Banniere-Montre-DLEDMV-1

Packard… en v’la une marque qui n’doit pas vraiment parler aux plus jeunes d’entre vous. Pourtant, il fut un temps où au dessus de Packard, il n’y. avait que le ciel… et les nuages qui finiront par s’abattre pour sceller le tragique destin de la marque. Heureusement elle a laissé un héritage qui aujourd’hui, rend gaga aussi bien les collectionneurs que les amateurs de… custom !

 

'37 Packard One Twenty 115C Custom Coupe - American dream ! 1

 

Packard Motor Car Company

L’histoire de Packard commence en 1898 lorsque James Ward Packard s’achète une voiture, une Winton. Déçu, il se permet d’aller voir Alexander Winton et de lui conseiller de revoir la copie et d’améliorer sa charrette motorisée… la réponse fuse aussitôt : « Si t’es si malin, construis-en une toi-même ! ». A l’image de c’que fera plus tard Enzo avec Ferruccio, James Ward packard décide de lancer en 1899 son entreprise la Packard Motor Car Company. En 1901, en lieu et place de la manivelles horizontale, la marque imagine un cylindre incliné positionné devant le chauffeur et qui permettra de guider les roues… Packard vient d’inventer le volant !

 

« Ask the man who owns one »

Dès le début, Packard apporte une attention toute particulière à la qualité de ses voitures. Solutions techniques, finition, matériaux utilisés, précisions de l’assemblage… à tel point qu’elles deviennent rapidement les voitures les plus luxueuses de la production mondiale. Tellement sûr de la qualité de ses voitures, James Packard ne voyait pas l’utilité de communiquer… quand on lui demandait d’argumenter sur ses voitures, il se contentait de répondre : « Ask the man who owns one » (Demandez à celui qui en possède une). Sans le savoir, il vient d’inventer le slogan de sa marque ! En 1913, la Packard Six devient la voiture la plus luxueuse du marché. Pendant la 1ère guerre mondiale, Packard participe à l’effort de guerre en assemblant des moteurs pour avions, chars d’assaut ou encore bateaux. Le chef motoriste de la marque développe le Liberty L12, un V12 de 27 l de cylindrée développant 400 ch. En 1916, il s’en inspire pour développer une version de 6.9 l qui va servir à lancer la gamme Double Six. Dans les années 20, Packard est considérée comme la référence du luxe sur roues et devient la marque haut de gamme la plus vendue et importée.

 

V12 Merlin

Mais la crise financière et le crack boursier de 1929 oblige Packard à revoir sa stratégie. Sans pour autant sacrifier la gamme « Senior » que sont les Eight, Super Eight et la Double Six – qui devient Packard Twelve – toujours destinée aux plus riches, elle développe également des modèles plus accessibles, les « Junior » sans pour autant tomber dans le populaire… un bon milieu de gamme, qui reprend les standards de la maison. Tout c’qu’il faut pour rassurer les habitués et aller séduire ceux qui veulent un truc quali, et différent. Au début des 40’s, Packard assoit de plus en plus son statut de king du premium. A tel point que pendant la 2nde guerre mondiale, elle signe pour assembler les moteurs Merlin signés Rolls Royce qui équipaient les fameux P51 Mustang. Si ce n’est que lorsqu’ils ont reçu les plans envoyés par les anglais, les ingénieurs américains ont halluciné en voyant la tolérance des côtes indiquées, jugées trop larges et… artisanales. Ils se sont permis de redessiner l’ensemble et de revoir en partie la conception pour coller à leur outillage bien plus précis. Du coup, les V12 Merlin signés Packard étaient considérés comme plus performants et plus fiables !

 

Packard-Studebaker

Après le conflit, les caisses de Packard sont pleines. La marque décide se stopper sa gamme Senior et se contente de relancer seulement la production de sa Clipper, une berline haut de gamme. Le pari est audacieux… mais risqué. Et les ventes escomptées ne sont pas là. Pourtant, Packard insiste, et pendant que les autres constructeurs tentent de moderniser leurs gammes, Packard préfère miser sur ce qu’elle maitrise. Au milieu des années 50, la marque se coltine une image ringarde et démodée. Qui plus est, on constate que la clientèle ne se renouvelle pas. Ceux qui achètent une Packard en ont déjà possédée une. En gros, la marque vieillit avec ses clients ! La faute à un état major qui n’a pas été renouvelé… sa moyenne d’âge est de 67 ans ! Les mecs sont coincés dans leur monde, ils ne vivent pas avec leur temps. Pour ne rien arranger, en face, les unions font les forces. Ford, GM, Chrysler, AMC, Kaiser-Willys… il faut s’associer pour résister. D’autant plus de GM et Ford ouvrent les vannes et se lancent dans une guerre des prix sans merci. Alors le 1er octobre 1954, Packard rachète Studebaker en proie à des difficultés financières. Afin de limiter les couts, Packard-Studebaker quitte l’usine historique de Detroit à Grand Boulevard pour déménager sur Connor Avenue dans des bâtiments bien plus petits. Une cascade d’erreurs… le déménagement fait à la hâte et l’envie de réduire les couts pénalisent la qualité des voitures, les finances ne suivent plus, l’image se détériore, les ventes ne suivent plus, les budgets disparaissent peu à peu, les voitures ne se renouvellent plus, l’image s’effondre, les Packard se contentent d’être des Studebaker avec plus de chrome… la sauce ne prend plus et la marque est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. La dernière Packard sort des lignes le 16 juillet 1958. Comme quoi la notoriété ça ne fait pas tout…

 

En mode custom

Il n’empêche que Packard a laissé un héritage qui réjouit aujourd’hui les collectionneurs mais aussi les papes du custom et du hot rod. Oui, fallait bien tout ça pour en arriver là et introduire ce magnifique coupé Packard One Twenty 115C de 37 conçu et construit par dans l’atelier de Gary Gould situé à Houston. Le toit est choppé de quelques centimètres, la caisse est lissé est habillée, sur conseil et Dave Kindig, en sauge et titane avec liserets dorés et marche pied inox.

 

Cocon premium

Dedans, la moquette neuve grise tranche avec le cuir rouge qui se charge des panneaux de portes, des montant, du cile de toit, de la console centrale et de la banquette avec deux sièges dissociés. Le tableau de bord sur mesure en alu reprend le code couleur de l’extérieur et le volant a été fait spécialement pour le projet. C’est la même pour les compteurs mais aussi pour les bouches d’aération et les quelques commodos usinés en alu. Une clim Vintage Air, une sono avec écran tactile et, malgré les apparence, un levier de boitoto avec pommeau bois, qui se la joue boite manu. Quelques touches chromées pour les poignées et les manivelles de vitres (qui sont en fait des gâchettes de vitres élec !) et l’habitacle se la joue cocon premium avec juste ce qu’il faut aller cruiser le coude à la portière.

 

Fast Man EFI

Une fois la partie esthétique bouclée, la voiture va prendre la direction de Sonora en Californie et se retrouve chez Richard Nedbal de Fast Man EFI. Spécialisé dans les prépas de dragsters, il va se charger du châssis et de la partie mécanique. Tout est revu, renforcé, équipé de trains roulants de Mustang II, de suspensions sur mHolley, esure avec barres antiroulis NASCAR à l’avant, de freins Wilwood et de jantes Wheelsmith.

Banniere-Montre-DLEDMV-2

 

V8 505 ci pour 700 ch

Sous le capot, un V8 440 Plymouth stroké en 505 ci et équipé d’une admission directe AccuFab avec papillons indépendants pour chaque banc de cylindres. Un allumage déporté avec gestion sur mesure Holley HP EFI, culasses AFR avec arbres à cames plus virils, collecteurs avec revêtement céramique et lignes inox de 3″. De quoi envoyer 700 ch aux boudins arrière via une boitoto GM Turbo 400 revue et renforcée par Phoenix accouplée à un pont Ford 9″ avec DGL Tru-Trac.

 

Autre culture

Au final ce coupé Packard associe l’exclusivité à la rareté… le rendu est juste à tomber. Du custom 1ère classe sur une base qui l’est tout autant. De notre côté de l’Atlantique on peut voit ça d’un oeil bizarre… aux States, on la considère comme une future star des shows spécialisés. Autre pays, autres moeurs, autre culture…!

 

 

© Mecum


Banniere-Montre-DLEDMV-2