’99 KS360 biturbo – Quand Willy s’occupe de la Ferrari 360 Modena…
par Thierry Houzé | 11 août 2026 | Street |
Willy Koenig, j’vous en ai tellement parlé que j’ai l’impression qu’il fait partie de la famille. En même temps, difficile de passer à côté des créations totalement délirantes du sorcier allemand. Qu’on aime ou pas, il n’y en a pas beaucoup qui ont échappé aux redoutables prépas qu’elles soient esthétiques ou mécaniques. Et aujourd’hui, c’est au tour de la Ferrari 360 Modena de passer par l’antre de Willy afin de recevoir un kit biturbo et le célèbre blason Koenig Specials…

Viola Hong Kong
Je ne vous cache pas que sans cette robe Viola Hong Kong et ses touches dorées, je serais surement passé à côté de cette Ferrari 360 Modena. Idem pour le shooting… putain, le gars aurait pu faire un effort. Avec une telle teinte, un spot ensoleillé aurait pu mettre ses courbes en valeur. Mais non, il faut se coltiner le show room… qui, je le reconnais, vaut quand même le détour. Mais même dans ces conditions, cette 360 est wahou !
Ferrari 360 Modena
Bon faut avouer que même d’origine, une Ferrari 360, c’est pas une quiche aux épinards ! V8 Tipo F131B central arrière de 3.6 l, culasses 5 soupapes par cylindre, pour 400 ch perchés à 8500 trs et 372 Nm à 4750 trs, envoyés aux roues arrière via une boite 6 manu ou, pour se la jouer comme Schumi, une boite F1. Un châssis aux p’tits oignons, un freinage efficace et endurant, un poids qui sait encore se limiter à 1390 kg… et la bestiole italienne perpétue la tradition des berlinettes pour fêter le passage l’an 2000.
Les footballeurs et les rappeurs ont remplacé les pilotes
Pendant ce temps là chez Koenig, c’est plus trop la fête du slip. Le tuning, c’est fini ! Enfin… c’est plus comme avant. Les footballeurs et les rappeurs ont remplacé les pilotes qui s’achètent maintenant des hypercars sans avoir besoin de leur rajouter des watts. Et les premiers, ils veulent pas se tuer… mais se faire remarquer. Les grosses jantes, les looks tapageurs, les boules à facettes et éclairages néons, les sonos en modes tympans qui saignent et les habitacles ouatés sur mesure ont remplacé les kits quadriturbos, les extensions XXXXL, les ailerons à rendre jaloux le dernier Boeing et le concours des gommes arrière les plus larges… que voulez vous ma p’tite dame, les temps sont en train de changer ! Seulement, chez Koenig, on était un peu perché tout là haut, sur un nuage, et on n’a pas anticipé le changement… Pour ne rien arranger, la concurrence n’a pas joué à 1-2-3 Soleil ! Ruf, Gemballa, Alpina, Brabus, Novitec, TechArt ou Mansory ont su prendre la tangente avec des projets plus tendance !
KS 360 biturbo
Du coup, chez Koenig, on va tenter le drop… KS 600C, un coupé Mercedes 600 qui se la joue grand méchant look (j’y reviendrai dans un autre article) et KS 360 biturbo… ou Ferrari 360 Modena Biturbo… mais bon, Koenig n’appelait plus les Ferrari par leur nom de peur de se prendre un nouveau procès. Quoiqu’il en soit, au programme de la Koenig Specials, un kit N-GT avec un nouveau bouclier avant plus lèvre inférieure, une prise Naca pour le capot avant, deux trappes à essence (une seule est fonctionnelle), des éléments carbone, une face arrière retravaillée et aérée avec un pare-choc équipé d’un diffuseur XXL, un aileron réglable et un capot arrière avec prise d’air de toit en carbone et un accès pour le tout nouvel intercooler et ses deux ventilos…
De 450 à 600 ch
Intercooler ? Oui, le V8 reçoit le renfort de 2 turbos KKK mais aussi de nouveaux pistons Mahle, deux radias plus gros pour la 10W60 et l’huile de boite, un refroidissement optimisé, une nouvelle ligne complète sur mesure des collecteurs aux silencieux, une dumpvalve, une gestion Motronic et un extincteur automatique avec 6 buses installées dans la baie moteur. La boite reste la F1 6 vitesses si ce n’est qu’elle accueille dorénavant un embrayage de Challenge. C’est qu’il faut maintenant encaisser et faire passer au sol entre 450 et 600 ch. Ah, Willy a toujours aimé que le pilote puisse régler la puissance du gazier avec une molette depuis le tableau de bord. En tout cas, en mode 600 ch et 570 Nm, l’italienne germanisée demande seulement 3,6 secondes pour aller chercher les 100 km/h et serait capable de caler l’aiguille sur 330 km/h.
Brembo et BBS
Les trains roulants ont été jugés suffisamment efficaces d’origine pour ne pas s’tuer au premier virage. Enfin, histoire de, les freins ont été remplacés par du Brembo 6 pistons à l’avant et 4 pistons derrière, pour mordre des disques percés en carbone – céramique. Devant, des jantes BBS de 19″ enrobées de Pirelli Pzero en 225/40 et 285/35 se chargent de passer la cavalerie au bitume.
Faut aimer…
Dans le cockpit, c’est… particulier. Faut aimer… mais tout c’qui a pu l’être est tendu d’Alcantara mauve. Le reste a été soit laissé en noir soit doré. Vous aurez compris qu’il fallait bien coller avec la robe Viola Hong Kong de la belle devenue bête. Les baquets sont des Sparco à dossier carbone. La console centrale reçoit deux commutateurs, un pour l’extincteur, l’autre pour le coupe circuit. Derrière le réglage des rétros, la fameuse molette pour choisir la pression à laquelle vont souffler les escargots. Les compteurs ont été modifiés pour coller au nouveau potentiel de l’engin et à la place de l’aérateur central, un mano sert à surveiller la pression de suralimentation. Enfin le volant passe en mode KS… oui, les procès, j’vous l’ai déjà dit.
Vite , donnez moi un ballon !
Au final, même si je porte autant d’intérêt au foot qu’à la discographie d’Hélène Ségara, j’dois avoir une part de moi qui voudrait taper dans un ballon… Je la trouve terrible ! Et j’me dis qu’au niveau de Koenig, en pleine difficulté, ils n’auraient pas pu faire mieux pour se payer un coup de comm’. Bon faut croire que ça n’a pas vraiment marché puisqu’après une dernière tentative en 2001 avec la 575 Maranello, Koenig va cesser toute activité du jour au lendemain et se contenter de vendre des pièces. Walter Koenig, le fils qui avait pris la suite est décédé en 2018… son père le rejoindra quelques mois plus tard. A aujourd’hui, l’entreprise existe toujours.