Vous connaissez Hardy & Beck ? Non, rien à voir avec une marque de glaces ou de saucisses végétales pour vegans ! Hardy & Beck, c’est le duo qui, dans les 70’s, est venu casser les codes au pays du custom en devenant le 1er importateur Alpina sur le sol américain mais aussi à s’inspirer des créations du préparateur allemand pour proposer leurs propres kits et pièces perfs. Et la BMW 630 CSi que j’vous ai trouvée, elle vient tout droit du passé…

'77 BMW 630 CSi Hardy & Beck - Tuning au pays du custom... 1

 

BMW 630 CSi

Cette BMW 630 CSi de 77 est passée directement par la case Hardy & Beck. Quoi 630 CSi ? Oui, à l’époque où les américains étaient en pleine période de castration mécanique, BMW leur avait réservé le M30B30, un 6 en ligne de 3.0 l alimenté par un injection mécanique Bosch D-Jetronic. S’il affichait 197 ch sur le coupé E9, un catalyseur venait le brider à 173 ch sous celui du coupé E24. Et c’est là que Hardy & Beck vont entrer en jeu…

 

Le tuning européen aux USA

Alors que les petrolheads américains se pavanaient en custom ou en hot rod, Allen Hardy et Hans Beck allaient miser sur les européennes en important les accessoires et pièces perfs Alpina au pays de l’oncle Sam. Ainsi, en 1970, Alan et Hans allaient fonder à Berkeley en Californie, un atelier de tuning spécialisé dans les sportives européennes en général. Rapidement, ils se font un nom grâce à l’importation de pièces Alpina et la préparation de BMW. Leur speed shop va alors jouer un rôle clé dans l’introduction de la culture tuning européenne aux États-Unis. Ils en deviennent les pionniers… et cette 630 CSi en est le reflet.

 

Hardy & Beck

Vendue en 77, elle va passer par l’atelier Hardy & Beck début 1978. Elle y reçoit un jeu de jantes OZ Futura. Elles s’affichent en 17″ et sont enrobées de gommes en 205/55 et 225/50. Pour la petite histoire, H&B proposait ses propres jantes, au design inspiré de celui des Alpina, devenues aujourd’hui des reliques recherchées par tous les collectionneurs américains BMW. Dans les ailes, des combinés Bilstein / Eibach permettent de rouler plus bas et plus dur. Pour le grip, ils rajoutent également des barres antiroulis ajustables et de plus gros diamètre. Pour le freinage, si H&B avait jugé celui d’origine suffisant, le proprio actuel a préféré le passer en Wilwood avec étriers 4 pistons et disques percés et rainurés, associés à des durites avia.

 

Dehors…

Dehors, le gros coupé teuton en robe Polaris métal joue dans la sobriété. Mais les quelques modifs le rendent vite plus agressif. La lèvre inférieure en fibre est signée H&B, le rétroviseur gauche a été viré, les phares intérieurs ont laissé leurs places à des prises d’air grillagées et à l’arrière, une découpe a été faite pour laisser passer la sortie d’échappement centrale.

 

Dedans…

Dedans, c’est la même… classe, mais sans pour autant oublier la touche perso qui va bien. Les baquets Scheel sont tendus de cuir noir d’une finition semblable à une housse de siège auto d’origine pendant que des tapis Coco habillent le sol. Le volant Nardi et e pommeau sur mesure sont en bois. Le levier de vitesse a été rehaussé et doté d’un short shift. Les copteurs sont adaptés alors qu’un gros compte tour a été rajouté. Trois manos complémentaires ont poussé sur la console centrale et le boitier de gestion a été déplacé dans la boite à gants. Dans le coffre, on retrouve désormais un réservoir de type racing et la batterie à la place de la roue de secours.

 

271 ch aux roues…

Sous l’capot, le 6 en ligne a pris du grade. Un nouvel ensemble mobile forgé le fait passer à 3.5 l. Au niveau de la culasse, les soupapes sont plus grosses et les arbres à cames plus pointus. Une rampe d’ITB avec 6 papillons individuels est montée sur un collecteur d’admission H&B. On retrouve également de nouvelles bobines, un nouveau faisceau, des injecteurs à plus gros débit, un radia alu, une durite d’admission d’air, un film d’isolation thermique sur l’aile côté collecteur, une ligne complète inox et une gestion sur mesure. Au final, le gazier envoie 271 ch aux roues arrière via une boite manu 5 Getrag associée à un DGL. Pardon ? 271 ch ? Oui moi aussi, je m’attendais à plus ! Mais d’après son proprio, la rage avec laquelle il va chercher la zone rouge et ses hurlements métalliques auraient de quoi dresser les poils.

 

Tellement moderne…

Sous ses airs de young’ qu’on pourrait croire aujourd’hui dépassée, ce coupé BMW 630 CSi n’a jamais été aussi moderne et actuel. Sa ligne n’a pas pris une ride et son habitacle respire le charme d’une époque où on savait se contenter de l’essentiel. Quant à son comportement, ça reste une béhème des 70’s… efficace et joueuse. Le tout, pour le prix d’un crossover hybride moderne… Et dire qu’il y en a qui hésitent encore…

 

 

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