Quand la Jaguar XJ débarque à Coventry en 68, autant vous dire que c’est la folie dans les studios. La fête du slip chez les British ! Faut dire que Sir William Lyons y a mis tout son savoir faire (et surtout tout son pognon) pour donner vie à cette eXperimental Jaguar qui doit symboliser le renouveau de sa marque. Bon, faut avouer que ça va être une belle réussite. A tel point que Broadspeed va l’engager en ETCC. De quoi donner des idées à certains fans…

L’heure du changement
Pour Jaguar, la XJ, c’est un pari. Celui d’ouvrir un peu la marque. Attention, j’n’ai pas dit d’en faire une Dacia avant l’heure… mais à un moment, le savoir faire Jaguar peut devenir un peu plus accessible. Le monde change… le luxe à outrance, l’artisanal automobile qui vient flirter avec le sur mesure, ça commence à devenir un peu ringard. En tout cas, ça ne suffit plus pour faire tourner les usines et rester rentable. Faut des volumes de vente pour payer les charges… après ça ne veut pas dire que la XJ va jouer se positionner en face des populaires Fiat, Ford, Peugeot ou Renault. Non, la Jaguar XJ va reprendre l’ADN de la marque mais elle y ajoute un coup de balai afin d’enlever les toiles d’araignée dans les coins. En 63, la Type E a apporté un vent de fraicheur, il est donc temps d’en faire de même avec une berline compacte.
Tout le monde est content !
William Lyons va donc réussir à donner naissance à une voiture traditionnelle mais moderne, confortable mais capable de se la jouer sportive et affichant des lignes classiques mais séduisantes. Lors de présentation au mondial de Paris 68, le job est fait, les clients sont conquis. Côté motorisations, on garde le XK, le 6 en ligne maison, décliné en 2.8 l et 4.2 l pour la berline, affichants respectivement 140 et 180 ch. En 69, la Daimler Sovereign apporte une touche de luxe en plus et en 72, c’est le V12 qui débarque sous son long capot de la XJ12. La boucle est bouclée… La XJ6 2.8 l fait office de tout venant, alors que le client exigeant aura le choix entre le luxe de la Daimler ou le couple de la XJ12… qu’il peut prendre en empattement long et avec une liste d’options complète.
Broadspeed
En 73, la XJ reçoit sa première mise à jour pour passer en MkII. Retouches esthétiques, nouveau tableau de bord, nouveaux moteurs mais surtout présentation d’un coupé qui arrivera dans les show room un an plus tard à la fin de l’année 74 avec sous le capot, le 6 en ligne ou le V12. Affichant des lignes un peu plus dynamiques (bah c’est un coupé…!) il va inspirer un certain Ralph Broad, le boss du team Broadspeed. Il est tombé sous le charme de la XJ12C et croit au potentiel du gazier en sport auto. Ni une, ni deux (et d’ailleurs ni trois, ni quatre, et même ni cinq, ni six… en fait, elle est conne cette expression !) il achète le coupé de ses rêves pour le confier à ses ingénieurs. Faut dire que le team Broadspeed possède déjà un beau palmarès en touring car. En 77, deux coupés V12 font leur apparition en ETCC.
Fiabilité en CDD
Ah je reconnais que jusqu’à là, l’histoire est aussi belle qu’excitante. On imagine déjà la collection de victoires de ce V12… Eh bien non. Sur un tour chrono, elles bouffent tout. Mais dès qu’il faut enchainer plus de 3 tours, c’est le drame. Une fiabilité en CDD… elles vont vite mais sont incapables de voir la ligne d’arrivée. Au point de remporter un record surprenant… 17 départs, 14 abandons. Finalement, Broadspeed finit par jeter l’éponge et préfère ouvrir un snack kébab à Birmingham… (non rassurez vous c’est une connerie… même si je connais des youtubeurs qui sont capables de le prendre au 1er degré et de l’annoncer le plus sérieusement possible dans leurs vidéos !). En tout cas, si la XJ12C Broadspeed ne marquera pas les esprit par son palmarès, elle le fera par son look… Ah faut dire que les gars n’y sont pas allés en mode Télé Tubbies. Extensions d’ailes, lèvre inférieures, bas de caisse, aileron… la Broadspeed est impressionnante et le pire, c’est que ce côté Rock’n roll va bien à l’anglaise. Le reine mère en porte-jarretelle ! Comme quoi en sport auto, on retient celles qui gagnent mais aussi celles qui impressionnent…
Merci John !
Et paradoxalement, la Jaguar XJ12C Broadspeed va trouver une 2nde carrière en devenant le déplaçoir de Mr John Steed (et remplacer sa tout aussi célèbre Bentley 4 1/2) dans la série « The Avengers »… plus connue de notre côté de la Manche sous le nom « Chapeau Melon et Bottes de Cuir ». De quoi inspirer certains fans…
Ca marche aussi sur la berline
En tout cas, c’est elle qui est à la base de la XJ6 de 73 qui pose aujourd’hui ses roues sur DLEDMV. Alors oui, elle a conservé ses portes arrière et doit se contenter du 6 en ligne de 4.2 l et de ses 180 ch. Si ce n’est que son proprio a profité d’une restauration complète pour se la jouer lui aussi en mode John Steed. Dehors, Un kit Broadspeed est donc venu apporter du muscle à la berline. Spoiler avant, extensions XXL dont l’arrière a nécessité une petite adaptation afin de pouvoir toujours ouvrir les portes. Contrairement à ce beaucoup doivent penser, la robe n’a rien à voir avec le Green British Racing… il s’agit d’un Vert Dragon d’origine VW. Les ailes accueillent des jantes Wolfrace en 15″ enrobées de gommes Cooper Cobra Radial G/T. Dessous, les trains roulants sont comme à leur jour de sortie d’usine. Dedans, l’habitacle est resté d’origine. Il reçoit son lot de bois, de cuir et d’alu. Seuls les manos Smiths dénotent de l’origine tout comme la sono.
Libéré… délivré… ou pas !
Enfin le 6 en ligne à juste été débridé… les carbus SU d’origine ont été remplacés par trois double corps Weber avec filtres en coton. Une ligne inox Fastflow se charge de laisser chanter le gazier. Rassurez vous, il ne fera pas de miracle… même un peu libéré, il doit composer avec une boitoto 3 rapports Borg-Warner aussi vive qu’un ado lobotomisé par Tik Tok (ah ouais, l’image est effrayante !).
A suivre…
Si le coupé Jaguar XJC offrait une gueule aussi bestiale qu’impressionnante, cette berline XJ6 n’a rien à lui envier. Affichant un physique tout aussi musclé, elle joue du contraste entre la première de la classe et la brute épaisse. Même si une telle gueule aurait mérité un ramage un peu plus à la hauteur du plumage. Quoique… elle est à vendre. Autant on va la recroiser dans quelques mois en V8 et ZF. Avec les anglais, tout peut arriver !

















































