La seule chose que j’espère avec cette Maserati Ghibli Cup, c’est que son moteur ne cassera pas avant la fin de cet article…! Vous m’direz aussi que s’il se met à pleuvoir, le temps d’écrire, elle sera bouffée par la rouille, dissoute comme un cacheton d’aspirine ! Bon du coup, je vais essayer de me bouger, ce serait con de passer à côté de cette Ghibli Cup… d’autant plus que sur les 60 qui ont été produites, il n’en resterait qu’une petite dizaine… oui, celles qui n’ont pas été dévorées par la rouille ont brulé !

 

'95 Maserati Ghibli Cup - 165 ch / l ! 1

 

C’est pas pire que si c’était mieux !

Bon maintenant que je me suis mis le club Maserati à dos, voilà surtout le genre de vannes avec lesquelles doivent composer tous ceux qui roulent en italienne en général et en Maserati en particulier (les Alfistes aussi vous m’direz !). Les clichés sont tenaces… car niveau fiabilité, une anglaise n’a pas de leçon à donner à l’italienne… au contraire. La rouille ? Prenez une allemandes des 70’s et 80’s… vous risquez d’être surpris ! Enfin la fiabilité électrique… à part les japonaises, tous les constructeurs étaient un peu logés à la même enseigne ! Donc bon, ça taquine, ça taquine, mais le sujet n’est pas là…

 

Maserati Ghibli

Non, celle qui nous intéresse aujourd’hui, c’est la Maserati Ghibli. Une 2ème génération… car si la Ghibli a vu le jour en 66, elle va disparaitre des écran radars quand elle quitte le catalogue du constructeur en 73. Oublié le vent du désert égyptien ? Hé bien non, la Ghibli fait un come back 20 ans plus tard afin de remplacer le coupé Biturbo. Elle en reprend les V6 Biturbo de 2.0 l et 2.8 l si ce n’est que depuis 1981, ils ont bien évolué. Pistons forgés, vilebrequin renforcé et équilibré, 24 soupapes, turbos IHI, double intercooler, et paradoxalement, le plus petit est le plus énervé. 308 ch et 373 Nm énervés pour le 2.0 l quand le 2.8 l joue plus la carte du couple et du raffinement avec 284 ch et 413 Nm. Le tout pour un caractère bien trempé (surtout avec le 2.0 l) en mode ON – OFF et malgré la boite manu 6 Getrag (à partir de 94) associée à un Torsen, le cul peine à canaliser les charges du gazier quand la cavalerie débarque ! C’est sportif, fun, efficace, mais délicat puisque ça commence à aller très vite.

 

Biturbo + Shamal = Ghibli

Esthétiquement, elle reprend les codes stylistiques qui avaient été inaugurés sur la Shamal en 89. Pas de doute, l’inspiration reste la Biturbo si ce n’est que les lignes se sont méchamment retrouvées virilisées mais un peu plus civilisées sur la Ghibli… ‘faut reconnaitre qu’en terme de bestialité, la Shamal envoyait du bois… peut être même trop puisqu’elle pouvait faire peur aux enfants… et à leurs pères une fois qu’ils en prenaient le volant ! Mais ceci est une autre histoire…

 

Coupe Maserati Ghibli

En 95, pour montrer que la Ghibli est une vraie sportive et pas un monstre sanguinaire indomptable, Maserati va lancer 25 Ghibli Open Cup, une formule monotype qui va voir autant de pilotes s’affronter dans la Coupe Maserati Ghibli. Le V6 2.0 l passe à 320 ch pendant que le coupé italien voit débarquer un arceau, deux baquets Sparco avec harnais, un volant Momo, un pommeau et un pédalier alu, un extincteur auto et un jeu de Speedline en 17″ enrobées de Michelin Pilot SX. 8 courses vont se courir sur le circuits européens, Imola, Mugello, Helsinki, le Nürb, Zandvoort, Donington, Estoril et Magny Cours, quatre d’entre elles en ouverture du nouveau championnat ITC. Au terme, aucune des 26 Ghibli n’a abandonné sur problème mécanique… et pour fêter ça, Maserati lance en décembre 95 une série limitée de 60 voitures, la Ghibli Cup.

 

Ghibli Cup

La base est exactement la même… si ce n’est qu’elle abandonne les équipements « course » pour rester une Maserati dans l’âme. Les baquets en cuir Connolly, la sono et la célèbre montre au centre du tableau de bord font leur retour. Histoire de montrer que t’es pas dans la caisse de tonton, un habillage carbone look se charge de la déco, pendant que le volant reste le Momo Corse et que les pédales alu sont aussi conservées. Une plaque numérotée rappelle l’exclusivité de la bête.

 

V6 2.0 l Biturbo pour 330 ch

Dehors, rien ne vient perturber la réussite de la ligne musclée tracée par Gandini. Elle conserve les Speedline Allesio en 17″, la trappe à essence alu et un logo a poussé en bas des portes. Les trains roulants et les suspensions sont ceux de la Open Cup. Le freinage qui était le point faible de la Open Cup a été confié à Brembo. Pour le reste, y’a de quoi la prendre pour une Ghibli d’origine passée en mode tuning. Quoiqu’il en soit, sous le capot, si le V6 2.0 l biturbo est toujours là, mais il est encore plus énervé. Un nouveau duo de IHI viennent lui souffler dedans… il envoie maintenant 330 ch aux roues arrière via une 6 manuelle de chez Getrag accompagnée d’un autobloqu’ ZF. Maserati en fera sa nouvelle base pour la Coupe Ghibli de 96 où, une fois de plus, elle se fera remarquer par sa fiabilité !

 

165 ch / l…!

Vous avez calculé ? Le rendement de la pompe à feu est bien de 165 ch / l… ça calme ! Cerise sur le capot, elle se contente de 1400 kg. De quoi l’envoyer, une fois le grip trouvé, de 0 à 100 en moins de 6 secondes, de passer les 400 m en 14 et  la barre kilométrique en 24,5 avant de filer à 260. De quoi aller taquiner une M3 E36 3.2… et en faire un véritable collector. ‘Scusez du peu !

 

 

© BaT via ironmotors