Quand t’as une Ferrari Enzo dans ton garage, logiquement t’es en place et normalement, t’as d’autres pépites – italiennes ou pas – qui cohabitent avec elle. ‘Fin j’veux dire par là que t’as laaaaargement de quoi t’en contenter sans chercher à aller plus loin. Mais dans le milieu des oies (oui, là où ça se gave !) l’égo est parfois plus important que la taille du compte en banque… et c’est ça qui souvent donne naissance aux histoires comme celle de la Iding Power F07…
5 millions le morceau !
Pour pouvoir admirer l’une des 400 supercars italiennes produites entre 2002 et 2005, et profiter des hurlements de son V12 de 6.0 l, le ticket d’entrée est aujourd’hui autour des 4 – 5 millions d’€. Et ça peut grimper beaucoup plus haut en fonction du kilométrage ou du prestige des people qui ont tourné son volant. Comprenez que la Ferrari Enzo fait partie de ces engins emblématiques que leurs proprios préfèrent entreposer sous verre, dans un garage blindé, ultra sécurisé, à atmosphère régulé dans le but de les ressortir seulement dans 10 ans en espérant réaliser un culbute financière aussi délirante qu’on le ferait avec un Koons ou un Warhol.
Les faire rouler c’est bien aussi !
Rassurez vous, certains préfèrent rouler… même s’ils sont en voie de disparition, ils continuent de faire tourner le compteur de leur Enzo. Bon, ils ne sont pas forcément adeptes d’y enfiler des milliers de kilomètres, mais une petite sortie dominicale, au mois de juillet, sur les bords de la Méditerranée… le genre Monaco – Sospel, ça n’fait pas de mal et ça décrasse les soupapes ! D’autres, encore plus rares, qui doivent se compter sur les doigts d’une main de lépreux, n’hésitent pas à leur faire vivre ce pour quoi elles ont vu le jour… s’enivrer des 660 ch qu’ils vont chercher à 8000 trs, en allant chasser la trajo sur circuit.
Iding Power
Et il y a le j’m’en balec ! Pour lui, l’Enzo, c’est un déplaçoir rouge avec un cheval cabré… « Bah tu vois, elle en manque un peu, puis bon, j’dis pas qu’on en croise à tous les coins de rues, mais 400, ça devient quand même commun. Tu ressembles à quoi si tu croises la même que la tienne tu vois ?! Nan, on peut pas s’en contenter ». Ouais, y’en a qui sont quand même vachement bien gratinés. Très riches, mais très gratinés…! C’est le cas d’Ide San, le proprio de cette Enzo, un japonais, à qui il en fallait plus. Et ça tombe plutôt bien quand t’es le boss d’Iding Power, l’un des ateliers les plus côtés de l’archipel. Ide San a été formé chez BMW Motorsports à la fin des 70’s jusqu’au début des 80’s, avant de rentrer au Japon afin d’ouvrir son propre garage, Iding Power. Il se fait rapidement un nom en présentant en 85 une 325 i et une M5 E28 revues et corrigées. Deux ans plus tard, c’est une M3 E30 et une M635 CSi qui défraient les couvertures des mag’ spécialisés. En 89, il commence à se pencher sur les italiennes de Maranello. Depuis, il devient l’une des références dans le milieu de la prépa moteur, à tel point que son expertise en fera l’un des membres de l’équipe Kokusai Kaihatsu Racing qui mènera la McLaren F1 à la victoire des 24h du Mans en 95. On peut dire Monsieur ! D’autant plus que son expertise, il la met au service aussi bien de projets « routiers » sur mesure que de programmes en GT et en endurance. Et avec un tel CV, pensez bien que pour confier sa caisse à Iding Power, mieux vaut avoir le budget et la caisse confiée à la hauteur des ambitions et du savoir faire de la maison… Avec tout ça, pensez bien que la Ferrari Enzo était entre de bonnes mains.
V12 6.3 l pour 700 ch
Pour commencer, ils ont sorti le V12 F140B et l’ont ouvert pour y poser un nouvel ensemble mobile afin de le faire passer de 6.0 l à 6.3 l, d’en revoir la gestion, l’admission et l’échappement. Une fois remonté, il avait gagné 40 ch et 19 Nm pour afficher 700 ch et 676 Nm. Le refroidissement a été revu ultérieurement. Ils l’ont ensuite chaussée de jantes magnésium en 20″. Chacune pèse 2,5 kg de moins que les modèles d’origine. A ce niveau là, le moindre gain, si minime semble t’il, a son importance. Esthétiquement, les phares ont été revus pour reprendre le look de la cousine La Ferrari. On compte également un nouveau spoiler avant et un pare-choc arrière inspiré par la SP3. La grille est imprimée en 3D et accueille la sortie d’échappement en son centre. Des events aident le V12 à laisser échapper ses calories. Enfin les rétroviseurs ont été remplacés par des caméras pendant que le toit est passé au noir brillant.
Ferrari Enzo F07
Celle qui s’appelle maintenant Ferrari Enzo F07, Ide San y a déjà consacré 10 ans de préparations et de modifications en privilégiant la qualité au temps et au budget pour en faire probablement l’une des Ferrari Enzo les plus particulières de la planète…