En 93, Zagato s’apprête à fêter son 75ème anniversaire. Du coup, chez Alfa Romeo, l’ami de toujours, on cherche une idée cadeau originale. Un zizi sauteur, des brettelles Pininfarina, l’intégrale d’Intervilles en DVD… comme dirait Kimi le sage : « Bwarf » ! Rien de bien foufou. Par contre, une formule monotype pour gentlemen drivers, avec une caisse signée Zagato, ça ça devrait leur faire plaisir. Et ça tombe plutôt bien puisque celle qui fait parler d’elle, c’est l’Alfa SZ…

 

'93 Alfa Romeo SZ Trofeo - Buon compleanno... 1

 

Concept ES-30

C’est au salon de Genève de 89 qu’Alfa Romeo dévoile son concept ES-30 – Experimental Sportscar 3.0 litres – qui deviendra rapidement l’Alfa SZ (Sport Zagato). Fruit d’une collaboration collective entre Fiat, Alfa Romeo et Zagato, son objectif était de rassurer les alfistes et leur montrer que malgré le rachat par Fiat en 86, Alfa restait Alfa, une marque à l’ADN sportif. Elle affiche un style au caractère très affirmé qui lui vaudra le surnom d’il Mostro. Contrairement aux idées reçues, le dessin de la voiture ne vient pas de chez Zagato. Fiat a lancé un concours entre son centre de style, celui d’Alfa et celui de Zagato. Finalement, ce sera la proposition de Robert Opron (alors designer chez Fiat) qui sera retenue. Zagato va se contenter à légèrement retoucher le dessin de la partie arrière et de l’habitacle avant de se charger d’assembler la voiture. Ceci explique pourquoi la SZ n’a pas le toit à double bossage, signature distinctive des créations Zagato. Donc oui, y’a un peu – beaucoup – de marketing derrière tout ça !

 

Alfa SZ

L’Alfa SZ repose sur la plateforme de la 75 Turbo Evoluzione avec ses trains roulants à rotules uniball, les amortisseurs à gaz Koni ainsi que le freinage (sans ABS) de celle qui aura servi d’homologation pour le Gr.A. Pour remplir les ailes, on retrouve des jantes Speedline en 16″ chaussées de Pirelli P Zero de 205/55 et 225/50. La carrosserie de l’Alfa SZ va être la 1ère à bénéficier de la technologie CAO (conception assistée par ordinateur) afin de pouvoir réaliser les panneaux en Modar, une fibre composite alliant rigidité et légèreté. Le toit est en alu et le becquet en carbone. Exclusivement proposée en Rosso Alfa (une seule sera noire, celle d’Andrea Zagato), la SZ affiche une signature visuelle qui ne laisse personne indifférent. Qu’on aime ou qu’on déteste, on ne peut pas lui reprocher d’afficher son caractère… plus sage qu’il n’y parait d’ailleurs.

 

V6 Busso

Sous le capot, les ingénieurs d’Alfa ont préféré se la jouer Busso, en l’occurence le V6 3.0 l 12 soupapes… Hé oui, le 24v n’avait pas encore vu le jour. Du coup, Il Mostro doit s’en passer, même si pour l’occasion, le 3.0 l 12s a été revu afin d’afficher 210 ch à 6200 trs (au lieu des 190 comme dans la 75 V6 America). Associé à une boite 5 manuelle rejetée à l’arrière, elle affiche malgré tout seulement 1260 kg avec une répartition de 50/50. De quoi l’expédier le 0 à 100 en 7 secondes, de passer le kilomètre en 27,4 avant de s’échapper à 245 km/h. Un Corrado VR6 ou une Nissan 200 SX S14 font mieux… mais bon, elles n’affichent pas l’exclusivité d’une SZ qui ne sera produite qu’à seulement 1036 exemplaires.

 

Alfa SZ Trofeo

1036 exemplaires avec dans le lot 13 voitures un peu spéciales, initiative de Zagato. 13 Alfa Romeo SZ Trofeo… En effet, alors que la production des 1000 voitures prévues arrive à sa fin, Alfa commande 13 voitures supplémentaires et un peu spéciales qui donneront naissance à une formule monotype, le Alfa SZ Trofeo. Nous sommes en 93 et c’est l’occasion de fêter le 75ème anniversaire de Zagato et de montrer que la SZ est une vraie sportive.

 

230 ch… 1100 kg

La Trofeo répond aux spécifications du Gr.N. Son V6 est donc d’origine… seuls l’équilibrage, l’admission et l’échappement ont été revus pour y faire gagner une dizaine de chevaux supplémentaires. Les trains roulants sont laissés d’origine, le freinage est upgradé et les Speedline ont laissé leurs places à des OZ Racing 3 parties toujours en 16″ mais enrobées de slicks. L’habitacle perd sa banquette au profit d’un arceau et d’un extincteur. Le tableau de bord passe en mode minimaliste avec manos et coupe circuit. Deux baquets avec harnais, un volant tulipé Momo, un pommeau blanc et un pédalier alu se chargent de prouver qu’elle n’est pas là pour aller aux fraises ! L’isolation est aussi enlevée pour que la voiture se contente de 1100 kg. Dehors, on retrouve des peintures de guerre et des attaches capot, mais rien ne vient perturber les lignes de l’italienne.

 

Dernière propulsion !

Le SZ Trofeo va se contenter de 8 courses. 7 en Italie dont Imola et Monza mais aussi Monaco, toutes en ouverture des GP de F1 93. Bon, l’histoire n’en retiendra pas grand chose… on a oublié que le champion du SZ Trofeo sera le pilote allemand Franz Engstler. Pas même que le châssis N°1 engagé servira à recevoir un pilote VIP à chaque course. Par contre, il parait que les hurlements du Busso ont marqué à vie tous ceux qui les ont entendus. A Monaco, on disait que les hurlements rauques et métalliques des 13 SZ étaient tout aussi impressionnants que ceux des V10 des F1. Il n’empêche que cette Alfa SZ en jogging signera la disparition de la propulsion dans la gamme Alfa… jusqu’à ce qu’elle fasse son come back 13 ans plus tard sur la 8C. Mais ceci est une autre histoire…

 

 

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