Le DTM c’est un peu la crème du touring car. Les constructeurs allemands y mettaient les budgets, les pilotes de F1 venaient  y passer leur pré-retraite, les caisses avaient des gueules de tueuses et le spectacle était au rendez vous. A tel point qu’ils eurent l’idée de le développer, pour mieux le tuer ! 

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En fait, le DTM, c’est le perpétuel problème du sport auto. Une formule qui fonctionne, les constructeurs qui affluent, les sponsors, les pilotes prestigieux, l’argent coule à flots, la formule devient internationale, les budgets explosent et… devenus trop chère, les constructeurs et sponsors ne rentabilisent plus les investissements, et finissent par se barrer. Mais revenons en aux origines si vous le voulez bien.


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1972, le Deutsche Rennsport Meisterschaft voit le jour, et calque son règlement sur le disputé Championnat d’Europe de voitures de tourisme.

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En 77, le règlement s’ouvre aux Groupe 5 et Groupe C… Les monstres sont spectaculaires, mais s’éloignent de l’esprit des touring cars. Puis en 84 la formule évolue à nouveau. Les stars sont alors les Groupe A, ainsi, le DRM se transforme, s’adapte et en profite pour changer de nom en devenant le Deutsche Tourenwagen Meisterchaft, le fameux DTM. Les équipes officielles débarquent, et le championnat devient l’un des plus populaires d’Europe.

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1993, le règlement FIA Groupe A est abandonné pour le nouveau Classe 1 beaucoup plus permissif. Les cylindrées passent à 2,5 l, les 4 roues motrices et l’ABS font leur entrée, ainsi que le carbone, et les gestions électronique poussées. On flirte avec la haute technologie « monoplacienne »… Cela séduit les ingénieurs, et les constructeurs affluent, attirés par l’audience qui explose. Opel, Alfa et Mercedes sont prêts à en découdre alors que BMW et Audi se retirent.

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En 95, le DTM sort des frontières allemandes. Les berlines tout droit sorties d’un manga futuriste, transformées en ce qui se fait de plus efficace et spectaculaire dans le sport auto, vont tâter de l’asphalte à Helsinki en Finlande et Donington Park en Angleterre.

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Le DTM rêve d’international et en 96, il devient alors l’ITC, l’International Touring Car Championship. La FIA en prend le contrôle et en profite pour se gaver au passage en ponctionnant une grosse partie des revenus de la formule ! Les budgets sont conséquents, la technologie qu’implique le règlement ainsi que les frais de déplacements, comparés aux faibles rétrocessions de la FIA qui au passage, en profite pour augmenter le prix des droits de retransmission tueront le championnat en une seule année. Les chaines européennes annulent les accords devenus trop onéreux, à l’exception de la Finlande, l’Allemagne et l’Italie. Le racket de la fédération internationale se poursuit sur les circuits. Le prix des places a doublé et les accès se sont réduits… Du coup certaines épreuves sont quasiment désertes ! Ou inintéressante pour les constructeurs qui ne sont pas distribués dans le pays. Bref, la FIA, bizarrement (!!!) aveuglée par les dollars, a réussi l’exploit d’effrayer et dégoutter les constructeurs en une seule et unique saison !

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Fin 96, Alfa et Opel jettent l’éponge, Mercedes reste alors le seul constructeur engagé. Le championnat ITC est abandonné !

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Le DTM refera son apparition en 2000, les initiales revient, mais signifient Deutsche Tourenwagen Masters. Le règlement est de nouveau accessible, national et la formule retrouvera le succès pour ne plus le quitter.

Il n’empêche que la période 90’s reste l’une des plus impressionnante que le touring car nous ai offert, il a fallu que la FIA s’en mêle… Comme pour le BPR… Mais ceci est une autre histoire !

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