Il y a quelques années, le Blitz nous fait doucement saliver avec son concept Opel Astra OPC Extreme. Sortira, sortira pas ? Ils ont joué avec les fans en laissant planer le doute dès le salon de Genève en parlant d’une production en série limitée qui sera confirmée à Francfort ! Finalement, elle ne restera qu’un proto roulant, plutôt abouti et totalement chtarbé !

Heureusement l’Astra est là
A la fin des 90’s, Opel n’est pas dans un forme reluisante. Propriété de General Motors, la marque est laissée pour compte. Si ce n’est que Detroit ne veut pas qu’elle monte trop en gamme, ni qu’elle coute trop cher en R&D… la Corsa arrive au bout, La Vectra est dépassée et l’Omega est périmée ! Pour ne rien arranger, la Calibra ne va pas se renouveler et la Tigra a du mal à trouver sa place… avec ses moteurs pétillants associés à un train avant raté. Trop bridée par un état major indifférent, la marque n’a pas su se renouveler et accuse une image vieillissante… Seule l’Astra G qui vient de débarquer en 98, tente de sauver le navire du naufrage même si elle peine à tenir le coup face à sa grande rivale, la Golf.
Touring car
Du coup, le Blitz va tout miser sur sa compacte. C’est elle qui va devenir coupé afin de satisfaire les fans de la Calibra. C’est aussi elle qui va inaugurer le blason sportif OPC (Opel Performance Center). C’est enfin elle qui va enfiler le jogging et aller chasser les chronos en Kit Car ou frotter du pare-choc en touring car, notamment en BTCC où elle va dominer les saisons 2001, 2002, 2003 et 2004 en remportant 4 doublés constructeurs – pilotes consécutifs ! Puis ils vont y faire prendre du muscle, l’habiller en carbone et lui greffer un V8 pour aller remplacer la Calibra en DTM entre mai 2000 et aout 2004. 4 saisons, pas de titre, mais 10 meilleurs tours, 7 pole positions et 8 victoires. C’est pas mal… d’autant plus qu’elle va aller tenter sa chance aux 24h du Nurb’ en 2003, et rentrer à la maison avec une victoire !
Astra OPC Extreme
Vous voyez arriver le truc… si la marque en manque d’image, le côté ringard, booster la dynamique. On y est… malgré la réticence de l’état major américain, les dirigeants d’Opel vont poser leurs baloches en récupérant un châssis DTM de la saison 2000 et en faire l’Astra OPC Extreme. La caisse en carbone reste celle du DTM si ce n’est qu’elle perd ses peintures de guerre pour une robe rouge. Les portes papillon ? Elles équipaient la version DTM… par contre, les jantes, toujours en fixation centrale, ont été changées par des Snowflakes qui s’affichent en 9 et 11 x 20″ chaussées en 265/30 et 305/25. Derrière, le freinage voit des étriers 6 et 4 pistons (devant et derrière) mordre des disques carbone céramique. Les trains roulants restent en double triangulation aux 4 coins avec suspensions et stabilisateurs réglables.
Cockpit
Dedans, on retrouve bien entendu l’arceau (il est intégré au châssis tubulaire), mais peint en noir et lové dans une atmosphère d’alcantara et d’alu brossé. Deux baquets noir et rouge avec harnais, un volant emprunté à un Speedster, un dashboard digital, un haut levier de la boite séquentielle… on est loin de l’ambiance radicale de la base, mais Opel n’a pas cherché pour autant à en faire un cocon. Le rendu est plutôt bien vu avec ce mélange entre la caisse de compet’ et les matériaux qui apportent une touche classe mais toujours radicale. En tout cas, le résultat est terrible !
444 ch et 530 Nm
Avec tout ça, fallait un gazier qui envoie… impossible d’imaginer un mauvais mazout ou un 4 pattes downsizé alacon. Place au V8, un 4.0 l 32v parti d’un bloc Oldsmobile modifié et revu pour finir dans la famille des Cadilac Northstar et passer sous le capot de la Shelby Serie 1, de la Cadillac LMP et de l’Astra V8 DTM avec 500 ch dans les conduits… si ce n’est que pour la OPC Extreme, il a été légèrement décompressé et bridé par une ligne plus civilisée, pour afficher 444 ch et 530 Nm de couple qui partent aux roues arrière via une boite 6 séquentielle non synchronisée associée à un DGL. Avec 1150 kg à trimbaler autant dire les perfs sont plutôt détonnantes avec un 0 à 100 revendiqué en 3,9 secondes… ce genre de chrono, au volant d’une Opel, c’est pas courant !
Série limitée… ou pas !
Dévoilée au salon de Genève en 2001, puis exposée à nouveau à celui de Francfort quelques mois plus tard, la marque au Blitz reste surpris devant l’enthousiasme du public. Opel va réfléchir sérieusement à produire une petite série… des clients sont intéressés, 10 vont même poser des chèques afin de valider une précommande. Mais finalement, l’histoire de l’Opel Astra OPC Extreme n’ira pas plus loin et ce proto restera modèle unique. En attendant, le coup de comm’ pour OPC aura fonctionné… à tel point que tous les modèles du Blitz y auront droit, le la Meriva à la Vectra en passant par la Zafira !








































Je me souviens de ce concept, Sport Auto l’avait même essayé à Ruselheim, le fief de la marque.
Il notait le manque de « confort » pour une version « routière »(jantes trop grandes je crois, faut dire 20 pouces à l’époque si ce n’est pas un record c’est pas loin). Caisse avec des réactions très vives due à ce qui est évoqué avant plus réglages trop fermes des trains roulants pour une utilisation sur routes ouvertes. Après le reste était du tout bon.
Il est dommage que la marque moribonde et désargentée certes (tiens sous Stellantis aujourd’hui, c’est toujours la même, comme quoi l’époque change mais les mœurs restent…) n’est pu aller au bout du projet. Surtout que la demande y était.
Sachant que la victoire sur les 24h du Nurb’ à l’époque de l’étude projet n’avait pas encore eu lieu, ce qui aurai renforcé l’intérêt si ce n’est la demande.
Du coup c’est le rival Mercedes qui a pu être inspirer et qui 2 ans et demi après à fait le CLK DTM, histoire déjà comptée ici. Mais eux sont partis d’une base routière (CLK 55 AMG W209 standard) et l’on radicalisé contrairement au hommes du Blitz qui on fait l’inverse.
J’ignorais par contre que le V8 de l’Astra DTM était issu d’une base américaine dérivant de la famille des Pentastar Cadillac!!!