C’est qui Paul O’Shea ? C’est un pilote qui a remporté à 3 reprises sa catégorie dans le relevé championnat américain de voitures de sport. En 55 et 56 à bord d’une Mercedes 300 SL Gullwing, puis en 57 dans un roadster 300 SLS (Super Light Sport). Il va devenir le 1er pilote à remporter le titre 3 années de suite. Cette Mercedes 300 SL roadster outlaw rend hommage à ce pilote injustement oublié… et accessoirement, elle risque d’énerver les puristes !

 

'57 Mercedes 300 SLS Roadster outlaw - Hommage à Paul O'Shea 1

 

Mercedes 300 SL… la légende !

Faut dire qu’il faut être un peu chtarbé pour s’attaquer à un roadster 300 SL. Le pedigree de l’engin a de quoi rendre sensible tous les amateurs… extrémistes ou pas ! En même temps la 300 SL, qu’elle soit avec ou sans toit, c’est une de ces légendes de l’auto… déjà il y en a eu qu’un peu plus de 3200 exemplaires (1400 coupés de 54 à 56 et 1858 roadsters de 57 à 63) et elle fait partie de cette famille de caisses qui ont marqué l’histoire de l’auto celle où on peut dire qu’il y a eu un avant et un après. D’autant plus qu’elle est née de la course auto et qu’il faudra toute l’ambition, la passion, la folie et…le pognon d’un Max Hofmann pour faire de celle qui a remporté les 24h du Mans et la Carrera Panamericana en 52, la star de la jet set mondiale… mais aussi une base de choix pour les gentlemen drivers. Si la « vraie » sportive reste la W194, certains vont prendre une W198, la préparer, l’alléger et aller gagner à son volant… Comme quoi le cuir ne lui a pas enlevé son ADN de sportive !

 

Paul O’Shea

Parmi les pilotes qui vont la faire gagner, on retrouve Paul O’Shea, un américain qui va se faire un nom et un palmarès en allant taquiner un certain Phil Hill. Pour ce faire, probablement bien inspiré par la SLR de 55, et la 300 SL Gullwing qui lui permettra de remporter le titre en 55 et 56, il allait reprendre la même recette full alu pour l’appliquer sur une Gullwing qu’il imagine en roadster (qui n’est pas encore commercialisé) pour lui faire gagner du poids. Il élabore le cahier des charges et passe commande à Mercedes. N’oubliez pas que nous sommes à la fin de l’année 56 et que depuis l’accident de Pierre Levegh en 55 aux 24h du Mans, la marque étoilée a officiellement abandonné la course auto et se contente de répondre seulement à certaines sollicitations de pilotes privés.

 

300 SLS

Le roadster 300 SL est en cours de développement mais pas encore en production quand Paul O’Shea passe commande. Cela n’empêche pas Mercedes d’en produire deux voitures, deux Mercedes 300 SLS (Super Leicht Sport). Engagées en catégorie D Modified du SCCA, elles serviront de coup de pub sur le marché américain qui a déjà absorbé 80% de la production du coupé. C’est l’un des prototypes qui sert à développer le roadster qui servira de base au premier pendant que le second sera assemblé à 100%. Démonté, il est modifié, renforcé, équipé de trains roulants revus et de réservoirs sur mesure avant d’être habillé d’un coque en alu. On lui enlève ses pare-chocs, lui rajoute une prise d’air entre le capot et le saute vent qui fait office de pare-brise ainsi qu’un arceau. Son 6 en ligne passe à 235 ch pendant que le poids tombe à un peu plus de 920 kg.

 

Une seule saison

Début avril 57, les deux 300 SLS sont testés et validés à Hockenheim avant de traverser l’Atlantique pour débarquer à New York le 12 avril 57, accompagnés d’un lot complet de pièces et de 5 moteurs neufs encore en attente de rodage. A son volant, Paul O’Shea va s’aligner dans les 22 courses que compte la saison et la clôturer avec un 3ème titre consécutif devant les Ferrari, Aston Martin et Maserati officielles. Cependant, sans le soutien financier de Mercedes et avec un règlement modifié pour la saison 58, la Mercedes 300 SLS devra se contenter d’une seul et unique saison.

 

Hommage outlaw !

Celle que je vous ai trouvée, c’est un hommage à cette histoire, à l’année 1957, au titre de Paul O’Shea et à ses deux 300 SLS. En 93, elle est livrée au Japon où elle va passer en mode SLS. Comme les frangines de 57, elle perd ses pare-chocs, sa capote, ses vitres latérales et son pare-brise, remplacé par une vitre saute-vent avec à l’embase, une prise d’air. On y rajoute un rétro obus pour le pilote, deux longues portées au niveau de la calandre et des ailes remplies par des jantes tôles en 17″ ! Le châssis a reçu une suspension indépendantes avec amortisseurs Koni et ressorts courts qui se chargent de rabaisser le centre de gravité. 4 freins à disques mordus par des étriers 4 pistons avec ABS à l’avant et une direction assistée… c’est vachement moderne pour une caisse de 57 ! Et c’est pareil sous le capot puisque le roadster accueille un gazier pour le moins moderne… un 6 en ligne 3.0 l de coupé 300 CE W124 fort de 188 ch, associé à une boite 5 manuelle.

 

Plutôt moderne tout ça !

Dedans, la cure est une fois de plus bien… particulière. Baquets classiques avec oeillets, coque ton caisse et cuir caramel avec surpiqure en losange. Le tableau de bord a lui aussi droit à son lot de peau de vache, tout comme les panneaux de portes, la console centrale, les passage de portes ou le couvre tonneau en alu. Un peu de chrome, d’alu, un volant Nardi, une sono Caliber et la messe est dite…

 

Gullwing International Cars by Tony Ostermeier

Logiquement, les puristes sont en pleine crise d’hyper-ventilation ! Que tout le monde se rassure… vous êtes face à une réplique signée Gullwing International Cars, une entreprise fondée par Tony Ostermeier, à Gardena en Californie. Cet amoureux de la 300 SL a décidé d’en assembler des répliques réellement fidèles à l’originale. En effet, propriétaire d’une 300 SL Gullwing, il s’en ai servi afin de faire réaliser les moules qui vont servir à la construction des voitures qui vont porter son nom, posées sur un châssis de 300E équipé de trains roulants et de moteurs empruntés aux berlines et coupés modernes étoilés. Le résultat, vous l’avez sous les yeux et il faut reconnaitre que ces répliques sont aussi séduisantes que les vraies… si ce n’est que là, on peut les modifier !

 

 

 

© RM Sotheby’s – ScottGrundforCompany via BaTMecedes Heritage