Quand on parle Groupe A, on pense de suite au rallye, aux Delta HF Integrale, Sierra Cosworth, M3 E30… Mais on oublie souvent que le règlement s’appliquait aussi au circuit avec les touring car. Et là, comme le règlement se basait sur une équation cylindrée / aspiration / poids, on pouvait se retrouver avec des engins surprenants comme la Rover SD1 ou la Jaguar XJS… avec son V12 !

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Quoiqu’on en dise, la course auto est gravée dans l’ADN de Jaguar. Dans les années 50, le félin fait partie des références sportives, et s’impose aux 24h du Mans à 5 reprises en 51 (XK 120), 53 (Type C) et 55, 56 et 57 avec la Type D.


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Dans les années 60 la marque continue de courir en tourisme et en championnat des voitures de sport, avec la XKSS, la MKII et bien sûr, la Type E. Mais les concurrentes sont de plus en plus affutées… Et l’engagement officiel diminue au profit de celui de teams privés qui continuent d’aligner les voitures de Coventry.

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Il n’empêche que Jaguar fait partie des références sur la route… Les anglaises sont sportives, sans pour autant renier leurs origines britanniques. Des watts oui, mais avec du bois, du cuir pour un luxe digne des meilleurs salons anglais, le tout, pour un prix plus bas que celui demandé pour ses rivales Ferrari, Aston Martin, Porsche, Maserati ou Lamborghini. 

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En 1975 Jaguar vient de remplacer la Type E par le coupé XJS, qui peine à séduire. La marque a doucement basculé dans le luxe sans forcément juger bon de suivre le rythme des concurrents… On peut comprendre car, sans réellement se remettre en question, les voitures se vendaient, le cash rentrait dans les caisses, bref, tout allait bien. Dans ce genre de situation, on oublie malheureusement de se méfier. On zappe l’évolution technique et mécanique, la remise en question, on se croit intouchable… Puis un jour les choses commencent à aller moins bien, et au bout d’un moment on finit par ouvrir les yeux (Ou pas !) et on s’rend compte qu’on est à la ramasse, et avec les caisses qui ont eu plus tendance à se vider qu’à se remplir, on a plus les moyens de rattraper le retard !

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C’est le cas de la XJS… Elle est belle, luxueuse, mais son moteur et sa boite commencent à accuser le poids des années et le manque de développement. Jaguar semble avoir sacrifié le sport au profit du luxe et ça, ça a du mal à passer auprès des fans du félin. Alors à Coventry, pour faire gagner ses galons au nouveau coupé et montrer qu’il s’agit bien d’une vraie Jaguar, on décide de faire parler d’elle… D’abord grâce à la télé puisque la XJS apparait dans les séries « Chapeau melon et bottes de cuir » et « Le Retour du Saint » (Alors que 15 ans auparavant Jaguar avait refusé de fournir une Type E pour « Le Saint » qui s’était retrouvé en Volvo P1800).

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Mais ça ne suffit pas… Il faut du sport, du vrai, et c’est aux Etats Unis que Jag’ va le trouver auprès du Groupe 44 Racing Team qui va alors engager une XJS en Trans Am pour les saisons 77 et 78. Dès la première saison, elle termine 2ème derrière Porsche… Et la saison suivante, elle accroche le titre dans sa catégorie. Pour Jaguar le taff est fait… Du moins sur le marché américain où le XJS, son V12 et sa vieille « boitoto » colle à l’esprit cruising premium si cher à Los Angeles, Las Vegas et Miami !

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Mais en Europe, c’est pas encore ça… Et c’est surtout en 82 que le coupé anglais va enfin faire parler de lui. Jaguar se rapproche du Tom Walkinshaw Racing pour homologuer le XJS dans le nouveau Groupe A dans le but de l’inscrire en ETCC. La caisse est revue, modifiée, renforcée et son V12 5.3 l va montrer c’qu’il a dans le bide… « bah, plus de 400 ch » comme le laissait vaguement entendre TWR.

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En attendant, le gazier tournait à plus de 7000 trs, en hurlant sa rage. Troisème en 82, deuxième en 83, le titre en 84 avec en y étant, une victoire aux 24h de Spa. Après l’échec sportif de la XJC et de son V12, la XJS rentrait dans l’histoire et montrait, encore une fois, qu’une Jag’ pouvait toujours monter sur la plus haute marche du podium… En 85, TWR passe à la Rover SD1 et la XJS va chercher un 2nd souffle en nouvelle Zélande, en Australie et au japon où elle remportera encore quelques victoires…

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© Classic Driver via Tom Shaxson