Toi aussi tu cherches une base pour un custom original ? Rob Ida a peut être la solution… mais attention, pas un truc alacon que tu vas croiser sur tous les rassos du coin. Nan ! Chez Rob Ida, on s’occupe d’une des ricaines les plus emblématiques qu’il soit, la Tucker ! Ah j’vous avais prévenu que le gars il était pas v’nu pour faire du jardinage… ouais parce que son truc à lui, c’est la TTT… la Twin Turbo Tucker !

Ida family
L’histoire de la Tucker, elle mériterait qu’on en fasse un film… d’ailleurs Coppola l’a fait ! Mais on est pas là pour ça. Celui qui nous intéresse aujourd’hui, c’est Rob Ida, dont l’histoire est étroitement liée à celle de Preston Tucker. En effet, en 1947, son grand père a eu l’idée d’investir une grosse partie de ses économies pour devenir revendeur Tucker du côté de Yonkers dans l’état de New York. Malheureusement, un an plus tard, le projet tombe à l’eau après les démêlés judiciaires qui plomberont l’avenir de la berline probablement la plus avant-gardiste qu’auraient pu connaitre les américains. Au lieu de baisser les bras, Joe Ida ouvre un garage ainsi qu’une entreprise de location de remorques à Brooklyn. Son fils Bob reprendra la suite et après avoir déménagé l’entreprise à Morganville dans le New Jersey, il se spécialise dans la construction de hot rods, de customs et de show cars. En 1980 Rob rejoint son père et Ida Automotive se spécialise dans les projets hauts de gamme sur mesure… mais aussi dans la construction de la Tucker 48, une réplique de la célèbre berline en association avec Sean Tucker, l’arrière petit-fils de Preston.
Art Morrison & airride RideTech
Un châssis est assemblé en partenariat avec Art Morrison. Un treillis de tubes rectangulaires assemblé à partir des plans d’origine de la voiture afin de pouvoir en conserver le gabarit originel au millimètre près. Les trains roulants sont empruntés à une Cadillac Seville de 95, avec double triangulation à l’avant et multibras à l’arrière. Si le freinage de la Cad’ est de la partie, le frein à main est remplacé par un frein automatique électrique, piqué à une Tesla. Pour les suspensions, l’équipe d’Ida a adapté des boudins de chez RideTech. Ah, là ça peut commencer à piquer… du airride sur une Tucker ! ‘Fin, attendez, c’est pas fini…
V8 Biturbo
Pour remuer la bestiole, on oublie le Franklin 6 ALV de 355 ci d’origine… aucun hélico n’a voulu laisser ses entrailles ! Par contre, on a estimé que le V8 de la Cad’ Seville pouvait faire le job. D’autant plus qu’il s’agit du célèbre Northstar, le 4.6 l avec deux culasses double arbre pour 32 soupapes. Si ce n’est que ses 300 ch et 440 Nm sont maintenant loin derrière… Nick Manarino de Modern Performance situé à Long Branch dans le New Jersey, s’est occupé de la mise à jour du gazier. Il l’a équipé de pistons et bielles forgés, de deux nouvelles culasses revues avec arbres à cames plus pointus, soupapes retravaillées et ressorts plus rigides. Des joints renforcés, un refroidissement optimisé, mais surtout, deux gros Garrett T28 avec leurs deux échangeurs et une admission sur mesure. Si la gestion est celle du Northstar, un boitier additionnel vient modifier les signaux. La pression des escargots est contrôlée par un second capteur MAP qui se charge de piloter un jeu d’injecteurs supplémentaires afin de gérer la puissance accrue.
550 ch à passer au sol
Pour la p’tite histoire, avec son 6 à plat d’origine situé à la base sur le porte à faux arrière, la Tucker n’était pas vraiment un exemple de comportement… afin de corriger le tir, le V8 et sa boite ont migré quasiment en position centrale arrière en trouvant leur place sous la lunette arrière, juste derrière la banquette. De quoi améliorer l’équilibre de la berline. Et avec 550 ch à passer au sol, autant t’dire que ça lui fera pas d’mal.
En route pour le SEMA
Pendant que le châssis et la partie mécanique avançaient pépouze de leur côté, Rob Ida se chargeait, à temps perdu, d’assembler la carrosserie, avec l’aide de Sean Tucker en personne. Mais en 2017, les choses s’accélèrent. Jack Kiely, un gros collectionneur, et accessoirement un des meilleurs clients de Rob, tombe sous le charme du projet. Il propose d’acheter la voiture et de financer les travaux afin de pouvoir la terminer avant l’édition du SEMA. La carrosserie réalisée en aluminium est rapidement terminée, tous les éléments chromés ont été réalisés sur mesure avant que la belle reçoive une robe bleue Waltz, une teinte qui faisait partie du nuancier d’origine. Dedans, c’est de l’orfèvrerie. Bien entendu, la technologie n’a rien à envier à une berline premium moderne. Mais tout a été réalisé pour se retrouver renvoyé dans les 50’s. Les matériaux, le design, le style, l’atmosphère… on la croirait sortie d’usine hier. C’est bluffant !
Aussi discret que débile !
Le 31 octobre 2017, le SEMA ouvre ses portes et la Twin Turbo Tucker est exposée sur le stand de Axalta Coatings. Une Tucker au SEMA… les visiteurs n’étaient pas prêts pour cet engin finalement aussi discret que débile ! Et ils le sont encore moins quand ils matent les détails. Un revival ou replica (c’est vous qui choisissez), d’une des légendes américaines, copie conforme de l’originale, avec une touche de custom et un V8 biturbo de 550 ch, assemblée en mode artisanale par Ida Design, mais avec une précision et une qualité chirurgicale. Le tout avec la bénédiction des descendants de Preston Tucker himself. Le succès est tel, que Rob va avoir l’idée d’imaginer un châssis tubulaire qu’il habillera d’une coque en fibre… la Tucker Replica. Mais avant, il s’est lancé le défi de redonner vie à la Torpedo, le tout 1er concept de la Tucker… projet toujours en cour aujourd’hui.






































