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La fameuse Corvair, la plus européenne des américaines des sixites, la plus dangereuse aussi, la faute à un châssis conçu un vendredi à 16h30. Malgré tout, ça ne l’empêche pas d’avoir une p’tite bouille sympa, voire sportive. Bref, il n’en fallait pas plus pour que le sorcier Yenko lui donne des ailes…

Yenko… Ça parle sans parler hein ? Pour commencer on va s’attarder un peu sur celui qui transformait les Chevy en véritables monstres sur roues. Don Yenko était un pilote de course US, qui s’est fait connaître à partir de 1957 pour ses préparations salées sur des Corvettes puis sur tout un tas de Chevrolet dont la fameuse Yenko Camaro « COPO » en 1969.

C’était pour ainsi dire le Caroll Shelby de Chevrolet, la comparaison étant d’ailleurs bien choisie puisque les caisses qui sortaient de son atelier en Pennsylvanie allaient directement se frotter aux cobras sur l’asphalte. L’idée était donc la même, prendre le moulin qu’on trouvait chez la « grosse » sportive de la marque, le caser dans la caisse d’un ponycar, lui donner un peu de stéroïdes, et pied tôle !

Sauf que concernant la Corvair, pas de V8 glougloutant et arrachant le bitume puisque cette caisse est équipée d’un… Flat 6 en porte à faux arrière ! Oui, ça vous rappelle forcément les Porsche qui sévissaient à l’époque.

Passons sur la réputation tragique de cette faiseuse de veuves que le boss vous a décrit ici, pour nous attarder à la version épicée de chez Yenko. A l’instant précis où vous lisez ces lignes, on est quasiment sûrs que vous vous dites que mettre des watts dans une caisse aussi dangereuse est aussi inconscient… Qu’inutile puisque cette dernière sera peu exploitable.

Eh ben les gars, figurez-vous que non, puisque Don s’est attardé à retoucher fortement cette dernière afin de considérablement améliorer le comportement de la caisse. Yenko proposait plusieurs niveaux de performances, allant de 160 ch à 240 ch,  Le Flat 6 de 140 ch repris de la version Corsa voit sa puissance grimper ici à 220 ch grâce a l’ajout de carbus Webers et des collecteurs d’échappement modifiés, des têtes de piston haute compression, des pistons forgés, et une culasse avec des chambres de combustion modifiés pour la course. « stage III » qu’ils disaient.

Les freins se voient aussi améliorés avec un maître cylindre de frein double circuit emprunté chez Cadillac. La boîte 4 envoie sa puissance à un pont court en 3:89 histoire d’être exploitable ailleurs que sur une ligne droite, des reprises efficaces donc. Le capot passe à la fibre de verre quand le reste de la carrosserie reçoit les peintures de guerre chères aux sportives US des 60’s.

Vous avez dit discret ? Pas vraiment non, malgré sa réputation, cette Yenko Stinger (Corvair ça faisait trop sage…) saura vous coller au siège et rivaliser avec les sportives de son temps, qu’elles soient US ou européennes. D’ailleurs, ces caisses ont brillé sur circuit au volant des pilotes Dick Thompson « The Dentist Flying » et Jim Spencer. L’exemplaire d’aujourd’hui est le numéro 74 des 100 premiers exemplaires homologués pour 1966, restauré entièrement en 2013. J’sais pas vous, mais ça donne quand même envie d’avoir une Corvair non ?

© Mecum Auctions