Encore une découverte… c’est dingue c’qu’on peut trouver en fouillant un peu. C’est comme ma fille quand elle range sa chambre, elle retrouve à chaque fois plein de choses dont elle ne se rappelait même plus l’existence ! Ben là c’est pareil. Tu cherches une Golf 1 swappée en VR6 et tu tombes sur une Ferrari F512 M passée en mode widebody par un japonais un peu chtarbé, fan d’italiennes, mais surtout de projets uniques et sur mesure… forcément, quand tu tombes là dessus, ça finit sur DLEDMV !
Ferrari F512 M, la fin d’une histoire.
La Ferrari F512 M, c’est le bouquet final de la famille Testarossa. Née en 84 avec le célèbre V12 à 180° de 390 ch, elle devient 512 TR de 92 à 94 avec 428 ch dans les 12 gamelles avant une dernière évolution de 94 à 96 en devenant F512 M pour 440 ch mais pas que… elle apporte une rupture physique marquée par l’abandon des pop-up pour des blocs carrés fixes. Les pare-chocs gagnent en rondeur, les feux deviennent ronds et cessent de se cacher derrière les barrettes horizontales arrière. La F512 M, on aime ou pas… mais le caractère est indéniable. D’autant plus que son 12 cylindres a la rage ! Avec 500 Nm perchés à 5500 trs, il ne veut que partir à l’assaut de la zone rouge perchée à 7500 trs. De quoi envoyer la bestiole rouge à 100 km/h en 4,7 secondes, il lui faut 9 secondes de plus pour passer la barre des 400 m puis la borne kilométrique en moins de 23 avant de filer à 315 km/h. Tout ça, c’était il y a déjà 30 ans !
Une vraie fausse Koenig !
Comme pour ses frangines, Koenig s’est penché sur le cas de la F512 M et comme d’hab, il y est allé à la hache avec la testo, le biturbo et pour certaines, l’ablation du toit. C’est presque l’une d’elles que je vous ai trouvé… si ce n’est qu’elle sort pas de chez Koenig (et ne possède pas le numéro de châssis commençant par KS) mais de chez Yokohama Auto Glass… Ah merde, encore un nouveau venu. Alors oui, mais non ! Arai Bankin fait partie de ces sorciers aussi discrets que talentueux. Dans son antre installée à Machida (bourgade située à quelques kilomètres de Yokohama), il se charge de préparer un peu tout c’qui passe entre ses mains même s’il voue une préférence pour les Ferrari en général et les F40 en particulier.
Yokohama Auto Glass
Pour la p’tite histoire, dans les années 80, Yokohama Auto Glass devient le 1er préparateur asiatique agréé et certifié par Maranello pour développer et faire courir des voitures semi-privées. Au fil du temps les italiennes n’ont plus de secret pour Arai San qui en profite d’ailleurs pour se constituer une p’tite collection privée. Dans les années 90’s, il ouvre une 2nde société spécialisée dans le travail de la fibre… du carbone au kevlar en passant par la fibre de verre. Aujourd’hui, Yokohama Auto Glass, c’est LA référence japonaise pour tout c’qui touche les Ferrari, notamment les 328, 355 et F40 puisque l’entreprise possède le plus gros stock de pièces détachées… Après 50 ans de bons et loyaux services, Arai San a pris sa retraite l’année dernière. Considérant que le talent ne s’achète pas, et voulant éviter qu’un sguègue ne vienne profiter de la notoriété de son garage qu’il a mis 50 ans à construire, il n’a pas vendu et s’est juste contenté de fermer. Fidèle à sa vision des choses, il a donné son stock de pièces… et de voitures ! Sur demande, sur sélection, à des passionnés, des fans ou des ateliers en difficulté…!
Rosso Auto…
Pour en revenir à notre F512 M, tout est parti d’un client, une star du rock au Japon, qui a confié son italienne à Yokohama Auto Glass, accompagnée d’un kit Rosso Auto, un terme utilisé pour justifier l’adaptation d’un kit qui n’était à l’origine pas prévu pour. Bien entendu, Arai San n’a pas tremblé devant le challenge, il s’est même autorisé d’y apporter sa touche perso. D’ailleurs le kit doit vous parler… il s’agit bien entendu d’un Koenig Specials, si ce n’est qu’il a été légèrement revu, modifié et surtout aéré. Mais l’attirail est là, les ailes larges, les prises d’air grillagées, l’aileron de type F40, les ailettes latérales retirées… qu’une teinte bleue tente de rendre discret. Manifestement, c’est raté !
Large et atmo…
Dessous, les suspensions sont passées en combinés filetés et le freinage voit des étriers Brembo jaunes mordre des disques rainurés. Des jantes Hamann Motorsport en 18″ enrobées de Pirelli en 245/35 et 335/30 remplissent les larges ailes. Faussement caché sous un capot en plexi transparent, le 12 cylindres est laissé en atmosphérique et simplement libéré. Il inspire via ses collecteurs d’admission et boites à air devenus rouges avec filtres en mousse pendant que de l’autre côté, il expire à travers une ligne Kreissieg dont les deux silencieux débouchent sous la plaque arrière. Décrassage de tympans garanti !
Tout bleu
Enfin dans le cockpit, un cuir bleu recouvre à peu près tout c’qu’il peut. Le tableau de bord, la console centrale, les panneaux de portes, les montants, le ciel de toit, mais aussi les baquets et l’arceau qui se sont invités à la fête. On note le volant en peau retournée OMP, les harnais Willans, les tapis Koenig Specials et le levier de vitesses accompagné de sa mythique grille, qui viennent ponctuer les changements de rapports d’un clac aussi caractéristique que nostalgique.
Fausse… mais unique !
Longtemps boudée, la Ferrari F512 M a aujourd’hui pris sa revanche en flirtant avec le monde des 7 chiffres à chaque fois qu’un des 501 exemplaires produits pointe le bout de son museau dans une vente aux enchères. ‘Pensez bien qu’à ce tarif là, ça se pose aujourd’hui sur de la moquette dans un garage à hygrométrie contrôlée. En modifier une est devenu un sacrilège financier. Du coup, cette F512 M Koenig qui n’en est pas une est donc probablement la seule F512 M qui existe habillée de la sorte puisqu’aucune Koenig Specials officielle n’a jamais été référencée.
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