Ian Callum, c’est à lui qu’on doit le sursaut d’Aston Martin en 93 alors qu’il signait la magnifique DB7 qui allait permettre de sauver la marque. Plus tard, il la fera évoluer pour en faire surement l’ne des plus belles Aston de l’ère moderne, la Vanquish. Sauf que maintenant à la retraite, ce cher Ian a décidé de revoir sa copie pour en faire la Vanquish Callum 25… j’crois que je vais tomber amoureux !

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Oui je sais, je manque de partialité dès qu’on parle d’Aston en général et de la Vanquish en particulier. ‘Fin en attendant, on a plusieurs choses à voir… Ian Callum pour commencer. On l’a déjà croisé, en compagnie de sa Jaguar mk2. Pur ceux qui n’ont pas révisé leur leçon, on lui doit, entre autre et dans le désordre, les Ford RS200, Escort Cosworth, Puma, la Nissan R390 et quasiment toutes les Jaguar sorties entre la X-Type et la F-Type, C-X75 inclue.

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En 90, il s’associe à Tom Walkinshaw et à Peter Stevens pour créer TWR Design et signer un partenariat avec Aston Martin pour dessiner, concevoir et développer le projet NPX. A cette époque, la marque de Gaydon est quasiment au bord du gouffre et peine à se renouveler. Ford, le propriétaire de la marque, ne veut pas jouer à la perfusion financière constante. L’objectif pour l’ovale bleu est qu’Aston devienne rapidement rentable… Oui, déjà à l’époque fallait pas se leurrer, fallait que ça rentre dans les caisses et pas qu’un peu !


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Heureusement, le talent d’un Ian Callum va faire le reste. Accompagné de Keith Helfet, ils vont alors être touchés par la grâce en traçant les lignes de la DB7. Présentée à Genève en mars 93, classe, racée, statutaire, la grosse GT met tout le monde d’accord. Les fans de la marque sont aux anges et les autres sont séduits. Tout le long de sa carrière qui s’arrêtera en 2004, les ventes de la DB7 vont, à elles seules, représenter 1/3 de toute la production d’Aston depuis sa naissance en 1914.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là… Ian en veut plus. Le 1er mars 2001 au salon de Genève, Aston présente la Vanquish, une sorte de DB7 ++. L’affiliation entre les deux voitures est flagrante, mais quand la DB7 mise tout sur son élégance, la Vanquish y rajoute la bestialité. Son look est phénoménal, musclé, vif, impressionnant, sans pour autant renier l’ADN de la marque. Surtout que l’engin joue les missiles sol-sol. Son châssis est spécifique, en alu et carbone, il a été développé en partenariat avec Lotus. La caisse est en alu. Le V12 de la DB7 est revu chez Cosworth et sort mainenant 466 ch. La boite 6 est soit manuelle, soit à commandes au volant. Le freinage est signé Brembo. L’aéro est travaillée et adopte un fond plat pour créer un effet de sol. Même si malgré tous les efforts elle reste lourde (plus de 1800 kg), avec sa Vanquish, Aston se remet dans la course face à Ferrari, capable de mettre la fessée à la 456 GT d’autant plus que la belle anglaise est disponible en strict deux places ou en 2+2 en option.

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Et ce n’est que le début puisqu’en mai 2004, Aston propose de pouvoir équiper sa Vanquish d’une option, le Sport Dynamic Pack (SDP). Niveau moteur, rien ne change. Niveau châssis, c’est plus viril… suspension rabaissée et plus rigide, direction plus directe, freinage plus copieux et jantes magnésium. 94 Vanquish SDP vont en être équipées avant que la Vanquish soit remplacée à partir de novembre 2004 par la Vanquish S.

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La calandre a pris du volume pour mieux gaver le V12 en air frais. Le pare-choc gagne une lèvre inférieure. Les jantes en 19″ ont un nouveau dessin. Le châssis embarque ce qui faisait le pack SDP. Le V12 reçoit de nouvelles culasses, des chambres redessinées, de nouveaux injecteurs et une nouvelle carto. Il chante à travers une ligne inox qui lui offre probablement le plus beau son du marché. Les roues arrière doivent maintenant composer avec 528 ch et 577 Nm. La gestion de la boite a été améliorée, plus rapide mais plus souple, elle compte désormais un embrayage renforcé. Le rapport de pont est raccourci et un différentiel à glissement limité vient lui porter du renfort. Ainsi armée, la Vanquish S passe la barre des 320 km/h et va directement chasser sur les terres de la 575 Maranello. Sa production va s’arrêter en 2007 après 2578 voitures produites (1492 Vanquish et 1086 Vanquish S). Elle est la toute dernière Aston assemblée à 100% à la main. Forcément les puristes la considèrent comme la dernière vraie Aston… blablabla, voyez le discours habituel. Entre temps, la DB7 a laissé sa place à la DB9. La DB9 va évoluer en DBS et en 2012, une Vanquish va faire son come back. Enfin tout ceci est une autre histoire…

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Depuis, Ian Callum a pris sa retraite. Enfin, presque. Pour lui, la Vanquish S, c’est un peu sa Mona Lisa. Sauf qu’il a voulu montrer que malgré son âge, elle avait encore de beaux restes. Du coup, il s’est rapproché de l’équipe de R-Reforged, une structure suisse indépendante spécialisée dans la transformation, la restauration, la préparation et la refabrication d’Aston Martin, le tout avec la bénédiction de Gaydon. Un mélange d’AMG et de Ferrari Classiche reconnu officiellement par Aston.

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C’est donc en 2019 que Callum a décidé de revoir sa copie. Pas pour la gâcher, mais plutôt pour y apporter les dernières retouches qui allaient lui donner la jeunesse éternelle. En l’occurence, des suspensions développées par Bilstein, des barres antiroulis plus rigides, des voies élargies, une suspension rabaissée, des jantes de 20″ chaussées en Michelin Pilot Sport ainsi qu’une direction encore plus directe et au feeling retravaillé. Dans l’habitacle le siège est positionné plus bas. Pendant un an, le proto a subit une batterie de tests et d’essais en accumulant les kilomètres sur routes défoncées, rapides, lentes, sinueuses, sèches, mouillées, pour finir par peaufiner et valider les réglages sur le circuit Michelin à Ladoux. L’objectif était de rendre la Vanquish encore plus efficace sans en faire un bout de bois non plus. D’après Adam Donfrancesco, l’ingénieur en chef de R-Reforged, le contrat est largement rempli. Sous le capot, le V12 a lui aussi eu droit à son lifting. Nouvelle admission et nouvelle ligne carbone, plu son lot de modifs, pour lui faire gagner 60 ch et le faire grimper à 580.

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Depuis l’année dernière, la Vanquish Callum 25 est proposée à la vente. Comme son nom l’indique, il n’y aura que 25 exemplaires, enfin c’est au client de fournir la voiture. A partir de là il aura droit en plus de la cure de jouvence du V12 et du châssis, à un kit carrosserie full carbone aussi discret qu’efficace, et à un habitacle entièrement personnalisable, des couleurs à la sellerie en passant par les garnitures. La transmission est au choix (auto, semi-auto ou manuelle) tout comme celui des jantes parmi trois dessins. Mulberry a même dessiné une ligne de bagages sur mesure.

Si vous avez une Vanquish ou une Vanquish S qui s’ennuie au fond de votre garage, vous pouvez donc la confier à R-Reforged, boire une bière avec Ian Callum, et la lui laisser juste après avoir signé un chèque de 500000 €… le prix de l’exception, même si à ce tarif là, des préparateurs japonais, allemands, anglais ou même américains en feraient un véritable monstre…

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