’99 Jaguar XK180 Concept – Une XKR qui joue au Top Model !
par Thierry Houzé | 27 avril 2026 | Street |
En 48, Sir William Lyons décide de produire ses propres moteurs. Il donne alors naissance au célèbre XK. Maintenant, il lui faut un écrin… en l’occurrence, un châssis et une caisse. Ce sera la XK120, qui voit le jour après seulement 2 mois de gestation. 50 ans plus tard, Jaguar présente le concept XK180, une manière de rendre hommage à son roadster fétiche. Si ce n’est qu’entre temps, beaucoup de choses ont changé…

Commencer par le commencement
C’est en 1922 que Sir Williams Lyons fonde Swallow Sidecar Company, fabriquant de sidecars et de carrosseries automobiles. Mais rapidement, ils abandonnent les sidecars pour se consacrer exclusivement aux 4 roues. Ils commercialisent une Austin 7 recarrossée, une sorte de microcar biplace. Puis en 31, ils lancent l’Austin Seven Swallow, une berline compacte 2 portes à 4 places ainsi que le petit roadster Hornet. En 33, ils conviennent d’un partenariat avec la Standard Motor Company qui leur fournira châssis et moteurs. La famille SS voit alors le jour, des roadsters sportifs équipés d’un 4 cylindres pour la SS2 et d’un 6 en ligne pour la SS1. Les voitures prennent une dimension plus sportive et luxueuse, l’occasion de rebaptiser la marque qui devient SS Cars Limited… la gamme s’étoffe, les modèles évoluent, berlines sport 4 portes et coupés décapotables 2 portes SS100 (c’est comme ça qu’on les définit à l’époque !) jusqu’à ce que l’effort de guerre vienne stopper nette la production en 39.
Jaguar Cars Limited
En 45, une fois la paix revenue, Lyons peut remettre en route sa production automobile. Si ce n’est que le patronyme de sa marque évoque maintenant des souvenirs obscurs… alors afin d’éviter un sinistre amalgame, SS Cars Limited devient Jaguar Cars Limited en référence à la puissance, l’agilité, la vitesse et la grâce que dégage le félin. Qui plus est, Jaguar se prononce de la même façon dans plusieurs langues… parfait quand on nourrit des ambitions internationales.
6 en ligne XK
Quoiqu’il en soit, les premières Jaguar sont des SS Cars rebadgées. Et cela pose un nouveau problème à William Lyons qui souhaite maintenant les équiper de moteurs « maison ». Il ressort alors un projet lancé au milieu des années 30, qui s’inspirait du bloc 6 en ligne des moteurs Standard, sur lequel avait été développées des culasses à double arbres en tête. Le projet codé X était associé à une lettre – A, B, C… – qui changeait en fonction des évolutions et essais. En 48, celui qui sera validé était codé XK, un 6 en ligne de 3442 cm3 affichant 160 ch et qui en gardera le nom. Et maintenant que le moteur est prêt, il lui faut une voiture. Ce sera une voiture de sport, produite en série limitée.
XK120
Les ingénieurs de Jaguar vont alors réaliser la prouesse de développer une voiture en seulement 2 mois. L’objectif est de présenter la voiture finie au London Motor Show de 1948. Pour ce faire, ils reprennent un châssis de SS Cars MkV qu’ils vont raccourcir puis en revoir les trains roulants. Pendant ce temps là, William Lyons fait dessiner une caisse que les carrossiers vont façonner à la main dans des tôles d’alu (qui passeront à l’acier à partir de 1950). Aussi élégante que sportive, la voiture est capable de passer la barre des 193 km/h, ou plutôt 120 mph. Une barre symbolique pour l’époque… elle en fera son nom, XK120. Le succès est immédiat, à tel point que la série limitée va vite devenir un modèle de série qui s’écoulera à plus de 12000 exemplaires de 48 jusqu’à 54 et même plus si on prend en compte les XK140 et XK150 qui viendront la faire évoluer de 54 à 57 pour la 1ère et de 57 à 61 pour la 2nde avant que la Type E ne vienne définitivement la mettre à la retraite.
Type C et Type D pour 5 victoires aux 24h
Au delà du roadster qui va marquer son époque et l’histoire « automobilistique », la XK120 va également servir de base de développement aux Type C et Type D, légendes de la course auto qui remporteront pas moins de 5 victoires aux 24h du Mans en 51, 53, 55, 56 et 57. ‘Fin bon, c’est bien loin tout ça…
50 ans
Eh oui, si aujourd’hui Jaguar a pris une direction aussi passionnante qu’un toucher rectal à sec, il fut un temps où la marque savait encore se rappeler de son ADN et de son histoire. Ce sera le cas en 98 au Mondial de l’Automobile de Paris. Afin de célébrer le 50ème anniversaire de la XK120, le constructeur dévoile une XK180 sooooooo sexy ! Le dessin signé Keith Helfet fait référence aux sportives des 50’s tout en s’inspirant de la XJ220. Puis c’est l’équipe de Special Vehicle Operations dirigée par Browns Lane qui va prendre le relai afin de lui donner vie.
De XKR à XK180
D’abord, ils récupèrent une XKR, virent la coque, conservent la plateforme, le V8 4.2 l Supercharged préparé à 450 ch pour 605 Nm et sa boitoto avec palettes au volant. Tout le reste est réalisé sur mesure. L’empattement est raccourci et les trains roulants revus, la suspension optimisée et le freinage Brembo upgradé avec étriers 4 pistons pour mordre des disques percés. Des jantes en 20″ enrobées de gommes Pirelli se chargent de remplir les ailes. Bien entendu, là encore, le XK180 fait référence à la vitesse de l’engin qui, plus compact et plus léger que la XKR, revendiquerait 180 mph (290 km/h).
Artisanale…
Pour l’habiller, une équipe va façonner des panneaux d’alu. Ce sont les mêmes tôliers qui se sont chargés des Type C et Type D 45 ans auparavant. Des saute-vent font office de pare-brise et de vitres latérales, avec des rétros dont le style semble dicté par le vent. C’est la même chose pour les courbes débarrassées d’angles droits. Les ailes sont galbées et le long capot se contente de prises d’air sous forme de persiennes. L’avant plonge sur une bouche béante encerclée par deux projos ronds. Les phares semblent avoir été empruntés à une Aston DB7. A l’arrière, les baquets se prolongent sur un couvre tonneau à deux bosses avec aileron intégré avant de se terminer sur une face arrière qui reprend le style de l’avant. Les deux silencieux jouent aux lance-flammes ! Une robe British Racing Green Special se charge de mettre les courbes en valeur.
Voyage dans le temps
Dans le cockpit, on retrouve une ambiance cuir chocolat, alu brut, moquette. Notez les arceaux et l’intégration du rétro central. La planche de bord se pare de manos au look vintage et commutateurs à basculeurs. Au delà d’un exercice stylistique, c’est un véritable voyage dans le temps, un bel hommage…
Concept tu es, concept tu resteras…
Bien entendu, comme beaucoup de concept car, la XK180 ne connaitra aucun avenir en dehors de la moquette et des projecteurs. De toute façon, dès le départ, Jaguar avait annoncé qu’elle ne découlerai à rien du tout… faut dire qu’en 98, la marque appartenait encore à Ford qui se remettait encore douloureusement de l’aventure XJ220 dont il se murmure que certains exemplaires sont toujours en train de prendre la poussière au fond de quelques show rooms, à la recherche depuis plus de 6 ans d’un éventuel propriétaire.
Replica
Mais alors, il sort d’où celui que je vous ai trouvé ? Bah de la passion d’un fan qui, après avoir acheté un coupé XKR, l’a fait transformer en XK180 replica. Le gars est allé au bout de son délire, puisqu’en dehors de la couleur des saute-vent, la transformation a été réalisée 100% à l’identique par JePe Racing, un spécialiste basé au Pays Bas. Aïe ! Ca a du énerver les Anglais !