Ah si vous voulez du sport et poutrer du 400 m, vous ne prenez pas une Lexus SC300… c’est comme s’aligner à un sprint en Hugo Boss et avec des Weston ! La Lexus SC300, c’était la même, du cuir, du bois, de la moquette et le p’tit doigt en l’air avec son 2JZ GE, un 6 en ligne atmo de 225 ch. Si ce n’est que certains petits malins s’amusent à virer le 6 pattes à respiration naturelle pour le remplacer par son frangin à respiration artificielle… et là, ça peut changer beaucoup de choses !

 

'97 Lexus SC300 en 2JZ GTE - Le sleeper premium ! 1

 

Invasion nippone…!

Si les japonaises ont posé les roues sur le sol américain dans les 60’s, leurs ventes vont vraiment exploser à partir des 70’s. En 86, Honda franchit la limite en sortant une marque 100% ricaine, Acura. L’objectif est ainsi de proposer des voitures plus luxueuses et plus ciblées. Deux ans plus tard, Nissan l’imite avec Infiniti. Forcément, chez Toyota on va s’y mettre aussi avec le projet F1… F pour flagship et 1 pour… 1, le premier véhicule quoi ! Une façon surtout de brouiller les pistes pour les journalistes un peu trop curieux. En attendant F1, ils n’auront pas le réflexe de penser à une marque premium. En janvier 89, Toyota lance Lexus qui va dévoiler ses toutes premières ES250 et LS400 au salon de Détroit. Si la première n’est autre qu’une Toyota Camry à l’équipement enrichi, la seconde, en dehors de quelques pièces, est 100% Lexus. A tel point que c’est Toyota qui va la récupérer et la commercialiser sur certains marchés sous le nom de Celsior. Mais ceci est une autre histoire…

 

Toyota Soarer devenu Lexus SC

En 90, Lexus veut proposer un coupé. Un truc bien classe pour aller chasser sur le terrain des Mercedes, BMW et autres Jaguar. Et ça tombe bien puisque dans la gamme Toyota, il existe depuis 1981 le coupé Soarer. Il en est à sa deuxième génération et justement, il est temps de le renouveler. Vous voyez le truc arriver… l’équipe du design interne basée à Calty en Californie va utiliser la technologie 3D (une première) pour pondre ce gros coupé aux lignes fluides, aérodynamiques qu’ils revendiquent plus basées sur les “émotions et les sentiments” que sur l’esthétique… vas y reprends en, c’est d’la bonne !

 

Lexus SC devenu Toyota Soarer

Commercialisé à partir du 1er juin 91, le coupé Lexus n’est pas moche… mais il n’est pas pour autant wahou ! Après, pour un coup d’essai, c’est plutôt bien vu. Ca ne frustrera personne, ça ne prend pas de risque et finalement, ça fait le job… et même sur le sol japonais où il reprendra les traits du Soarer 3ème génération. En tout cas, à ses débuts, le SC400 se contente d’embarquer le V8 1UZ-FE de 245 ch, le même que la LS400. En juillet 92, il est rejoint par la SC300 avec sous son capot, le tout nouveau 2JZ GE, le fameux 6 en ligne de 3.0 l 24 soupapes atmo pour 225 ch qui va se faire rapidement un nom, surtout une fois dopé au biturbo et greffé à la Supra MkIV (même si c’est l’Aristo qui le recevra en premier !).

 

2JZ GTE et 750 ch…

Eh bien la Lexus SC300 que j’vous ai trouvée, c’est le mélange des deux… le coupé premium s’est retrouvé avec la pompe à feu sous le capot. Le 2JZ GE a laissé sa place au frangin 2JZ GTE. Mais, fidèle à sa réputation, le 6 en ligne (un VVti de 98) n’a pas eu peur de prendre sa race ! Passage en monoturbo sur collecteur inox sur mesure, un Boostlab BL68R avec wastegate Turbosmart HyperGate de 45 m et refroidisseur intermédiaire Treadstone Performance 1245 avec pipping sur mesure. On y rajoute des pistons Wiseco 86,25 mm avec bielles Manley H-Tuff. La culasse accueille des arbres à cames Kelford Cams avec soupapes GSC à ressorts coniques. Pour nourrir le gazier, une nouvelle rampe d’injection avec injecteurs 1100cc et régulateur Fuel Lab est alimentée par trois pompes Walbro 450 avec filtre Injector Dynamics. L’allumage est confié à des bobines Denso. On rajoute un gros radia alu Koyo, une ligne inox de 3,5″ qui débouche sur un silencieux titane HKS Supra-spec et un boitier AEM Serie 2 pour une gestion aux p’tits oignons. Tout ça, ça signifie que 750 ch et 863 Nm filent aux roues arrière via une boitoto Toyota A340E empruntée à une Supra et aidée par différentiel à glissement limité KAAZ, un radia d’huile et de liquide à double ventilo et un arbre de 4″…

 

18″ devant… 15″ derrière !

Vous comprendrez qu’avec tout ce monde, il fallait aussi porter une attention toute particulière aux trains roulants. Les bras, triangles, tirants, rotules et roulements proviennent de Supra, Celsior ou LS400. Dans tous les cas, ils prennent du grade et affichent une résistance revue à la hausse. Les supension font confiance à des combinés filetés réglables Tein. Le freinage avant reçoit des étriers 4 pistons de Lexus LS400. Ils se cachent derrière des jantes forgées Weld Racing en 18″ enrobées de Falken Azenis FK510. Derrière, elles se contentent d’être en 15″ pour être équipées de gommards Nitto NT55R en 275/60.

 

En rouge et en cuir… 

En dehors de ce méchant look de street drag, rien ne vient perturber le physique du gros coupé. Une robe rouge Renaissance, un aileron et des vitres teintées… comme on en croise à tous les coins de rue aux USA ! Et dedans, c’est le même. Les sofas électriques et chauffants sont toujours là, tendus de cuir beige. On retrouve le régulateur de vitesse, la clim auto, le chargeur CD avec écran numérique Kenwood rajouté sur la console centrale, le levier de boitoto tout droit sorti de chez Body House et un volant Nardi. Pour veiller au grain, un écran BTi permet d’afficher toutes les pressions et températures utiles et nécessaires.

 

Sleeper au look de street drag !

Au final, ce coupé Lexus SC300 se transforme en pur sleeper prêt à poutrer quasiment tout c’qu’il croisera, le tout dans le cuir et le bois et en écoutant du Ed Sheeran (ouais, ceux qui roulent en Lexus ils écoutant du Ed Sheeran !). Bon ok, ses gommards arrière prêts à mordre le bitume laissent planer le doute… mais fallait oser. Et c’est pour ça que ça se termine sur DLEDMV !

 

 

© garyicars via BaT