La Chevrolet Corvair, c’est une Corvette refroidie par Air… enfin, c’est comme ça que les pros du marketing ont vu la chose. Bien entendu, elle n’avait absolument rien à voir avec la sportive américaine. Même si aujourd’hui, la Corvair Monza est une base de choix et originale pour un projet sportif…

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A sa sortie en 1960, la Corvair n’est qu’une berline 4 portes… Banale ? Non ! Chez Chevrolet, on voulait montrer aux constructeurs européens qu’on savait faire aussi des voitures compactes… à la technologie avancée. C’est pour cela que la Corvair va réellement sonner la charge chez GM, mais aussi, sur la route… enfin pas longtemps !


Elle embarque un Flat 6 aircooled positionné en sac à dos… Chevy a repris l’architecture si chère aux VW Beetle et à Porsche. D’ailleurs pour élargir l’offre, la Corvair est rapidement déclinée en coupé, en break, en pick up et en cabriolet. Mais voilà… si le scénario peut sembler beau, le réalisateur a complètement foiré son film !

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En fait, la Corvair va être victime de son originalité ! Le châssis est mal équilibré et le moteur en porte à faux arrière n’arrange absolument rien. La voiture est un serial killer roulant… au comportement totalement aléatoire et délicat. Mais cela n’empêche pas la GM de la faire évoluer…

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Le Flat 6 2.3 l amo développe 80 ch, et passe à 95 ch sur la sportive de la gamme, la Monza. En 61, la cylindrée grimpe à 2.4 l (Pour un gain de couple, les puissances ne bougent quasiment pas), puis en 62, Chevrolet a la bonne idée d’y greffer un turbo (La 1ère voiture de série à en être équipée) pour la faire passer à 150 ch… Et ce n’est pas fini ! Pendant que les clients s’enroulent autour des arbres, en 64, GM met encore un coup de clé au Flat 6 pour lui faire atteindre 2.7 l… en atmo il affiche 95 ch et en turbo, il tutoie les 180 ch !

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Pendant ce temps là, la Corvair se transforme en cauchemar… Les victimes portent plainte (Enfin, celles qui ont survécu…) et les procès affluent. En 69, Chevrolet met un terme à la carrière de la voiture après avoir tout de même écoulé plus d’1,2 millions d’exemplaires !

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Avec parmi eux, le modèle rouge qui défile sous vos yeux (Le 2ème à poser ses roues sur DLEDMV)… Né en 65, il reçoit le 2.7 l atmo fort de ses 95 ch… Ayant été entreposée pendant plusieurs années, la voiture a été entièrement restaurée, sans extravagance, si ce n’est les roues, les Goodyear Eagle F1 avec écriture blanche, la trappe à essence dans l’aile avant, un châssis rabaissé et une ligne d’échappement. Ajoutez la robe rouge et la calandre noire, avec pour touche sportive, la lèvre inférieure… et honnêtement, celle Corvair finit par shooter d’la rétine !

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A l’intérieur, c’est propre, classe, d’origine, avec moquette et sièges en simili rouge… rien d’ostentatoire, si ce n’est la sono avec juste c’qu’il faut pour profiter d’un bon son. On est loin d’un custom à l’habitacle rétro moderne, même si cela n’empêche pas d’avoir une qualité et une finition au top. Et ça suffit largement.

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Avec cette Corvair Monza, on est sur une resto, avec juste quelques détails qui vont bien. Oubliez les jantes rutilantes aussi hautes que larges, les suspensions droppées au sol, les kits rivetés, les chevaux hurlants et le look à la one again ! Une recette qui va direct dans l’mille et à reprendre sans aucune hésitation… Parce que j’sais pas vous, mais moi, cette Corvair, j’la kiffe !

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