On l’oublie souvent mais la Clio Williams est née pour une question d’homologation. Si la Clio 16s se contentait d’un 1.8 l multisoupapes, pour aller jouer la gagne avec l’élite, fallait un 2.0 l. Le 4 cylindres va prendre du grade, le F7P va devenir F7R et comme le disait le slogan publicitaire de l’époque : « Vous pouvez rougir de honte, verdir de rage, mais c’est à une Clio que Frank Williams a donné son nom ». La Swiss Edition, c’est juste le bouquet final…

Passage du F7P en F7R pour le GrA
Depuis 91, dans la famille Clio, la 16s jouait déjà le rôle de la sportive. Mais en rallye, elle se retrouvait limitée par son 1.8 l. Pour avoir plus de cylindrée, fallait d’abord passer par la case homologation. Alors chez Renault Sport, on va augmenter l’alésage de 0,7 mm et lui greffer le vilebrequin de la Clio diesel afin de faire passer la course de 83,5 à 93 mm. Ainsi armé, le F7P de 1764 cm3 grimpe à 1998 cm3 et devient F7R avec 150 ch et 175 Nm de couple.
Quand la F1 rejoint le rallye
En 93, Renault profite de l’épreuve du Tour de Corse pour dévoiler sa nouvelle sportive, la Clio Williams. Un nom qui va entretenir la légende puisque les fans voient la F1 rejoindre le rallye avec, à travers la Clio Williams, la célébration du titre de 92 avec la Williams Renault. Quoiqu’il en soit, Renault prévoit un production de 3800 voitures (il en fallait 2500 pour obtenir l’homologation), toutes numérotées. Finalement, il y en aura 1600 de plus avant qu’elle ne profite du restylage de 94. La nouvelle reçoit une calandre retravaillée, de nouveaux feux arrière mais perd la plaque numérotée. Un peu plus de 5000 nouvelles Williams tomberont des lignes de prod’.
Clio Maxi et Ph3…
En 95, le phénomène commence doucement à s’essouffler. En rallye, la Williams laisse sa place à la méchante Clio Maxi qui participe à la nouvelle catégorie des kit cars lancée en 94. Sur la route, la production se limite aux versions export, reconnaissables à leur robe Bleu Méthyl (432) à la place du Bleu Sport nacré (449). Et alors qu’elle s’apprête à terminer sa carrière, une commande de 500 voitures tombe de Renault Suisse. L’objectif est de signer sa fin de carrière mais aussi le titre de champion de Suisse 94 en Gr.N remporté Daniel Hadorn à bord… d’une Clio Williams ! Mais ça, vous l’aviez deviné.
Swiss Champion
Les 500 Williams conservent bien entendu le F7R et ses 150 ch énervés. Pareil pour les Speedline dorées en 15″. Mais elles se distinguent par leur couleur Bleu Méthyl pailleté en violet, une plaque numérotée qui fait son retour sur le tableau de bord, un volant spécifique 3 branches signé Personnal et un équipement radio comprenant un poste CD Sony avec commande au volant, un chargeur 6 CD logé dans la boite à gants et une plage arrière accueillant des HP multivoies. Baptisées Swiss Champion, elles reçoivent leur lot de stickers à l’embase des ailes arrière, juste au dessus des « Williams ». Les 500 voitures vont s’écouler sans aucune difficulté et clôturer une production totale de 12100 exemplaires, toutes versions confondues.
N°68 / 500
Ca parait con, mais cette Swiss Champion, la N°68 / 500, c’est tout simplement la 1ère que je croise. Quand Steven l’a trouvée, elle était fatiguée… alors, comme il l’a fait avec sa M3 E30 Evo 2 (Bientôt sur DLEDMV…), il lui a offert une restauration complète et s’est contenté d’y greffer des amortos Viarouge, une marque bien connue des amateurs de compétition auto. Pour le reste, tout a été entièrement refait à neuf en prenant soin de respecter l’origine. Et le résultat est hallucinant… j’vous invite à aller jeter un oeil aux photos de la baie moteur ou de l’habitacle, c’est juste pépite. D’autant plus que Steven en prend un plus grand soin. Comme son allemande, la petite tricolore énervée est juste neuve…! Une belle rencontre qui prouve une fois de plus, qu’il y en a encore qui ont une bonne dose d’essence dans leurs veines…











































