Les fans de la Dodge Charger vous le diront, il y a trois millésimes qui les rendent tous gagas. 68, 69 et 70… et rien d’autre. Enfin presque ! Une Charger reste une Charger, c’est à dire une muscle car avec un gros caractère. ‘Fin ça c’était avant de vous trouver celle qui va poser ses roues sur DLEDMV. Une Charger de 70… si ce n’est que le gros coupé cache des entrailles tout droit venues de l’enfer. Attention, ça va sentir la gomme brulée…

 

'70 Dodge Charger - Le chat de l'enfer ! 1

 

B body

La Dodge Charger débarque en 66 dans la précipitation pour répondre à l’attaque de la Ford Mustang et de la Plymouth Barracuda. Chrysler pioche dans sa banque d’organes puisqu’elle reprend la base technique et la face avant de la Coronet qui s’affiche avec une caisse B body… comprenez par là que c’est une voiture de taille intermédiaire… pour ne pas dire compacte. Du moins comme on l’entendait de l’autre côté de l’Atlantique. Oui parce qu’avec 5m17 x 1m93, chez nous on appelle ça un studio parisien !

 

V8 Hemi

La 1ère génération de Charger se la joue fastback. Mais elle a encore du mal à s’affirmer en tant que sportive pour lui donner une approche plus premium. Ca se cherche encore un peu… on est juste au début de la mode des muscle cars, et chez Dodge, on préfère voir venir même si on a collé dans la liste des options, le tout nouveau V8 Hemi 426 fort de 425 ch et 664 Nm. En 67, elle évolue légèrement et accueille en renfort le 440 Magnum et ses 380 ch. Mais entre le plumage et le ramage, il y a conflit… en tout cas dès le 2nd semestre de l’année, les ventes chutent pendant que seulement 27 Charger avec l’option 426 ont été vendues. Chez Dodge, on s’pose plus de question… on est prêt pour passer sérieusement à l’offensive.

 

On recommence…

Pour le millésime 68, la Charger va être entièrement revue. Bien qu’en B body, elle s’éloigne enfin de la Coronet. Fini le luxe et les paillettes, place aux muscles… Richard Sias a tracé des lignes directement venues de la Nascar. L’avant est méchant avec des phares pivotants à chaque extrémité de la calandre. Le profil fastback a laissé sa place à un tricorps plus classique. Dans l’habitacle, la dotation est revue à la baisse. Le prix de l’entrée de gamme est agressif et avec un 6 en ligne. Tout en haut, la R/T (Pour Road/Track… et pas Road & Track, nom déjà pris par le magazine spécialisé dans les Muscle cars) accueille le 440 Magnum ou, en option, le 426 Hemi.

 

Les feux et la calandre

Ce millésime va servir de base à ceux de 69 et 70. Pour les différencier, il suffit de regarder la calandre et les feux. Feux ronds et calandre sans montant en 68. Pour 69, les feux deviennent rectangulaires et un montant a poussé au milieu de la calandre. Enfin en 70, ce montant disparait, mais les feux restent rectangulaires. Quoique… si l’avant est fuselé et que l’arrière est équipé d’une table de camping, c’est une Daytona… mais c’est une autre histoire.

 

Juste pour le plaisir

On pourrait croire que les Charger sont des icônes qu’on sacralise en les admirant sagement entreposées dans des garages à hygrométrie régulée ! Ce serait mal connaitre les ricains… Alors j’aurais pu dire que celle que j’vous ai trouvée avait besoin d’une restauration, toussa, toussa. Eh bien même pas. Son proprio a juste voulu la rendre plus… bestiale ! Pour y arriver, la carrosserie a reçu des ailes élargies (+12,7 cm en tout !) et un toit carbone. Les chromes sont passés au noir… tout comme la robe du coupé. Un liseret et une bande bourdon rouge, et le look en impose. Dessous, tout le châssis est revu et renforcé afin de passer en double triangulation à l’avant et à l’arrière avec barre stab’ QA1 et suspension pneumatique Ridetech. Aux quatre coins Wilwood a fourni des étriers 4 pistons pour mordre des disques de 14″ percés et rainurés, cachés maintenant derrière des jantes forgées Strasse en 3 parties et habillées de carbone avec bord poli. Elles sont enrobées de gommards Lionhart LH-Five.

 

707 ch et 881 Nm… hors taxes !

Sous le capot, c’est toujours un V8 Hemi, si ce n’est qu’il s’agit d’un 6.2 l compressé emprunté à une Challenger SRT Hellcat de 2016. Il reçoit un carter Holley et inspire via une admission limace en carbone puis expire à travers deux collecteurs 4 – 2 – 1 Hooker qui se prolongent sur deux lignes inox. 707 ch et 881 Nm… hors taxes, filent aux roues arrière via une boite Torqueflite à 8 rapports avec palettes au volant. L’arbre est sur mesure histoire de ne pas vriller au premier pied tôle ! Le pont a été reconstruit, renforcé et équipé d’un différentiel à glissement limité par DriveshaftPro.

 

Cuir et moquette !

L’habitacle est du même level… moquette noire, baquets tendus de cuir beige matelassé avec daim noir, tout comme la banquette, les panneaux de portes et la console centrale empruntés à une Challenger. Elle a mené avec elle le volant, le bouton de mise à feu et l’instrumentation digitale. Une sono avec écran tactile Uconnect, son lot de HP dissimulés dans tous les coins et un trio de sub’ Kenwood dans le coffre, se chargent de décrasser les tympans des passagers.

 

Sont fous ces ricains !

Collector ou base de débile ? Pourquoi choisir ! La Dodge Charger se contente des deux… elle s’adapte aux choix de ses proprios et dans un cas comme dans l’autre, elle attire les fans. Pour info, cette Charger restomodée s’est vendue 151000 $… c’est plus qu’une R/T d’origine. Sont fous ces ricains !

 

 

© TheGearHead via BaT