La R21 2l Turbo, au delà de la berline énervée capable d’aller chasser sur les terres des berlines germaniques, ce sera aussi une base de premier choix pour les adeptes de sport auto. Outre les versions officielles en Europa Cup et Superproduction, elle va inspirer certains pilotes en rallye ou en circuit, tout comme cette Touring Car aux couleurs de Penthouse…

'86 R21 2l Turbo Penthouse - Touring Car en string ! 1

 

Michael Bleekemolen

Cette R21 2l Turbo a vu le jour à Dieppe en 86. A peine tombée des lignes de production, elle prend la direction de la Renault Hollande où elle va être confiée à l’ancien pilote de F1 néerlandais, Michael Bleekemolen. Enfin, il y a surtout fait une pige… Après une carrière en Formule Vee, il réussit en 77 à signer avec l’écurie anglaise du RAM Racing pour son grand prix national qui se court à Zandvoort. Si ce n’est qu’il ne passera pas le stade des qualifs avec un chrono à plus de 8 secondes de celui de Mario Andretti, le poleman de l’épreuve. L’année suivante, il trouve un volant pour 4 courses au sein du l’écurie allemande ATS (oui, le fabricant de jantes !). Une fois encore, il réussira à se qualifier dans une seule course, où il se verra obligé d’abandonner ! Sa carrière en F1 va s’arrêter là… en 79, il s’engage en F3 où il va finir deuxième du championnat derrière un certain Alain Prost. Après deux autres saisons sans réels résultats, on le retrouve en Dutch Touring Car encore quelques années avant qu’il ne raccroche le casque et la combi pour s’occuper de la carrière de ses deux fils eux aussi devenus pilotes. Mais ceci est une autre histoire…

 

En Dutch Touring Car avant de partir pour l’Angleterre

Vous l’avez compris, certaines de ses courses en Dutch Touring Car, il les fera derrière le volant de cette R21 2l Turbo qui marquera les esprits en affichant les couleurs du célèbre magazine de charme, Penthouse. En 89, on la retrouve aux 25h de Willhire sur le tracé de Snetterton… 25 car Willhire Vehicles Rentals, la société de location de véhicules, sponsor de l’épreuve, fêtait son 25ème anniversaire. Pilotée par Giles Butterfield, Charles Challenger, Charles Rickett et Peter Sneller, elle finira la course à une anonyme 15ème place avant de participer en 90, avec le soutien de Renault UK, à quelques courses d’endurance, puis d’être mise à la retraite en 91.

 

Prima Racing

En 2018, alors propriété du Renault Alpine Club UK, elle finit par rejoindre le garage du Prima Racing, spécialiste anglais dans la pièce perf et la prépa de sportives tricolores. Un rachat de voiture accidentée, partiellement démontée, qui va devoir se solder par une remise à neuf dans les règles de l’art afin de la faire courir en Motor Racing Legends Historic Touring Car Series dans la catégorie Gr.A… et ça tombe plutôt bien puisque chez Prema Racing, les Renault, on connait !

 

Remise à neuf

Pour commencer, elle est envoyée chez Custom Cages afin de recevoir un nouvel arceau sur mesure. Puis elle transite chez Pro-Alloy pour y accueillir un nouvel échangeur, un gros radia mais surtout un réservoir de 100 l installé dans le coffre et équipé d’un système de remplissage rapide disposé sur le coffre.

 

Penthouse… c’est toujours mieux que Modes et Travaux !

La voiture est ensuite revenue chez Prema pour y être à nouveau démontée. La carrosserie est décapée et sablée, puis modifiée pour accueillir des roues arrière plus large et un nouveau jeu de bas de caisse. Elle est ensuite apprêtée et rhabillée de sa célèbre robe noire et argent aux couleurs de Penthouse.

 

Du grip

Les trains roulants ont eux aussi été entièrement refaits. N’oubliez pas que les watts passent par les roues avant. Et justement, à l’avant, une double triangulation en alliage rotulée est montée avec barre anti-roulis alors qu’à l’arrière, tout est également passé sur rotules et roulements. Les suspensions Gr.A réglables sont signées Bilstein et Eibach. La direction reçoit une assistance électrique commutable par le pilote. Aux quatre coins, le freinage AP Racing voit des étriers 6 pistons mordre des disques de 330mm à l’avant et du 2 pistons pour ceux de 300mm à l’arrière. Le frein à main est passé à l’hydraulique. Pour remplir les ailes, posées sur des moyeux à écrou central, des jantes Speedline en 8×17″ enrobées de Yokohama Advan A052.

 

Des watts

Sous le capot, le 4 cylindres 2.0 l est lui aussi passé aux specs Gr.A. Vilebrequin et ensemble mobile équilibrés, bielles et pistons forgés, chemises ductiles, culasse Prima Racing avec arbres à cames plus pointus, injecteurs gros débit Bosch, carter d’huile cloisonné avec pompe plus grosse, turbo Garrett T34 qui souffle à 1,6 bars, monté sur un collecteur inox revêtu de Zircotec, tout comme le reste de la ligne passée en side pipe, conduites de suralimentation et d’eau en alliage et une gestion qui permet de passer la puissance de 300 à 350 ch en fonction de la config’ de la piste. Pour passer aux roues, on peut compter sur un volant moteur allégé mais toujours en acier associé à un embrayage renforcé à 6 palettes avec une boite 5 manuelle avec kit pignons Quaife et différentiel Gripper.

 

Usine à gaz !

Pour dompter l’engin, le pilote prend place dans un cockpit vidé. Il est maintenu par un harnais 6 points QSP dans un baquet Corbeau avec coque kevlar. Devant lui, un volant QSP pendant que le tableau de bord a été floqué et équipé d’une instrumentation et de manos spécifiques. Le reste de l’habitacle n’est que commutateurs, boitiers électroniques, liaisons et durites. Tout pour chasser la trajo et jouer du pare-chocs dans le peloton.

 

Finir en Classic Touring Car

Prima Racing a terminé la restauration de cette R21 en 2023 et elle n’a foulé l’asphalte que pour des séances de tests et deux démonstrations à Shelley Walsh pour le Classic Nostalgia 2023. Mais les anglais ont la chance d’avoir une série Classic Touring Car Racing Club qui ne voit s’affronter que les ex-gloires du BTCC des 50’s aux 90’s… nul doute qu’elle va y aller se défouler !