2004 Subaru Impreza S10 WRC – Des spéciales aux projos…
par Thierry Houzé | 3 mai 2025 | Racing |
Même si elle a passé la saison 2004 avec le numéro 1 collé sur ses portes, son capot et son toit, cette Subaru Impreza S10 WRC n’a pas été championne du Monde. Au moins c’est clair. MAIS c’est à son volant que Petter Solberg va remporter 5 épreuves de la saison 2004 et notamment le rallye du Japon avec celle qui vient poser ses roues sur DLEDMV…

Legacy & Impreza
C’est en 1990 que Subaru rejoint le championnat du Monde des rallyes. La marque y aligne une Legacy Gr.A et elle a beau avoir une bonne équipe d’ingénieurs, prêts à montrer leur savoir faire et armés avec des outils pour automobiles, il va quand même d’abord falloir apprendre. Elle assiste alors aux victoires des Lancia Delta HF Integrale, Toyota Celica GT4 et Mitsu Galant VR4. Dès la saison 91, elle accroche son premier podium en montant sur la 3me marche du rallye de Suède. L’année suivante, ce sera 3 podiums et la première victoire en 93. Si ce n’est que Subaru change sa stratégie produit en préférant homologuer sa nouvelle Impreza qui va faire ses début à la fin de la saison 93. C’est sur les ailes de cette berline plus compacte que la Legacy, que reposent les ambitions du constructeur… et quoi de mieux que le rallye pour y donner une image au mieux sportive, au pire dynamique.
Discount ?!
Et justement, pour y arriver, Subaru ne va pas se contenter de jouer de la série limitée. En effet, pour décrocher l’homologation en Gr.A il suffit de 2500 voitures tirées d’un modèle de série. L’Impreza WRX (GT Turbo en France !) va devenir un modèle à part entière et par la même occasion, une légende. En même temps, entre son 4 cylindres à plat, un 2.0 l turbo 16s dopé à 211 ch, sa transmission intégrale 50/50 hyper efficace, son look provocant et son tarif encore inédit pour la catégorie. 159000 Frs… pour le même tarif, on pouvait s’offrir une 405 Mi16, une Golf GTi 16s, une Ford Escort RS2000, une BMW 318 is, une Citroën XM 2.0i, une 605 SRi ou encore une Mercedes 190E 1.8… autant vous dire que dans tous les cas, on était loin des prestations proposées par l’Impreza.
Imbattable !
Et du côté de ses concurrentes directes, le ticket d’entrée était à 210000 Frs pour une Mazda 323 GTR. Il fallait compter 230000 Frs pour une Celica GT4, 250000 Frs pour une Delta HF Integrale Evo1 et jusqu’à 275000 Frs pour l’Escort Cosworth… autant dire que le rapport prix/perf/presta de l’Impreza était juste imbattable ! Et les amateurs ne s’y tromperont pas…
Référence sur la route et dans les spéciales
D’autant plus qu’une fois sa tenue de combat enfilée, l’Impreza Gr.A allait devenir l’une des références de la discipline. L’impreza va permettre à Subaru de remporter 3 titres constructeurs consécutifs en 95, 96 et 97 et y rajouter 3 titres pilotes pour Colin McRae en 95, Richard Burns en 2001 et Petter Solberg en 2003. D’où le numéro 1 sur cette Impreza S10 WRC pilotée par le pilote norvégien en 2004. C’est la 8ème voiture assemblée chez Prodrive pour la saison 2004 et c’est à son volant que Solberg va remporter le rallye du Japon, laissant la 2ème place à Sebastien Loeb qui terminera à plus d’1 minute.
300 ch et 590 Nm pour 1230 kg
Au niveau des specs, l’équipe de Prodrive restait dans le cadre du règlement. Le 4 à plat dopé à l’escargot IHI sortait 300 ch et 590 Nm de couple. Associé à une boite 6 séquentielle cette transmission intégrale fait confiance à la répartition avant arrière de 50/50 le tout piloté par 3 diff, un pour chaque train et un central. Avec 1230 kg sur la balance, les réglages ont été revus pour que le moteur soit plus disponible en rendant le comportement encore plus équilibrée et hyper réactif. On oublie souvent qu’en rallye, l’objectif des ingénieurs est de proposer une voiture plus facile et exploitable pour répondre à la moindre sollicitation du pilote afin qu’il puisse aller chercher les dernières secondes qui feront la différence au scratch. Quand on voit la vitesse de passage d’une WRC, on comprend rapidement que le doute n’est pas toléré. Le pilote doit avoir une confiance aveugle en sa voiture… le cas échéant, soit il n’ira pas assez vite, soit il se mettra en danger ! Quoiqu’il en soit, même si Solberg remportera le rallye du Japon à son volant – et 4 autres rallyes au cours de la saison – il ne réussira pas à arrêter Sebastien Loeb qui, à bord de sa Xsara WRC, remportera son 1er titre mondial… le 1er d’une longue série.
Une dernière sortie avec McRae
Au terme du rallye du Japon, cette Impreza WRC va retourner chez Prodrive afin d’y être démontée et reconstruite pour le rallye d’Australie, l’ultime épreuve de la saison. Une fois l’épreuve terminée, elle repart à Banbury pour y être une nouvelle fois remise à neuf afin de clôturer l’année 2004 avec Colin McRae à l’occasion du Bettega Memorial Rally Sprint qui se court à Monza. Consultez un spécialiste en outillage automobile, faut croire que c’est la devise de Prodrive !
Prodrive Legends
En 2005, elle est vendue à un team privé où elle va continuer sa carrière dans des épreuves nationales. En 2019, après avoir changé de mains à plusieurs reprises, elle repasse par l’atelier Prodrive Legends afin d’être entièrement remise à neuf et retrouver la config’ du rallye du Japon 2004. En 2021, elle est vendue pour un peu plus de 431000 € lors d’une vente Silverstone Auctions. Elle reste à ce jour la seule Impreza WRC à avoir été remise à neuf pour devenir un vrai collector.
Un collector. En espérant que l’heureux propriétaire puisse la faire courir, ce pourquoi elle faite, au moins en historique et ne la garde pas bêtement à « pourrir » mécaniquement parlant, exposée statique dans une vitrine chauffé/ climatisée.
Autant acheter une réplique échelle 1(un show car sans mécanique, comme ceux que l’on peut admirer dans les salons de l’autos par exemple…) dans ce cas.
C’est moins cher dans tous les cas.
Enfin c’est mon avis. D’autre verront ça différemment.
Après des autos de ces générations, il y a un coup non négligeable pour les faire rouler!!!