La Mercedes Classe C W202, c’est la confirmation. Avec la 190, Mercedes allait essayer de rajeunir son image et l’âge de ses clients. Pari gagné… si ce n’est qu’à un moment, faut renouveler. La nouvelle Classe C va le faire avec brio, sur la route, en jogging AMG, sur circuit en DTM… et même une fois passée par l’antre du sorcier Willy Koenig pour en faire la 3.6 l DTM Look. Vous n’connaissiez pas ? Alors on va faire les présentations…

Bah ils sont où les turbos ?!
Mais qu’est-il arrivé à Willy Koenig ? Ah vous aussi vous vous posez la question. D’habitude, une caisse signée Koenig, elle fait 3m de large, son moteur se la joue élevage de turbos et esthétiquement, elle semble tout droit sortie des Hunaudières ou du dernier épisode de Pacific Rim ! Alors que là, on se croirait avec une paisible berline mazoutée qui allait chercher le Top 10 d’un rasso tuning à la fin des 90’s. En plus une Mercedes Classe C… le bon taxi parigot des 90’s avec 600000 au compteur ! Un coup de fatigue chez Koenig… si j’osais je dirait « vite il faut sauver Willy » !
On se calme !
Rassurez vous, cette Mercedes C280 est le fruit de Koenig tout droit venu d’une époque où il a fallu se calmer et devenir un peu plus soft, un peu plus discret. L’hyper voyant à un moment, ce n’était plus tendance. Nous sommes dans la 2ème moitié des 90’s, en pleine mode du « Light », de l’Aspartame et du sans alcool… Koenig n’a pas eu d’autre choix que de s’adapter si son atelier Koenig Specials voulait survivre. Lui qui avait été la star des prépas délirantes dans les 80’s, à l’approche des 90’s, le spécialiste des sportives premium allait voir son royaume attaqué par d’autres préparateurs spécialisés. AC Schnitzer, Brabus, Alpina, AMG, Ruf, Carlsson, Gemballa, Hamann, Techart, Mansory, Hartge… la concurrence était rude et chacun avec un style bien particulier pour essayer de trouver sa place dans les différentes tendances. D’autant plus que de l’autre côté du Rhin, autant dire que les choses n’étaient pas faites à moitié. Les projets délirants et impressionnants sur base de BMW, Mercedes, Audi, VW ou Porsche étaient aussi courants que les Mercedes GLA en stock sur le parc V.O du premier concessionnaire étoilé venu. Autant dire que Koenig voyait son royaume attaqué de tous les côtés…
C36 AMG…
Alors pour survivre et tenter de garder le statut de numéro uno, Koenig va se mettre à faire du « tout venant » en s’attaquant à la Classe C. Plus la voiture est populaire, plus elle se vend, plus ça fait du client potentiel… c’est une vision, qui vaut c’qu’elle vaut, mais qui tient largement la route. D’autant plus que la Classe C va, dès sa première saison, rafler le titre dans le populaire championnat DTM. Si ce n’est que ce coup-ci, Mercedes va rester soft. Contrairement à la 190 qui avait eu droit aux Evo 1 et Evo 2, la nouvelle Classe C va porter officiellement l’étendard AMG. En effet, Mercedes vient tout juste de racheter le préparateur pour en faire sa filiale qui se chargera des sportives et de son come back sur circuit. Et c’est justement la C36 AMG qui ouvrira le feu en devenant la 1ère Mercedes AMG officielle ! Mais oubliez les extensions XXL, l’aileron haut perché ou la lèvre qui rase le bitume. Du sport oui, mais en mode AMG, c’est à dire classe et premium. Une fois de plus, c’est ce qui marchait dans les 90’s.
C280 Koenig Specials
Du coup, ça va laisser une place pour Koenig. Si la C36 AMG renie sa frangine du DTM, c’est Willy qui va se charger de combler le vide. Pour cela, en 94, il va partir d’une C280 et charge ses ingénieurs de bosser sur un kit aéro. Spoiler avant largement aéré, bas de caisse, pare choc arrière retravaillé et aileron sur le coffre. Aux quatre coins, on retrouve des OZ Racing 3 parties en 8 x 17″ chaussées de gommards en 235/45 et 255/40 qui ont nécessité de tirer un chouill’ sur les ailes pour les faire passer sans venir frotter. Les suspensions maison permettent de rabaisser la caisse de 30 mm et de mieux maintenir la caisse lors des grosses attaques. Quant au freinage, celui d’origine est jugé largement suffisant. Mais, pour les clients plus exigeants, Koenig propose en option un kit plus sérieux avec gros étriers et disques percés.
3.6 l pour 295 ch et 393 Nm
Pendant c’temps là, une autre équipe se charge du 6 en ligne de 2.8 l qui va prendre du grade. Nouveau vilebrequin, bielles et pistons forgés afin d’augmenter la course et l’alésage et de stroker la cylindrée à 3.6 l avant que l’ensemble soit ensuite équilibré. Associez y de nouveaux arbres à cames plus pointus, une gestion revue et corrigée, un collecteur 6-3-1 qui débouche sur une ligne inox et vous obtiendrez un cheptel de 295 ch et 393 Nm qui filent aux roues arrière via la boite d’origine, qu’elle soit manuelle ou auto en fonction de la base fournie par le client. En tout cas, le gazier se pose en face de la C36 AMG. Si ce n’est qu’à cylindrée équivalente, la version étoilée officielle doit se contenter de 280 ch 392 Nm… ça chipote, ça chipote, même si en comparaison, l’équipe de Koenig a fait mieux que celle d’AMG.
Ok un turbo, mais seulement pour ceux qui insistent !
Ainsi armée, la Koenig C280 3.6 DTM Look pouvait poutrer le 0 à 100 en 6,2 avant de filer à plus de 260 compteur. Là encore, ça a beau se jouer aux dixièmes de secondes, mais l’AMG se contentera d’admirer le popotin de la Koenig. D’autant plus que sur la route, d’après les essais d’époque, la Koenig offrait un compromis surprenant entre sport et confort. Rapide et efficace, elle proposait une alternative originale et plus rock’n roll à celle de l’AMG. Puis pour ceux qui en voulaient un peu plus, Willy pouvait éventuellement y greffer un turbo et faire passer le 6 en ligne à 320 ch. Que voulez vous, on n’se refait pas !
© Koenig Specials
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Contre proposition intéressante, surtout en BVM qui n’existe pas chez AMG!!! Un intermédiaire exubérant entre C36 et C43. Le cadet turbulent de la famille en somme!!!