La Mercedes 450 SLC C107… en v’là une qui s’est bien ringardisée avec le temps. ‘Tention, j’vous parle pas du roadster mais bien du coupé, avec cette sorte de jalousie greffée entre la custode et le montant arrière qui permettait de combler l’empattement qui avait dû être rallongé afin de greffer un ersatz de banquette arrière. Si ce n’est que celle que j’vous ai trouvée, elle s’appelle The Green Machine… et elle, elle est pas là pour vous faire un câlin !

 

'76 Mercedes SLC 450 en V8 6.8 l... The Green Machine ! 1

 

Mercedes SLC

Le coupé Mercedes SLC il a fallu faire preuve d’ingéniosité stylistique pour faire passer les 36 cm d’empattement supplémentaires. Comme je vous l’disais en intro, les custodes latérales voyaient débarquer des jalousies qui permettaient de gagner quelques centimètres. Pour aller en gratter d’autres, les designers avaient imaginé un montant plus large et une lunette arrière plus inclinée. Au final, j’ai toujours trouvé le profil assez disgracieux et long comparé à l’allure plus compacte et racée du roadster… mais ceci n’engage que moi !

 

Le sport ? Où ça ?!

Quoiqu’il en soit, la cible de la SL codée 107 (R107 pour le roadster et C107 pour le coupé), c’était le marché américain. Et dans les années 70, on achetait encore une Mercedes comme une voiture de luxe. La clientèle était aisée, voire agée, séduite par le confort, la qualité et la puissance… suffisante. Qu’on soit clair, oubliez toute notion de sport. Les SL et SLC, c’est surtout du confort à outrance. Ca tangue, ça gite, ça se vautre, ça couine dans les virages et même si y’a des watts sous le capot, ils sont surtout là pour la file de gauche de l’autobahn, la Promenade des Anglais ou la Pacific Coast Highway. Cela n’empêchera pas Mercedes d’aligner des 450 SLC préparées dans quelques rallyes comme la Vuelta a la Americana Sud, le Bandama, le Safari, le Portugal ou l’Acropole. Au delà de la performance, l’objectif était surtout de prouver à tout le monde la robustesse et la fiabilité de l’engin. Puis ce sera au tour d’AMG de l’engager en ETCC et à DeAtley Motorsport de la faire courir en TransAm au début des 80’s. Ca va avoir son p’tit effet puisque certains clients vont y aller de leurs programmes sur mesure signés AMG ou Koenig par exemple, ou plus délirant comme celui d’Hans Meyer.

 

The Green Machine

C’est là qu’entre en jeu The Green Machine qui défile sous vos yeux. Quessesé ? Une Mercedes 450 SLC de 76, achetée par le directeur de l’époque de la Dresdner Bank, basée à Francfort. Fan de sport auto et probablement pilote à ses heures perdues, il a eu l’idée de passer son gros coupé teuton en mode racing… du moins échappé des circuits. Si ce n’est qu’au lieu de se tourner vers un préparateur, il s’est directement adressé au constructeur qui, en échange d’un certain montant, a accepté de réaliser son délire.

 

Ambiance 70’s

Esthétiquement, la SLC se contente d’un kit AMG alors partenaire sportif de la marque étoilée qui avait quitté le sport auto depuis l’accident de Pierre Levegh au Mans 55. Une robe Silbergrün Metallic lui fera gagner son surnom. Pour remplir les ailes, un jeu de Penta en 16″ enrobées de boudins en 245/45 aux quatre coins. Si la suspension a été fournie par AMG, le freinage d’origine a été jugé suffisant. Dans l’habitacle, c’est 70’s à souhait ! Entre le velours vert qui recouvre tout c’qu’il peut dont le demi-arceau qui s’empêche de condamner la banquette arrière ou les magnifiques baquets Recaro avec harnais Schroth, le volant et les placages bois, les équipements comme l’autoradio Blaupunkt Gooseneck ou l’accoudoir central arrière qui fait office de réserve réfrigérée, les manos complémentaires greffés à l’embase du tableau de bord à gauche du volant, c’est un voyage dans le temps assuré !

 

V8 6.8 l 

Voyage à grande vitesse car ici aussi, le coeur de la voiture, c’est Schmidt ! Enfin, c’est allemand… en l’occurrence la cathédrale de chez Mercedes, le V8 M100 de 6.8 l qu’on retrouvait sous le capot de la grÖsses 450 SEL ou de la 300 SEL Red Pig. Bloc en fonte, culasses en alliage, arbre à cames en tête pour ce 2 soupapes par cylindre, injection Bosch et, pour l’occasion, il a été passé en carter sec ce qui nécessitait pas moins de 12 l d’huile pour lubrifier le bébé… d’où l’apparition des deux prises d’ailes sur les ailes avant. Une pour aider à évacuer les calories du gazier, l’autre pour aérer le radiateur d’huile.

 

286 ch et 550 Nm pour ce modèle unique

Au final, avec 286 ch et 550 Nm de couple qui animent les roues arrière via une boite 5 manuelle, cette SLC The Green Machine a dû en surprendre plus d’un sur la file de gauche de l’autobahn ! A savoir qu’à l’époque, Mercedes hésitait à équiper les SL et SLC de ce moteur. Certains disent que l’état major a juste accepté ce projet dans le but de faire financer le proto. Mais face aux différentes modifications nécessaires, Mercedes a finalement estimé que le projet n’en valait pas la peine, faisant de cette Green Machine la seule et unique SLC 6.8 l officielle…

 

 

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