La Mercury Eight, c’est ni plus ni moins celle qui va inaugurer la nouvelle marque du groupe Ford. Autant dire une sorte de symbole de l’automobile américaine. Par contre, pour poser ses roues sur DLEDMV, pensez bien qu’on ne va pas vous l’afficher d’origine… et ça tombe bien puisque la Merc’ est l’une des bases traditionnelles les plus utilisées pour les passer à la sauce custom. On n’va quand même pas foutre en l’air les traditions non ?!

Mercury
Mercury a vu le jour en 1939, tout droit sortie de l’esprit d’Edsel Ford, le fils unique du grand Henry. A l’époque, les big three font la pluie et le beau temps sur le marché de l’automobile américaine. Ford, General Motors et Chrysler y vont de leur ribambelle de marques qui se concurrencent les unes et les autres. Et justement, chez Ford, il y a un trou dans la gamme entre les populaires Ford et les luxueuses Lincoln. Mercury va donc voir le jour avec l’objectif d’aller rivaliser avec Buick, Pontiac, Chrysler mais aussi Dodge et DeSoto. Autant dire que la Eight, qui va être la 1ère à porter le blason de la marque, va avoir un sacré challenge à relever. Elle va porter à elle seule les ambitions de la marque jusqu’au début des 50’s (malgré un pause dans sa production entre 42 et 46, en raison du conflit mondial), et se retrouver sous quasiment toutes les formes possible et imaginable, berline 2 et 4 portes, coupé, cab’ et break… dont un original woodie. Mais ceci est une autre histoire. Quoiqu’il en soit, avant de laisser sa place à la Monterey, la 3ème et dernière génération de Eight – millésimes 49 à 51 – va devenir l’un des symboles des rebelles adeptes du custom et la base idéale pour un lead sled.
BadBoy signé Bo Huff
Bien entendu, c’est le cas de celle que je vous ai trouvée, shootée chez Bo Huff Customs qui s’est attelé à respecter tous les codes de la discipline ! Celle qui est devenue BadBoy est lissée et chopée. Le toit reçoit un habillage en toile beige. Devant, entre les doubles optiques superposés et largement intégrés dans les ailes, on retrouve une calandre piquée à une DeSoto de 53 tandis que les pare-chocs viennent d’une Pontiac de 56. A l’arrière, c’est les mêmes si ce n’est qu’une barre chromée se charge de les relier. Les trois feux sont frenchés. Des panneaux viennent fermer les ailes arrière. Enfin les jantes chromées se contentent d’être en 15″ enrobées de gommes Coker à larges flancs blancs. On note aussi les sorties en side pipes, les barrettes chromées à l’embase des ailes arrière, les rétros fixés en haut des montants de pare-brise ou encore les deux projos latéraux de type Police. Une robe noire tranché par de l’orange sur les bandes latérales, celle au milieu du capot et autour des phares avec un discret pinstriping violet.
Hydraulique
Histoire de laisser des traces sur le bitume, la Eight accueille des trains roulants de Chevrolet Monte Carlo accompagnés d’une suspension hydraulique afin de la passer en géométrie variable. C’est pas fait pour attaquer… juste pour cruiser le plus bas possible et poser au sol une fois arrêté. Enfin histoire de, le freinage compte maintenant sur des disques aux quatre coins.
Baisodrome !
Dedans, tout c’qui a pu l’être a été recouvert de cuir noir. Les sièges sont pivotants ! La console centrale, les accoudoirs et le volant sont en cèdre verni. Le ciel de toit voit débarquer 3 miroirs… un pour chaque siège avant et un plus grand au dessus de la banquette arrière. Des manos qui vont bien, une clim Vintage Air, une sono et les deux accoudoirs reprennent des arabesques orange afin de rappeler les touches extérieures.
Remplacer un V8 par un V8
Enfin sous le capot, le V8 Flathead 255 ci (4.2 l) d’origine a laissé sa place à un… V8 de 396 ci, un small block Chevy gavé par un carbu 4 corps Holley alimenté par une prise d’air Hilborn. Un gris radia alu avec ventilos électriques, des couvres culasses Mickey Thompson, les collecteurs 4-2-1 qui se terminent sur les ligne en side pipes et la boucle est bouclée. De quoi envoyer un peu plus de 300 ch aux roues arrière via une boitoto 4 rapports Turbo 400.
70 balais pour la légende
Cette Merc’ Eight de 1950 BadBoy signée par Bo Huff est un morceau d’histoire. S’il existait un Panthéon du custom, elle y aurait sa place. D’autant plus que sous ses airs de paquebot posé par terre, elle affiche quand même ses 70 ans !
© JimmiVonHaas via BaT