Autozam Miura… A moins que ce soit une Lamborghini AZ-1 ?!



Les fans de Gran Turismo la connaissent tous, la petite Autozam AZ-1, cette Kei Car délirante avec sa gueule de supersportive, ses portes papillon et son petit 3 cylindres turbo. Commercialisé par Mazda, elle a également été vendue par Suzuki sous le nom de Cara. C’est l’une d’entre elle qu’on va retrouver. Enfin, sauf que pour l’occasion, elle s’est un peu prise pour une autre, en l’occurence, une Lamborghini Miura Jota SVR !

L’Autozam AZ-1 cache sous son statut de Kei Car, de vrais airs de sportive excitée. Les Kei-Car (pour keijidōsha), sont ces puces citadines japonaises qui répondent à des critères bien spécifiques afin de pouvoir bénéficier d’avantages fiscaux et de payer une assurance réduite. Mais pour cela, il faut accepter quelques contraintes. Déjà leur format de poche, puisqu’une Kei Car doit se contenter au maximum de 3m40 de longueur, 1m48 de largeur et moins de 2m en hauteur. Mais aussi de rouler avec un bloc de 660cm3 sous le capot. Mais bien entendu, les constructeurs japonais ont réussi a leur donner un look sympa mais aussi leur greffer des blocs turbalisés bien pétillants, aidés par le poids plume des engins. 

Suzuki Cappuccino, Honda Beat, Daihatsu Mira, Suzuki Wagon R, Mitsubishi Minica… et bien d’autres. Au Japon, le Kei Car est une institution qui se déguste à toutes les sauces, citadines, sportives, avec ou sans toit… chacun peut y trouver son compte avec le fun qui va avec (Ou pas…). Elles représentent 30% des ventes de voitures sur l’archipel.

C’est l’une d’elle qui débarque aujourd’hui, une Suzuki Cara, plus connue sous le nom d’Autozam AZ-1. Une ligne affutée, une gueule de méchante, d’originales portes papillon, une agilité de puce sous ecsta’, et une pétard turbalisé en position centrale arrière. Pour l’histoire, le 1er concept est présenté par Suzuki au milieu des 80’s. Après 2 protos exposés sous les projos des salons de Tokyo en 85 et 87, Suzuki préfère abandonner le projet pour s’orienter vers celle qui deviendra la Cappuccino. Mais cette petite sportive a séduit l’état major de Mazda qui décide de reprendre le développement à son compte en le passant en mode Kei Car.

3 protos sont alors présentés en 89. L’accueil du public est unanime. En 90 Mazda lance sa marque Autozam, spécialisée dans les Kei Car pendant que le projet AZ-1 avance doucement mais surement, jusqu’en 1992, où elle débarque dans les concessions de la marque avec sa gueule atypique et son 3 cylindres 654cm3 turbo de 64 ch pour 720 kg. C’est pas une Porsche, mais y’a déjà largement de quoi s’amuser et rendre le moindre déplacement pétillant.

Le succès est au rendez vous, et forcément, Suzuki revendique l’origine de la voiture. Mais les japonais sont loin d’être procéduriers, et un accord est passé entre les 2 marques pour que Suzuki puisse proposer sa propre version, la Cara, qui n’est autre qu’un clone de l’AZ-1… avec des antibrouillards ! 

Finalement, l’Autozam n’aura que 2 ans de carrière commerciale. En 94, à la fin de sa production, Mazda aura écoulé 4392 AZ-1 et Suzuki 531 Cara. C’est une échec commercial par rapport à toutes les autres concurrentes qui s’écoulent par dizaines de milliers d’exemplaires. Mais, cela suffit pour donner à la microsportive un statut de mythe avec ses aficionados.

Et Kin San est l’un d’entre eux. Bon, il aime aussi la Lamborghini Miura  Jota SVR… Mais même au Japon, le budget n’est pas le même. Et comme Kin est quand même fan, même s’il n’est pas Ken (Des fois j’ai honte… Mais bon, je m’arrange direct avec elle, vous inquiétez pas !), il s’est dit que sa Cara pouvait recevoir quelques bricoles pour recevoir l’apparence de la belle italienne. 

Pause… Mais encore une fois notez la différence d’état d’esprit ! Au Japon, tu t’empares d’une caisse produite à seulement 531 exemplaires, et tu la modifies pour en faire une supercar replica, on t’applaudit, on admire le taff, la qualité et on s’dit que l’idée est vraiment top ! Chez nous, tu mets 4 jantes sur une Fuego 1.4l rouillée et on te dénonce illico à Interpole en croisant les doigts pour qu’ils t’attrapent et te fassent bruler vif comme une merguez innocente en plein mois de juillet !

Quoiqu’il en soit, Kin n’a pas longtemps hésité. Il a rentré sa voiture au garage et s’est mis au taff, tout seul, avec ses petites mains ! Attention, il ne s’agit pas d’aller poser un kit et de refaire une peinture. Kin a absolument tout conçu, fabriqué et assemblé… et que pour en arriver à ce qu’il souhaitait, il a mis 4 ans 1/2 ! Motivé l’gars…

Etant donné que la prise de muscle faisait perdre à la Cara son statut de Kei Car, il a également décidé d’offrir au 3 cylindres un petit shoot en le faisant passer à 700cm3. L’objectif n’était pas d’en faire une arme de destruction massive mais plutôt de lui rajouter une chuill’ de peps pour la rendre encore plus vive.

paradoxalement, Kin n’a jamais présenté officiellement sa voiture dans un show ou un gros rasso. Il se contente régulièrement de se rendre sur les circuits de Daikoku et Hanyu pour y aligner quelques boucles aux côtés des supercars les plus affutées. Et comme il s’amuse à le dire, à chaque fois, l’une des stars de la journée, c’est sa mini Miura !

Kin a poussé son délire jusqu’au fond de l’habitacle. Le volant possède maintenant le taureau de Sant’Agata sur son centre et les ceintures de sécurité sont des modèles Lamborghini. Et même si la voiture a conservé ses portes papillon, l’aileron posé sur le toit, les jalousies sur la lunette arrière et les roues reprennent parfaitement le style de la Miura. Et on retrouve ce souci du détail sur les feux, la peinture, les phares, les lèvres avant, les rétros, les badges… même le petit 3 cylindres se la joue V12 ! On a réellement l’impression d’être devant une Mira qui aurait rétréci au lavage ! Un de ces engins qu’on peut croiser régulièrement dans les mangas et qui aurait pris vie !

A l’image de Junya et de sa WRC Street Legal, Kin représente parfaitement la passion comme on peut la vivre au Japon. Du no limit, qui montre encore une fois que ce n’est pas parce qu’on modifie ou qu’on personnalise qu’on tombe forcément dans la caricature et qu’on ne respecte pas l’esprit d’origine. Mais surtout qu’on sait tolérer les gouts des autres (Tolérer, un mot dont on a oublié la signification de par chez nous…!). On attend maintenant une Pagani Huayra sur base d’AZ-1 ou une Cappuccino en mode F50… qui sait !

© Ken Saito


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