En v’là un beau de tromblon… la Fiat Tipo. ‘Fin attention, c’est la voiture de l’année 89. Ah ça pose les jalons ! D’autant plus que Fiat en a écoulé quasiment 2 millions… en moins de 10 ans. Ca fait moins les malins du coup. Pourtant, j’ai vite lorgné sur quelques sites de petites annonces, on en trouve quasiment plus. Bref ! La Fiat Tipo, c’est pas la caisse que tu mettais en poster sur le mur de ta piole… et pourtant, celle qui débarque, elle risque de nous faire changer d’avis…

 

Fiat Tipo 16v Turbo i.e - On l'aurait presque oubliée ! 1

 

Fiat Tipo…

En tout cas, moi, elle m’a scotché… et une fois de plus, elle prouve que toutes les bases sont bonnes à modifier à partir du moment où t’as du gout et que tu cherches pas à en faire trop. Oui, c’est quand t’en fous de partout que ça devient lourd et que ça gâche le travail. Enfin bref ! La Fiat Tipo, de base, elle n’a pas un physique séduisant… ni dégoutant d’ailleurs. Elle est banale. Pas de prise de risque. Le déplaçoir qui fait le job… 5 places, un coffre, des moteurs qui se contentent de la remuer, un équipement cohérent, un prix attractif et basta.

 

Signée I.DE.A

Quand elle débarque en 88, elle vient remplacer la Ritmo. Et malgré les apparences, ses lignes se veulent originales… le dessin est signé I.DE.A. Fiat avait trouvé leur proposition plus dynamique que celle de Giugiaro, notamment grâce au style de la partie arrière – représentée comme une signature stylistique – mais aussi par les solutions techniques apportées, fruit du proto VSS (Vettura Sperimentale a Sottosistemi), une étude menée par I.DE.A, très novateur sur le plan des solutions de fabrication. Par exemple, le tableau de bord pouvait être assemblé avant d’être installé dans la voiture en le passant par la portière dont l’angle et l’ouverture avaient été spécifiquement calculés. Sachant que c’est la 1ère Fiat assemblée en acier galvanisé. Youhou, fini la rouille… enfin presque !

 

Elle cache bien son jeu !

Alors oui, sous ses airs de sainte nitouche, la Tipo proposait une solution bien plus aboutie qu’il n’y paraissait. Si je reprends ma liste du début… 5 places, mais spacieuses et confortables. Un coffre, logeable et accessible. Les moteurs, ils étaient fiable, pétillants et savaient se montrer économique à l’utilisation et à l’entretien. L’équipement, il était complet et proposait des solutions avant-gardistes comme le tableau de bord digital. Pour ne rien gâcher, les trains roulants étaient bien nés… en même temps, chez Fiat, on savait faire passer les watts par les roues avant. Tout ça, avec un tarif hyper compétitif et agressif… comme quoi, le look ne fait pas tout et dans le cas de la Tipo, il aurait presque pu la pénaliser. Mais ce sera sans compter sur la presse spécialisée qui va plébisciter les qualités de la compacte italienne, notamment son compromis confort / efficacité pour finir par lui octroyer le titre de voiture de l’année 89 pendant qu’elle devient un succès commercial. Son seul défaut ? La qualité des matériaux et la finition… grossières et « à pas cher ».

 

Du sport

En digne descendante de la Ritmo, elle se devait aussi de séduire les sportifs qui pouvaient se retourner sur la version 16v. Elle démarrait sa carrière avec un 1.8 l i.e 16v de 136 ch, accompagné en 91 d’un 2.0 l i.e 16v fort de 146 ch (140 ch catalysé). En 95, elle quittait le marché pour laisser sa place au duo Bravo / Brava. Elle fera un come back en 2016, mais ceci est une autre histoire…

 

Lampredi 2.0 l 16v Turbo

Celle qui nous intéresse aujourd’hui, c’est une Phase 2, c’est à dire sortie après juillet 93. Le 2.0 l, elle l’a toujours… sauf qu’il s’agit maintenant du 2.0 l 16v turbo Lampredi qui a fait le bonheur de quasiment toutes les Fiat, Lancia et Alfa sportives de la fin des 80’s à celles des 90’s. Emprunté à un Coupé Fiat, il affiche 195 ch… d’origine. Si ce n’est que son turbo est maintenant hybride, que son injection a été revue, que l’admission est avec tube alu et filtre conique est plus goulue pendant que la ligne d’échappement en 3″ 100% inox a été réalisé sur mesure. Enfin la gestion est spécifique. Tout ça pour combien ? Eh bien on n’sait pas… mais plus de 200 ch partent désormais sur les roues avant via une boite 5 manuelle accompagnée d’un Torsen, empruntés sûrement au même Coupé Fiat qui a servi de banque d’organes.

 

Passer au sol et y rester !

 Pour l’aider à passer ce p’tit monde au sol et d’y rester, l’italienne a été équipée de combinés filetés BC Racing mais aussi de moyeux et d’un freinage Brembo de Coupé Fiat 20v Turbo. Pour remplir les ailes, un jeu de Speedline Monte Carlo en 16″ enrobées de Toyo Proxess… forcément ! Dedans, elle se contente de compteurs mis à jour et de sièges Recaro avec ceintures rouges.

 

Pourtant la Tempra y a eu droit…

Au final, cette Fiat Tipo Turbo i.e 16v, c’est un pari. Une prouesse technique (la qualité du swap est hallucinante) mais aussi probablement un défi à chaque fois que le couple vient provoquer le grip à chaque grosse attaque. Mais le rendu est d’un cohérence délirante… on se demande pourquoi Fiat n’a pas osé. Surtout quand on sait que la Tempra, qui n’était rien d’autre qu’une Tipo avec un coffre (même plateforme), accueillait le Lampredi 2.0 l 16v Turbo et même la transmission intégrale ! M’enfin bon, on ne refera pas l’histoire…

 

 

© Michael Ward pour Auto Italia & Auto Sportivo