Citroen et le haut de gamme, il fut un temps où ça faisait tousser les plus sceptiques. Prenez la DS, un phénomène… si on rajoute l’ID, sa frangine, ça pèse plus de 2 millions de voitures produites ! Quand la Citroen CX vient prendre le relais, elle va rajouter plus d’1 million d’exemplaires produits pendant ses 17 années de carrière… Tu comprends pourquoi chez Citroen on lorgne sur cette époque en chialant comme des madeleines !

 

'77 Citroen CX 2400 Pallas - Appelez moi Vomito ! 1

 

C’est bon la choucroute… non ?!

C’est vrai qu’il fut un temps où Citroen mettait tout le monde d’accord en terme de ventes. Mais bon, autre temps, autres moeurs… la concurrence était moins rude, les marques moins nombreuses et les français probablement plus chauvin. En même temps, quand t’as failli bouffer de la choucroute toute ta vie en buvant de la bière et en écoutant du Marlène Dietrich… Ah ben c’était pas si mal finalement ! Non, non, non, je plaisante… pas de politique ici… que de l’humour… parfois pourri, je vous l’accorde, mais de l’humour quand même…

 

Il fut un temps…

Peu importe, revenons en au sujet, Citroen… qui vendait des bagnoles à tour de bras, et qui créait l’émeute dans les salons comme le 7 octobre 1955, le jour de la présentation de la DS au salon de Paris, où à la fin de la journée, 12000 voitures auront déjà été commandées ! C’est plus que les ventes de la DS9 de 2020 à 2024… Quoiqu’il en soit, toutes les bonnes choses ont une fin. Pour la DS, ce sera le 28 aout 74, le jour de la présentation de la CX. Même si les deux vont cohabiter pendant un an au sein de la gamme Citroen, on sait déjà que la modernité de la CX va avoir raison de la vieillissante DS.

 

Oups, je vais vomir !

D’ailleurs les ventes de la CX décollent aussitôt. Citroen va écouler plus de 100000 voitures dès l’année 75 (c’est plus que le DS7 Crossback depuis sa sortie en 2017 !) et ça ne va pas faiblir. En même temps, Citroen a mis le paquet. Pour vous illustrer cet article, j’vous ai trouvé une CX 2400 Pallas de 77. Oui, le summum de l’époque. Mais c’est tellement kitch que ça n’a presque pas pris une ride. C’est moderne pour son époque sans pour autant tomber dans la caricature. Et c’est la même dans l’habitacle… avant gardiste. Pour tout vous dire, j’ai usé le fond de mes shorts sur la banquette arrière de CX… oui, je vomissais à chaque sortie ! Mais malgré tout, à chaque fois, entre deux nausées, je restais impressionné par ce volant monobranche, les commandes satellites et ce compteur qui ne ressemble à aucun autre compteur ! Et le cuir (plus simple à nettoyer !) était le même que celui du canapé de chez mes grands parents. Qui plus est, mon père s’amusait à tester la tenue de route sur les petites sinueuses du haut Var… Cotignac, Carcès, Aups, Riez… et les routes qui longent le lac de Ste Croix. Des tracés parfaits pour y dégobiller tous les 8 kilomètres. Oui, dans la CX de mon père, c’était le 1er novembre tous les jours… les dépôts de gerbe se succédaient. Et vous me prendrez pour un fou si je vous dis que ça reste malgré tout d’excellents souvenirs !

 

Voyage dans le temps

Mais le voyage dans le temps avec la CX, il se fait aussi dans ses chiffres. Si on fait abstraction des versions mazoutées et de la Turbo, la CX embarquait un 2.0 l (106 ch) minimum puis 2.2 l (115 ch) et 2.4 l (128 ch) pour finir sa carrière avec un 2.5 l (138 ch). Les rendements des gaziers peuvent faire sourire, mais n’oubliez pas que la CX se contentait, en fonction des versions, de 1300 à 1450 kg… moins qu’une DS4 moderne ! Qui plus est, montée sur les fameuses suspensions hydropneumatiques, elle offrait une tenue de route et un confort révolutionnaires… sauf pour ceux un peu sensibles de l’estomac !

 

De celles qu’on adore ou qu’on déteste !

Quoiqu’il en soit la Citroen CX peut être classée dans les « j’aime ou j’aime pas ». C’est un peu le souci des caisses qui ont du caractère… et qui l’assument, y’a pas vraiment de juste milieu. Ceux qui aiment adorent et ceux qui n’aiment pas détestent… m’enfin ça ici, on s’en fout. L’essentiel c’est la trace que va laisser la CX dans le paysage automobilistique en devenant l’un des hauts de gamme tricolores les plus vendus. Elle signe aussi la fin d’une ère… En 89, elle s’efface au profit de la XM. Tout aussi extravagante pour son époque, la donne n’est pourtant plus même. Si les constructeurs français symbolisaient le fleuron du luxe et du bling bling dans les 50’s, 60’s et 70’s, l’entrée dans les 80’s a laissé des traces, les allemands (ha ben ils sont là eux encore !) les ont détrônés. Pourquoi ? Peut être parce que les français n’ont su capitaliser que sur leur image… mais dans le milieu de la bagnole, ‘suffit pas de crier qu’on est les plus beaux et les plus forts, ça ne marche pas comme ça. Du coup, malgré ses qualités indéniables, la XM va avoir du mal à s’affirmer face aux BMW série 5, Mercedes Classe E et autres Audi A6. Même si elle s’offrira le titre de haut de gamme tricolore le plus vendu de sa génération face à la Safrane et à la 605. Mais ceci est une autre histoire…

 

 

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