’93 Lamborghini Diablo GTR Evolution – Signée Affolter !
par Thierry Houzé | 4 novembre 2025 | Street |
Si comme moi vous avez été abreuvé à Option Auto alors logiquement le nom d’Affolter n’a aucun secret pour vous. Du coup, vous vous doutez déjà que la Lamborghini Diablo GTR Evolution signée par Affolter fait partie de ces pépites des 90’s que le temps a fait glisser du monde du tuning à celui des collector. Car à l’image de certains créateurs modernes, Affolter ne se contentait pas d’y coller un kit, il revisitait la supercar italienne…

Affolter
C’est en 1980 que Roland Affolter ouvre son garage. Situé à Porrentruy en Suisse, il se spécialise dans la vente de sportives et de caisses haut de gamme. En 84, alors qu’il déambule dans les allées du salon de Genève, il tombe en arrêt devant la bestialité de la Lamborghini Countach. Après une longue négociation avec l’importateur suisse, il quitte le salon en étant devenu concessionnaire pour la marque. La bonne affaire pour le constructeur puisque Roland Affolter va devenir le plus gros vendeur européen de Lamborghini. Aujourd’hui, la concession Affolter est devenue une institution qu’on visite à l’image d’un musée… les fans de la marque s’y rendent comme en pèlerinage. A savoir que les 5000 m2 d’exposition accueillent aussi bien les monstres de Sant’Agata Bolognese mais aussi ceux de Maranello, de Stuttgart, de Gaydon, de Crewe ou de Molsheim (ouais, je vous laisse réviser votre géo !). Plus de 300 voitures sont vendues chaque année… avec un tarif qui affiche 6 chiffres la plupart du temps et dépasse même parfois les 7 chiffres…
Diablo GTR Evolution
Quand la Diablo débarque en 1990, Affolter en profite pour lancer son programme de personnalisation. Nous sommes en pleine vague du tuning qui touche aussi bien les voitures populaires, les sportives mais aussi les supersportives et supercars. Elle s’appuie sur un réseau de spécialistes comme Ruf, Koenig, Strosek, DP Motorsport ou encore Lister. Affolter va entrer dans la danse et appliquer la même règle où le budget du client représente la seule limite au projet. Tout est faisable… de la carrosserie à l’habitacle ne passant par le moteur et les trains roulants. Si ce n’est qu’à l’image de beaucoup de préparateurs, Affolter va proposer plusieurs programmes « clé en main » que le client n’aura plus qu’à choisir, en pouvant sélectionner deux ou trois options en fonction de son budget. En gros, il peut se contenter d’un kit carrosserie, et y rajouter s’il le souhaite un traitement personnalisé pour l’habitacle ainsi que pour le V12. Et si on veut la totale, on signe pour une Diablo GTR Evolution.
Encore plus que plus !
Au programme, la caisse est rhabillée. Certains éléments sont remplacés et en profitent pour passer au carbone pendant qu’un kit se charge du reste. Nouveaux pare-chocs à l’avant et à l’arrière, nouvelles ailes avant qui intègrent les rétros latéraux, capot arrière à jalousie intégrée, gros aileron à volet réglable et prises d’air un peu partout notamment sur le capot avant et le toit. Notez que les ailes abandonnent les pop-ups pour les remplacer par des projecteurs fixes… à croire qu’Affolter a inspiré Lamborghini pour la refonte de sa supercar (signée VAG) qui débarquera en 99. Quoiqu’il en soit, niveau discrétion et finesse du style, on peut repasser… et avouer qu’il y a pire aussi ! Mais à ce niveau de prestation, les clients veulent surtout que ça se remarque… encore plus ! Ben oui, c’est bien un délire dicté par l’égo ça de penser qu’on passe inaperçu en débarquant au volant d’une Diablo, même 100% d’origine. Les riches n’ont définitivement pas les mêmes problèmes que les autres…
Atmo ou turbo…
Les jantes sont réalisées sur commande d’Affolter chez OZ Racing. Pour remplir les ailes, elles s’affichent en 18″ devant (comme celles d’origine) quand celles de derrière gagnent 1″ et passent à 13,5 x 19″ ! Dans la liste des options, on pouvait choisir des combinés Bilstein avec ressorts Eibach, mais aussi un programme spécial pour le V12. Si celui de cette Diablo Viola Metallic a été laissé d’origine avec les 492 ch (il expire juste à travers 4 silencieux Remus), il était possible de cocher la case « Escargots » qui pouvait alors pousser le gazier jusqu’à 620 ch… voire plus pour certains. Mais chez Affolter, afin de ne pas entacher les bonnes relations qu’on avait avec la maison mère, on préférait rester discret sur les prépas moteur.
Tout bleu
Dans le cockpit, c’est déjà plus soft… enfin, toujours pareil, tout est une question de gouts. Ici, on a posé de l’alcantara bleu partout où on pouvait. Baquets, tableau de bord, console centrale, panneaux de portes, montants, ciel de toit… même le cache central du volant et les tapis de sol y ont droit. Pour le reste, c’est carbone apparent et cuir pour le pommeau (Quand j’ai eu mon permis en 93, j’avais acheté le même chez Norauto pour mettre dans mon coupé Ascona 1600 SR !) et le volant.
Les temps changent…
Comme souvent, celles qu’on taxait de caisses de footballeurs dans les 90’s sont devenues avec le temps de véritables collectors qu’on s’échange maintenant sous le marteau d’un commissaire priseur à des tarifs qui dépassent ce qu’ils valaient neuves (et même d’origine !). On ne parle plus de tuning mais de personnalisation. Et c’qu’on trouvait encore ringard il y a quelques années et aujourd’hui devenu tendance. Qui l’eut cru ?!
Ah les libertés d’homologation à la carte grise en Suisse, permettent bien des choses, dont celle-ci.
on rêve d’une législation tout pareil dans l’hexagone , ce qui risque pas d’arriver (encore moins maintenant, Europe oblige)
Sinon, l’exemplaire si avant fait vraiment dans le « too much » même en mode nostalgie power de 2025!!! Association de couleurs beurk (violet et bleue pour l’intérieur), jantes couleurs carrosserie de trop, pour moi c’est non.
Je pense que pour la même somme, il y avait moyen de faire tellement mieux!!!
Je trouve qu’à part l’aileron un peu haut , cela a super bien vieilli. Côté couleur ça change du triple black de corbillard ! Ah les années Option Auto…
3 voitures violette en …3 articles…