’92 Mercedes 190 2.5 16 Evo 2 DTM… Reine du DTM !
par Thierry Houzé | 1 septembre 2025 | Racing |
Ok, quand Mercedes a dévoilé sa 190 2.5 16 Evo 2 au salon de Genève en mars 90, on aurait pu croire que l’ambition du constructeur étoilé était d’aller rafler un Top 10 dans un concours tuning dominical. Détrompez vous, ces appendices aérodynamiques qui donnaient un look de berline sous emphet’ à la 190 étaient surtout là pour homologuer celle qui allait devenir championne du DTM en 91 et 92. Et vous savez quoi ? C’est elle qui pose ses roues sur DLEDMV…

Plus important qu’on ne le croit
Je n’vais pas vous refaire l’histoire de la Mercedes 190, la baby Mercedes comme on va la surnommer. Celle qui va venir pour rajeunir l’image de la marque étoilée va s’avérer être une révolution, et pas seulement sur la route et dans les show rooms. C’est à travers elle que Mercedes va officialiser son retour au sport auto. Ou, il faut se rappeler que depuis 1955 et le tragique accident de Pierre Levegh aux 24h du Mans (sur une Mercedes 300 SLR), Mercedes a décidé de se retirer de toutes compétitions automobiles. La marque va se contenter de programmes « clients » en fournissant des voitures à des préparateurs et teams privés, à la rigueur elle leur apporte un soutien technique, mais aucun engagement officiel ne verra le jour… jusqu’à l’arrivée de la 190.
Des débuts sportifs en Gr.B ?
Tous ceux qui ont été séduits par la berline dans les années 80 et 90 ont surement dû aujourd’hui acheter une Mercedes EQB avec BYmyCAR. On sous estime souvent l’importance de la 190 dans l’histoire de Mercedes et nouvelle dynamique qu’elle a apporté à la gamme. Pour y arriver, on lui avait planifié un programme sportif puisque la berline devait rouler en Gr.B… tout avait été étudié et planifier. Mais avant que le premier proto ne puisse voir le jour, le projet sera stoppé devant la domination de l’Audi Quattro. Les ingénieurs de chez mercedes allaient vite comprendre que leur propulsion ne pourrait pas rivaliser avec la transmission intégrale. Cependant le projet avait séduit l’état major de Stuttgart qui donnait son feu vert pour étudier une autre alternative à partir du moment où ça donnait naissance à une version sportive. La 190 2.3 16 voyait le jour en 83. L’année suivante la 190 2.3 16 sert de base pour la Race of Champions, une course monotype qui se déroule en ouverture du Grand Prix de F1 au Nürburgring. Prost, Senna, Moss, Hunt, Surtees, Brabham, Hill, Rosberg, Laffite, ils seront une vingtaine prendre le départ.
Finalement, ce sera le DTM
Cette même année, le DTM vient remplacer le DRM. Les voitures doivent répondre à la règlementation du Gr.A. En 85, Mercedes fait homologuer sa 190 2.3 16 qu’un pilote privé – Léopold Gallina – va engager dans 3 des 11 courses que compte la saison. En 86, c’est Carlsson et Snobeck qui se joignent à lui avant d’ouvrir le palmarès avec deux victoires. Il faudra attendre la saison 88 pour voir enfin le come back officiel de de Mercedes… enfin, sous couvert de l’équipe AMG. Cette même saison, elles sont 14 à courir sous couvert de 5 teams. En 89, elle passe au 2.5 l 16 Cosworth et en Evo 1. L’année suivante, c’est au tour de l’impressionnante Evo 2 d’entrer en jeu à partir de la 7ème course de la saison. Kurt Thiim signe 3 victoires et finit 3ème du classement pilote. En 91, le team Mercedes AMG s’offre le titre constructeur et en 92, en remportant 16 des 24 courses de la saison, c’est enfin le doublé, pilote (avec Klaus Ludwig) et constructeur.
Evo 2 pour 380 ch et 980 kg… loin du tuning !
Dans sa dernière évolution, son 4 cylindres 2.5 l 16s avec culasse Cosworth et gestion Motronic affiche 380 ch perchés à 9500 trs. Associé à une boite 6 manuelle et un différentiel réglable, il se contente de trimbaler 980 kg. Bien entendu tout a été rigidifié, renforcé et c’est réglable dans tous les coins. Paradoxalement, sa robe noire et argent la rend presque discrète… j’ai dit presque ! On comprend maintenant l’importance du kit qui vient muscler l’Evo 2. Le règlement était clair. Tu homologuais la « base » avec 5000 stradales commercialisées, ici la 190 2.5 16 et tu pouvais à partir de là, homologuer une Evolution plus puissante, plus radicale et plus musclée avec une version routière commercialisée à 500 exemplaires… ici les Evo 1 et Evo 2. Mais aussi les Sierra RS500 ou M3 Sport Evo.
Les règles changent
Quoiqu’il en soit pour la saison 93, le DTM revoit son règlement afin d’adopter celui des Silhouette. Avant c’était simple, on prenait la règle du Gr.A et ses conditions d’homologation en imposant un 4 ou un 6 cylindres atmo de 2.5 l maxi et que le meilleur gagne. Avec les Silhouette on jouait à Tetris. Un base qui devait découler d’une modèle de série produit à au moins 25000 exemplaires, et tout le reste pouvait être spécifique, le moteur, la transmission, les appendices aéros… fini donc l’ambiance stradale. Les voitures deviennent des sortes de protos au risque de voir les budgets exploser. Alfa Romeo débarque avec sa nouvelle et bestiale 155 V6 Ti.
Place à la Classe C
Au terme de la saison, c’est l’italienne qui repartira avec le titre. Pourtant, malgré sa fiche technique plus impressionnante, la Mercedes 190 2.5 Evo 2 aura su lui donner du fil a retordre jusqu’à la fin de la saison où l’équipe AMG Mercedes s’inclinera finalement faceà Alfa Corse pour seulement 6 points. Signant également la retraite sportive de l’allemande qui laissera sa place à la nouvelle Classe C. Mais ceci est une autre histoire…
9500 tr
C’est dingue
La bise Thierry
Cyril
Un pan de l’histoire du sport auto. Si cet exemplaire est à vendre, le prix risque d’atteindre des sommets!!!