Avant d’accueillir le V10 de la Viper sous son capot, le Dodge Ram n’était qu’un banal utilitaire dont le rôle premier était de transporter de lourdes charges du célèbre point A au non moins célèbre point B. Si ce n’est qu’aux States, on a la mauvaise habitude de coller des V8 un peu partout… du moins à partir du moment où ça rentre. Le Dodge Ram de 83 qui pose ses roues sur DLEDMV n’y a pas échappé… surtout qu’en plus d’un V8, il aussi vu débarquer un duo de turbos…

 

'83 Dodge Ram V8 Biturbo - Muscle Truck... 1

 

Pour l’Amérique profonde !

Quand le Ram a débarqué dans la gamme Dodge au tout début des 80’s, c’était pour rebaptiser une gamme d’utilitaires qui se contentaient de codes en guise de noms. Rien de sexy… que du brut de décoffrage, même si le pick up était devenu le déplaçoir favori de l’Amérique profonde capable d’emmener les bêtes au marché la semaine et madame à l’église le dimanche ! Il n’empêche qu’un pick up ça devait être robuste, limite indestructible… et ça devait se voir. A ce jeu là, le Ram tirait plutôt bien son épingle du jeu. C’est carré de partout, des phares aux feux arrière, comme tracé à la tronçonneuse. Mais ça se vend, et pas qu’un peu puisqu’aux States, le pick up est le véhicule qui se vend le plus, il devient un véritable couteau suisse, surtout en Crew Cab (double cabine), où au delà de transporter la caisse à out’, il permet aussi d’embarquer madame, les jumeaux et kiki le caniche, de tirer le bateau ou la caravane, mais aussi de déménager la belle mère ou le voisin ! D’autant plus que les volumes de ventes le rendent le choix large et varié pour un tarif accessible…

 

La base idéale

Vous voyez où j’veux en venir… la base idéale. Pas chère et pratique sur laquelle tu peux te lâcher d’autant plus que les spécialistes du customs n’ont pas tardé à proposer des catalogues de pièces perfs capable de transformer l’utilitaire en muscle truck… et c’est justement ce qui est arrivée au Ram que je vous ai trouvé.

 

Dodge Ram by Johnson’s Horsepowered Garage

Ce Dodge Ram D150 de 83 (le plus petit de la gamme) s’est retrouvé chez Johnson’s Horsepowered Garage, un spécialiste du dragster, connu dans le milieu du NHRA. Pour commencer, ils l’ont entièrement mis à tôle. Le châssis a été… adapté. Equipé de barres de renfort avec arceau 12 points et de nouveaux trains roulants multibras devant et à double triangulation derrière maintenus par des combinés filetés réglables qui posent littéralement le pick up au sol. La direction est passée en crémaillère assistée pendant que le freinage voit débarquer quatre étriers 2 pistons pour mordre des disques rainurés et percés. L’ensemble est posé sur des jantes XXR en 11 x 20″ chaussées de boudins Nitto NT555 en 305/30 et 315/35. Fallait bien ça pour faire passer les watts…

 

V8 5.2 l biturbo

Entre les ailes avant, on retrouve le V8 5.2 l d’origine… si ce n’est qu’il est passé par la case rebuilt. Un gros intercooler alu TurboWorks et les collecteurs inox sur mesure permettent d’alimenter un duo de turbos Blouch Performance qui lui soufflent dans la grosse admission. Un carbu 4 corps Edelbrock est venu remplacer une injection FiTech monté initialement. MSD se charge de l’allumage et pour bien lubrifier les 8 gamelles, chaque banc de cylindres possède sa propre pompe à huile. Il expire via deux side pipes Flowmaster qui débouchent juste devant les roues arrière. Pour se la jouer, il se love dans un baie moteur habillée et reprenant le style de la caisse.

 

Bleu et rouge dehors

Justement, en parlant de style, le Ram ne joue pas la discrétion. Les ailes ont été élargies, la face avant reçoit une calandre personnalisée, d’un capot aéré et de nouveaux pare-chocs avec lèvre à l’avant et diffuseur à l’arrière. La lunette est en plexi, elle donne sur la benne arceautée et qui expose le train arrière à travers une découpe pendant que le reste est habillé en cuir matelassé. La robe Indigo Blue est strippée d’une bande noire et de liserets rouges.

 

Bleu et rouge dedans

Le traitement se prolonge dans l’habitacle. Un cuir rouge coure sur la planche de bord, l’arceau et la moitié des panneaux de portes. L’autre moitié s’habille en bleu, tout comme les deux sièges, la console centrale, le tableau de bord et même les pédales ! On note aussi des compteurs Intellitronix numériques, une sono Alpine et deux manos complémentaires pour checker la température et la pression des turbos. Quelques touches d’alu poli sur le volant et le pommeau du levier de vitesse et l’engin est prêt pour aller manger du 400 m.

 

Alors ?!

La puissance ? Ils n’ont pas jugé utile de le passer au banc… mais son proprio a accroché le 1/4 de miles en 8,8 secondes avec une vitesse finale de 150 mph… oui, 241 km/h… avec un boitoto 3 rapports TorqueFlite et un pont raccourci. On est au level d’une Chiron, au volant d’une armoire normande ! Donc pour la puissance, je vous laisse donner vos estimations en commentaire…

 

 

© Mecum