arranger, les toutes premières 901 2.0 l produites affichent un comportement délicat à la limite, qui va obliger Porsche d’en revoir rapidement les réglages du châssis. Mais, vexé dans son orgueil, l’état major de Porsche va réagir et dévoiler lors de l’édition 66 du salon de l’auto de Paris, une Porsche 911 S. Un S qui va changer beaucoup de choses mais surtout, réconcilier la 911 et les Porschistes.
S pour Sportive
Cette Porsche 911 S propose un moteur revu à 160 ch ainsi qu’un châssis retravaillé afin d’en faire une base sérieuse pour un engagement en compétition mais aussi pour d’autres déclinaisons toujours de plus en plus affutées et puissantes. En 72, la S va évoluer et devenir un modèle d’homologation avec la 2.7 l Carrera RS qui elle, servira de base à la RSR, sa version 100% course. La légende est enfin en marche…
Puis RS et RSR
Pour beaucoup, la Carrera RS reste le Graal de la famille 911 quand d’autres n’ont que le regret de ne jamais avoir pu profiter d’une version stradale de la RSR. Enfin heureusement, il reste la solution du outlaw afin de corriger les choses… ou du moins, en donner l’illusion, même si elle n’est qu’officieuse. C’est le cas de cette magnifique 911 blanche, passée en mode backdating afin de répondre à l’idéal de son proprio.
S au rabais ?
A la base, il s’agit d’une 911 S de 76, soit une Type G, première évolution de la 911 apparue en 74. Elle embarquait le bloc 2.7 l de la Carrera RS, simplement dégonflé à 175 ch… et moins puissante que l’ancienne 911 S qui embarquait le 2.4 l de 190 ch. Mais les choses vont changer en 75 avec l’arrivée de la 930 Turbo qui joue maintenant le rôle de la sportive de la famille. Elle sera accompagnée l’année suivante par la Carrera 3.0 l qui pousse alors la 911 S à la retraite… sauf sur le marché américain où les normes antipollution vont faire chuter sa puissance à 165 ch !
Backdating sauce RSR
C’est donc l’une d’elles qui vous taquine la rétine. Restaurée au début des années 2000, son proprio en a profité pour la faire passer en mode RSR. Et à tous les niveaux… à commencer par la caisse, entièrement mise à tôle afin de recevoir des ailes arrières en tôle de 930 et des ailes avant de 911 de la génération précédente. Son toit ouvrant a été condamné, les pare-chocs ont été remplacés par des versions RS tout comme les deux capots, en fibre pour l’avant et équipé d’un ducktail à l’arrière. Deux antibrouillards Cibié, un film jaune sur les phares et une robe blanche et des stickers rouge plus tard et la boucle esthétique était bouclée.
Du grip
Enfin non, fallait aussi compter sur un jeu de jantes Braid rouges en 8 et 10 x 17″ chaussées de gommes Continental ExtremeContact Sport accusant 215/45 et 275/40. Au niveau des trains roulants, on compte des combinés Bilstein, de nouvelles barres stab’ et des biellettes de direction renforcées Tarett Engineering, des barres de torsion plus grosses ainsi que des platines afin de régler la chasse et le carrossage. Pour le freinage, des étriers Brembo mordent des disques empruntés à une 930.
3.8 l pour 320 ch
Le minimum pour encaisser les uppercuts du nouveau gazier, un Flat 6 aircolled de 3.6 l piqué à une 964 et entièrement reconditionné par Poudre Sports Car Enterprises basé à Fort Collins dans le Colorado. Le bloc a vu débarquer de nouvelles chemises LN Engineering en 108 mm et des pistons JL histoire de passer le taux de compression à 11,5:1 et passer la cylindrée à 3.8 l. Des arbres à cames Dougherty Racing 993SS et un échappement M&K GT3 libèrent le 6 pattes. 320 ch filent aux roues arrière via une boite 5 manuelle type 915 associée à un DGL Guard.
Classe et racing
Pour mener la bête, le cockpit est resté classe mais racing. La banquette arrière a été sacrifiée au profit d’un demi arceau, l’avant voit emménager deux baquets GTS Classic avec harnais Repa, des panneaux de portes allégés, un levier WEVO, un pédalier Rennline, un volant Raid et des manos VDO. La clim et la sono ont été abandonnées.
C’est bôôôôô !
Ca lui va tellement bien ! Un backdating inspiré de la RSR fait toujours autant son effet. Et j’en ai d’autres en stock. Mais bon, on distillera petit à petit histoire d’éviter une indigestion… ou pas !
© poudresportscar via BaT